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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 23:16

« On invoquera la compétition internationale pour que les travailleurs soient raisonnables »

 

Jean DURET (1900-1971) – Economiste français et analyste cynique

 

 

Alors que la dette met la France à la diète, le président François Hollande lance à toute bringue la rédaction d’un rapport sur la compétitivité par Louis Gallois pour trouver les sentiers de la croissance et des excédents commerciaux. L’ancien patron de la SNCF et d’EADS est une tronche, surtout au niveau des oreilles. C’est un ami du pouvoir socialiste, en haut-fonctionnaire né sous la génération Mitterrand qu’il est. Il n’y avait donc aucun risque de mauvaise surprise.

 

A croire que ce gouvernement est maudit ! Car pour pallier à l’épouvantable état de nos firmes face à la concurrence étrangère, le rapport Gallois a ouvert bien des boites de Pandore. A commencer par les 35 heures, en préconisant les 39 heures payées 39 alors que les salariés considèrent comme un acquis social cette réforme emblématique de 1997 qui justifie les 35 heures payées 39. On comprend qu’une telle mesure ait mis l’économie nationale à genoux en à peine 15 ans. On ne peut prétendre à plus de loisirs et moins de travail tout en restant aussi riche que les autres nations qui au contraire au même moment travaillent plus pour gagner plus.

 

Les 35 heures font décidemment encore couler beaucoup d’encre en plus d’avoir déjà coulé la France. Le bon sens voudrait qu’on les supprime, mais François Hollande s’est dit prêt à ne pas suivre la recommandation du rapporteur. Cela valait la peine de l’avoir dérangé. Jean-Marc Ayrault a cafouillé en se disant prêt à réfléchir à un retour sur cette réforme avant de se raviser et de camoufler en jurant que lui vivant jamais un gouvernement socialiste n’y toucherait.

 

Ce sont les partisans de la semaine de 32 heures qui vont être déçus. Pas plus sûrement que Louis Gallois, qui voit ses préconisations renvoyées à leurs chères études. Les conclusions du rapport n’engagent que son auteur. Il jugeait pourtant un choc de compétitivité de rigueur pour corriger nos erreurs du passé et éviter l’abaissement et l’affaissement. Mais dans ce pays qui préfère redistribuer la richesse avant même de l’avoir créée, le ministère matraque augmente les impôts pour tout le monde au risque d’affaiblir ses contributeurs contribuables.

 

Si la compétitivité définit la capacité d’une entreprise à gagner des parts de marché et à lutter contre la concurrence, alors la soupe fiscale infâme du gouvernement est dure à avaler pour les patrons et les créateurs de ce pays. Là encore le rapport Gallois préconisait des aides à l’innovation et aux pôles de compétitivité et une baisse des charges patronales et salariales. Mais pour que la gauche puisse arroser en toute mauvaise bonne conscience sa clientèle d’électeurs d’allocations de rentrée, il fallait bien qu’il y en ait certains qui cotisent et paient l’addition.

 

Le choc de compétitivité n’aura pas lieu car il choque la gauche qui y voit une remise en cause frontale de son héritage et de son projet. Le gouvernement l’adoucit et préconise déjà une trajectoire de compétitivité quand les patrons unis quémandent un pacte de compétitivité avec le pouvoir en place comme un ultime acte de collaboration. Avec son art de la demi-mesure et des demi-portions, la gauche qui revenait aux affaires pleine de bonnes intentions et de leçons à donner ne fera en sorte de faire qu’un demi-choc de compétitivité. Autant ne rien faire du tout.

 

Ce n’est pas parce qu’ils sont socialistes qu’ils sont cons, mais c’est parce qu’ils sont cons qu’ils sont socialistes. Leur redressement dans la justice n’est plus qu’un simple redressement judiciaire, puisque le seul moyen de retenir des emplois en France est désormais d’interdire les entreprises de délocaliser et de leur faire un procès si elles ont l’outrecuidance de fermer une usine en faillite. Ne parlons même pas d’en attirer de nouveaux : le gouvernement va lancer une banque publique d’investissement pour aider les entreprises à se financer à des taux avantageux. C’est la simple fusion de la Caisse des dépôts, du Fonds stratégique d’investissement et d’Oséo !

 

Les élus politiques de tous bords auront au moins appris à parler de compétitivité-prix, bien qu’ils la confondent encore avec la compétitivité-coût. La première est la capacité à vendre un produit au moindre prix quand la deuxième n’est que la capacité à le produire au moindre coût. La différence est subtile, mais demandez à Micheline la comptable si les fournisseurs et les transporteurs oublient d’envoyer la facture. On redécouvre l’économie tous les jours ! Dommage que personne n’ose ou ne pense à parler de compétitivité-hors prix et de qualité des produits, car c’est bien cela qui plus que tout explique la faiblesse de nos ventes à l’étranger.

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commentaires

Libra 05/11/2012 20:49

J'avoue que je n'ai pas tout compris, même en relisant deux fois cet article. Pourriez-vous apporter quelques précisions ?

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