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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 09:46

« Rien ne devrait recevoir un nom, de peur que ce nom même ne le transforme »

 

Virginia WOOLF (1882-1941) – Romancière anglaise et femme sans nom

 

Nicolas Sarkozy avait annoncé dès le départ qu’il voulait tuer l’UMP. Le sigle à trois lettres est délégitimé depuis les événements de 2012 et l’affaire Bygmalion a achevé de salir la marque dans l’opinion. Le parti créé en 2002 par Jacques Chirac et Alain Juppé pour rassembler la droite et le centre n’aura donc vécu que 12 ans. Le rêve d’un grand rassemblement n’est pourtant pas mort. Nicolas Sarkozy espère créer une union au-delà des clivages, qui serait même ouverte à des déçus de la gauche !

 

On attendra de lire les statuts du nouveau parti pour bien en comprendre la raison sociale et politique. Néanmoins la démarche correspond bien à la tradition gaulliste de s’associer pour faire de la politique au-dessus des partis. Malgré la multiplication de noms qui ne durent généralement pas, les partis de droite ont en effet toujours fait référence aux notions collectives de rassemblement, d’union ou de mouvement.   

 

Il y a eu le Rassemblement pour la France (RPF), créé en 1947 par le Général de Gaulle, auquel succéderont l’Union pour la nouvelle république (UNR) et l’Union des démocrates pour la Ve République (UDR) une fois au pouvoir. Jacques Chirac suivra cette tradition en 1976 en créant le Rassemblement pour la république (RPR), idée directement tirée d’un album d’Astérix. L’Union pour un mouvement populaire (UMP), d’abord appelée Union pour la majorité présidentielle, ne déroge pas à la tradition.

On dit que les idées sont plus importantes que les noms. Que Nicolas Sarkozy doit moins réfléchir au changement de sigle qu’au changement de projet. Mais le nom d’un parti en dit long sur la politique qu’il compte mettre en œuvre. À gauche on a toujours préféré le mot de « parti », dénié à droite parce qu’il implique une partition de la société, du Parti socialiste (PS) à la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO). Une logique de confrontation présente dans le Front populaire, qui servira d’exemple des années plus tard au Front national puis au Front de gauche.

 

RTF, PMU, UFA…

 

La droite elle a toujours préféré l’union du peuple parce qu’elle est populiste et le rassemblement derrière un chef parce qu’elle est bonapartiste. En tenant compte de toutes ces traditions, Nicolas Sarkozy devrait parvenir aisément à trouver un nom pour remplacer l’UMP. Au cas où il coince, voici quand même quelques idées.

 

D’abord les moins originales. La droite aimant l’union et le rassemblement, il faut nécessairement que ces termes soient présents dans le nouveau nom. Ce qui donne soit l’Union pour la France (UPF) mais qui a déjà existé dans les années 1990 avec une alliance électorale entre le RPR et l’UDF et qui rappelle trop le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, soit le Rassemblement de tous les français (RTF) mais qui rappelle le Rassemblement bleu marine (RBM) en passe de se lancer.

 

Ensuite les plus loufoques. L’UMP a souvent été victime des jeux de mots, comme avec l’UMPS. Il faudra donc éviter le PMU (Parti le meilleur et l’unique) ou le PSA (Parti des sarkozystes anonymes, reprise du sigle du Parti socialiste autonome). Il faudra aussi éviter les noms trop faciles à pasticher. En 2002, Alain Juppé avait pensé à la « Maison bleue », ce qui est plutôt joli mais qui n’aurait pas manqué de faire penser à la chanson de Maxime Le Forestier. On a eu de la veine…

 

Enfin les plus efficaces. Un nom de parti doit à la fois avoir un sigle qui claque et un nom qui synthétise son programme. La Droite forte est par exemple une réussite sur le deuxième plan mais la droite a encore des complexes à s’assumer en France. Si on préfère la nation et le travail, on optera pour l’Union de la France qui avance (UFA). Si on préfère la république et l’autorité, on optera pour le Rassemblement des forces républicaines (RFR). Bon, vaut mieux laisser faire Nicolas Sarkozy…

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