Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 22:10

« Une victoire est une victoire. C’est le résultat qui compte »

 

Suzanne MARTEL (1924) – Romancière canadienne et cousine de Charles

 

 

Ce que l’on retiendra des élections américaines, c’est que Barack Obama a gagné et c’est à peu près tout. On s’y attendait un peu tant les médias voulaient ardemment cette victoire jusque dans leurs analyses partisanes et partiales. Après un scrutin raplapla dans une Amérique en crise, le président sortant a gagné avec une avance plutôt confortable et reste le seul grand leader international à avoir survécu à la crise. Son vrai bilan sera jugé plus tard, cher Callaghan !

 

Cette réélection se jouait sur le thème de l’économie or Mitt Romney a souligné que les Etats-Unis étaient dans un moins bon état aujourd’hui qu’il y a quatre ans. L’Amérique méritait mieux. Le chômage a explosé alors que le prestige des Etats-Unis dans le monde s’est fragilisé. Mais les électeurs ont considéré Barack Obama comme une victime de la crise. Ils l’ont cru quand il a soutenu que ce n’était pas de sa faute. Ou du moins la moitié des 50% qui ont voté.

 

Barack Obama l’a jouée profil bas, jusque dans son discours de remerciements où il n’a pas prononcé une seule fois le mot « victoire » et s’est borné à un discours sur l’état de l’union où il a loué le rassemblement de la nation. Il a donc dû avoir peur. Le vote-sanction n’était pas loin puisque quatre ans après avoir promis de changer le monde un soir de victoire en Iowa, le président a eu droit de rempiler quatre ans de plus à la Maison Blanche sans applaudissements ni effusion de joie. L’Amérique est en sale état, et demain il y a école comme tous les jours.

 

Sa victoire n’était pas le grand chelem annoncé par ces médias européens qui haïssent la droite même à l’étranger. La surprise qui eut changé le destin était possible avec la mobilisation des républicains et la déception des démocrates. Barack Obama gagne par 332 grands électeurs à 206 mais avec seulement 50% des électeurs. Il a su les empocher là où ils sont nombreux : les démocrates ont cartonné dans 27 Etats urbains et aisés de la côte est à la manière de la gauche caviar qui truste les bobos des villes françaises. Les républicains ont acquis 24 Etats sur une plus grande surface avec le pays réel des Etats-Unis profonds du sud. Mais ils ne rapportent rien.

 

Mitt Romney n’a pas su faire basculer les swing states. Aucun républicain n’avait été élu sans gagner l’Ohio or il a failli en voulant chasser sur les terres de son adversaire. Il a perdu sur l’électorat jeune et latino. Les conservateurs parlent trop aux Wasp et pas assez aux immigrés. Or au pays du melting pot, l’électeur ne vote que selon une question : que fera ce type pour ma communauté ? Il a paru moins proche que le président en dénonçant ces 47% d’américains à la mentalité de victime. Le moment de compassion et d’empathie de la gestion de crise de Sandy, bien meilleure que celle de Katrina, a avantagé le président comme l’affaire Merah avait aidé Nicolas Sarkozy. On ne perd pas son temps à serrer dans ses bras et à faire passer des cartons.

 

Barack Obama vivra une cohabitation. La chambre des représentants perdue en 2010 reste aux républicains. Il devra alterner confrontation et conciliation pour obtenir des résultats sur l’emploi et la dette et être plus adroit et actif pour faire mieux que lors de son premier mandat. Les républicains voudront cesser la modération et imiter le Tea Party. Ce serait aussi idiot que si l’UMP fusionnait avec le FN. C’est aussi vrai pour les primaires, qui donnent une dynamique macabre si elles durent trop longtemps en semant la division, l’inaction et les gaffes.

 

Le président réélu a des projets telle la fin de la dépendance énergétique des Etats-Unis. Mais c’est son rendez-vous avec le monde qu’il ne devra pas rater cette fois. Il devra être plus offensif sur le Moyen-Orient. Il devra sortir de la crise avec l’Europe plutôt que contre. Il devra faire de la Chine un partenaire pour diriger le monde. Au fait, le conclave du PC chinois va nommer Xi Jinping pour diriger le pays pendant cinq ans. Cela retient moins l’attention car c’est moins joyeusement démocratique, mais tellement plus important pour la face du monde.

 

Ce que l’on retiendra de ces élections, c’est qu’elles ne marqueront pas l’histoire. Mitt Romney ne rejoindra pas les glorieux battus de l’histoire Barry Goldwater, Michael Dukakis et Al Gore. Barack Obama n’est pas encore au niveau des grands présidents des Etats-Unis, les républicains Abraham Lincoln, Richard Nixon et Ronald Reagan ou les démocrates Franklin Roosevelt, John Kennedy et Bill Clinton. Il lui reste quatre ans pour le devenir et pour enfin justifier cette Obamania insensée. Du moins, c’est ce que l’on retiendra de lui s’il y arrive.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

À Propos De En Rase Campagne

  • : En rase campagne
  • En rase campagne
  • : La politique est toujours en campagne, CARBONE 12 aussi ! Lancé à 100 jours du 2e tour des élections présidentielles de 2012 pour redonner de la hauteur à un débat qui volait bas, EN RASE CAMPAGNE est un blog qui commente la vie politique française.
  • Contact

L'EMPREINTE CARBONE

Projet de loi de finances : se serrer la ceinture ou baisser son froc devant Bruxelles, telle est la question. 

 

Retrouvez tous les billets "L'empreinte carbone" 1 2 3 4 5 6 7 

AU RAS DES PÂQUERETTES

Poisson d'avril de Ségolène Royal : les autoroutes gratuites le week end. Mais qui peut contrôler ce qui se passe dans son cerveau ? 

 

Retrouvez tous les billets "Au ras des pâquerettes" 1 2 3 4

DU CARBONE DANS LA CERVELLE

Entre deux meetings, Nicolas Sarkozy recommence ses conférences grassement payées à l'étranger. Cela pourrait le desservir. 

 

Retrouvez tous les billets "Du carbone dans la cervelle" 1 2 3 4 

Les Idees De En Rase Campagne