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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 15:06

« C’est à une demi-heure d’ici. J’y suis dans dix minutes »

 

Quentin TARANTINO (1963) – Réalisateur américain et super man

 

C’était pas le plan. Nicolas Sarkozy avait prévu de faire son retour en politique sous les acclamations. Mais pas comme ça. Sa campagne ne prend pas, lui qui a toujours excellé dans l’exercice. On savait que ce serait dur pour l’ancien président, idéalisé dans sa retraite de la rue de Miromesnil, de faire son retour dans l’atmosphère. Or loin de planer, il pique du nez et fait du rase-mottes. Ses sondages sont en baisse. Ses rivaux osent lui résister. Ses affaires le poursuivent. Peut vraiment mieux faire.

 

Preuve qu’il est toujours dur de trouver un emploi en France à 59 ans. Le tsunami annoncé n’a pas eu lieu parce que Nicolas Sarkozy s’est trompé sur l’opinion des français. Il croyait qu’il y avait un désir de lui dans le pays, or c’est seulement son absence qui a créé le besoin. Une fois revenu, il s’est banalisé et le charme s’est rompu. L’appel du peuple n’était en fait entretenu que par les cartes postales de Nicolas Sarkozy lui-même. C’est pourquoi il doit multiplier les oraux de rattrapage.

Nicolas Sarkozy est resté un enfant. Ce retour précipité et ennuyeux tellement il a été annoncé à l’avance, il l’a voulu seulement parce que le jouet de la politique lui manquait. On l’avait pourtant prévenu qu’un retour par la case parti ne collerait pas avec la posture du recours gaullien et que sa campagne ne serait pas évaluée à l’aune de l’UMP mais bien à celle de 2017. Il n’a pas écouté. Le one-man-show et le théâtre d’estrade lui ont trop manqué. Alors il a lancé sa tournée rires et chansons.

 

Les salles initialement pleines commencent pourtant à se vider à mesure que ses soutiens parlementaires s’effritent. Certes le triple affront subi au Sénat ne va pas l’empêcher de prendre le parti en novembre. Mais on s’inquiète pour la suite, tant la vague médiatique qui l’a poussé à revenir est en train de se retourner contre lui. La promesse qu’il allait tout casser ne pouvait être que déceptive. Or Nicolas Sarkozy a cru tout emporter et a présumé de ses forces. Les complexes ne l’ont jamais étouffé.

 

Un retour en rase

 

Il prendra des coups une fois élu alors qu’il ne sera plus qu’un petit chef de parti, fut-il le premier de l’opposition. Or on n’est jamais intelligent quand on est dans l’opposition. Les affaires vont entacher sa crédibilité. L’affaire Bygmalion va être le sparadrap du Capitaine Haddock de l’UMP jusqu’à la primaire, qu’elle change ou non de nom. Or Nicolas Sarkozy n’a pas qu’une casserole, mais toute une batterie de cuisine. Et une mise en examen nuirait à l’image de toute sa famille politique.

 

Il n’a pas tué la concurrence. Même Bruno Le Maire se sent du courage pour faire dire des saloperies par ses lieutenants sur l’ancien président. Et puis il y a Alain Juppé, en lévitation dans les sondages, même si c’est des sondages à la Simone Veil qui pourraient très bien se dégonfler dès qu’il partira en campagne. Mais Nicolas Sarkozy n’a déjà plus que 31 % d’opinions favorables alors que sa route vers 2017 s’encombre de rivaux qui font leur retour en grâce. Lui c’est le retour en rase.

 

Le plus inquiétant reste néanmoins la faiblesse de ses idées. Celui qui disait qu’il fallait tout changer n’a pas changé : il est resté agité, clivant et narcissique. Il est revenu avec son vieux projet de 2012, ce qui est peu séduisant vu le résultat qu’il a donné. Ses référendums sur les aides sociales, la fusion régions-départements et le nombre de députés sont faiblards par rapport à la gravité de la situation. Il est sans ligne politique car il a perdu sa boussole. Cette boussole c’était Patrick Buisson.

 

Leur rupture privée a des conséquences publiques puisque Nicolas Sarkozy fait une campagne de flou et de zigzag. Il a renoncé à capter l’électorat populaire comme il le fit en 2007. Il a dû revenir par le parti alors qu’il ne se voyait pas refaire le tour des fédérations. Il a refusé de s’expliquer sur le passé pour ne pas rappeler son passif. Une dissolution de François Hollande le mettrait dans l’impasse. S’il va à Matignon, il est mort. S’il n’y va pas, il est mort aussi. Pour un retour, c’est donc pas terrible.

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