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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 09:50

« Il ment tellement qu’on ne peut même pas croire l’inverse de ce qu’il dit »

 

Marie-France GARAUD (1934) – Femme politique et forte en gueule

 

François Hollande c’est un peu Rain Man : il n’a pas forcément besoin de trouver un robinet pour prendre une douche. Et à part sa femme, il ne trompe personne. Tout le monde a compris que dès qu’il disait une chose, il fallait s’attendre à ce qu’il fasse exactement l’inverse. Cet homme n’a jamais su dire la vérité. Il n’en a jamais eu le courage. Son 1er ministre Manuel Valls lui ressemble, lui qui en as de la com multiplie les annonces non suivies d’effets. C’est bien le problème de la politique.

 

Elle se paie de mots mais les paroles ne donnent jamais lieu à des actes. La gauche dit qu’elle mène des réformes courageuses depuis le début du quinquennat. Or elle n’a strictement rien fait. La réforme, c’est souvent ceux qui en parlent le plus qui la pratiquent le moins. Or cette diarrhée verbale finit par créer un climat anxiogène dans le pays. Les français ont peur de la réforme, et ils n’ont plus confiance tant les annonces ne sont jamais suivies de résultats faute d’action véritablement menée.

L’action du gouvernement prouve tous les jours que les engagements de campagne de 2012 étaient des mensonges. La taxe à 75 %, l’encadrement des loyers, la sortie du nucléaire : autant de promesses qui se sont cassées la gueule dès qu’elles ont été confrontées à la réalité du pouvoir. François Hollande disait que la crise n’était pas si grave et qu’il renégocierait les traités avec Angela Merkel pour favoriser la croissance. Il s’est pris à son propre piège et a hypothéqué son mandat d’entrée.

 

L’homme de la synthèse qui ménageait la chèvre et le chou au Parti socialiste s’est retrouvé à l’heure des choix, entre politique de relance et politique de rigueur. Il n’a pas choisi, préférant les petits coups de rabot aux grandes réformes. Son jugement salomonique dans l’affaire Leonarda révèle son incapacité à trancher : il voulait bien que la fille revienne, mais sans les parents. C’est ainsi qu’il gouverne la France : il veut bien réduire les dépenses, mais à condition de ne pas toucher le modèle social.

 

Le langage politique, une langue morte

 

Le discours de François Hollande n’imprime plus. Il n’est plus cru parce qu’il n’a pas de vision pour le pays. Il croit prendre de la hauteur en parlant plus souvent de politique internationale que de politique intérieure, or ce qu’il dit est trop technique pour le français moyen qui se fiche des perchmerbas ou des pêches melba. Dénuée de résultats, son action manque surtout d’un grand récit pour la rendre attirante.

 

C’est Manuel Valls qui disait dans son premier discours de politique générale que le langage politique était devenu « une langue morte ». Pas étonnant après tant d’effets d’annonce. L’inversion de la courbe du chômage, le choc de simplification et la boite à outils du président. La suppression des départements, la volte-face sur la GPA et la réforme des indemnités chômage du 1er ministre. Pris dans les tourbillons de l’actualité, les français oublieront ces promesses en l’air. Mais la com a ses limites.

 

Un jour ou l’autre la réalité se chargera de nous faire payer ces fictions qu’on nous raconte pour nous exonérer d’agir. Il faut rester modeste quand on a 5 millions de chômeurs et 2000 milliards d’euros de dette. La France ne reprendra confiance et ne se remettra à croire que lorsqu’on lui donnera enfin des perspectives et qu’on cessera de lui mentir. Il faut en finir avec les hommes politiques qui ne jouent que leur carte personnelle, affirment des postures et non des positions et font l’agenda médiatique à coups de couacs sans coordination de la parole ministérielle.

 

La France attend enfin un programme électoral réaliste et des promesses qui soient tenues une fois passée l’élection. Trop souvent la parole publique n’engage pas ceux qui la prononcent. La vraie révolution, ce serait de faire après ce qu’on a dit avant. Que les actes succèdent aux paroles et les résultats succèdent aux actes, pour que les élections consistent enfin à juger un bilan et non le renoncement à un projet.

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