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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 05:35

« J’ai toujours dit 2017, mais certainement pas avant »

 

Jean-François COPÉ (1964) – Président de l’UMP et président en devenir

 

 

Jean-François Copé a de la suite dans les idées. Le 1er mai 2012, lors du fameux meeting fondateur du Trocadéro dont il avait exagérément gonflé le chiffre d’affluence, celui qui n’était alors que simple secrétaire général de l’UMP invitait la marée humaine militante à se préparer à la « reconquête des territoires » en 2014. L’opération reconquête était née. Nicolas Sarkozy, qui l’arbore si fièrement aujourd’hui sur le site de ses amis, n’était même pas encore battu. Preuve que le maire de Meaux pensait déjà sans le dire à la présidence, de l’UMP et de la république.

 

Il avait tout prévu. Sa campagne offensive sur le thème de la droite décomplexée, pour réveiller un parti encore nostalgique de son candidat battu. Sa victoire le 18 novembre bien sûr, bravant tous les sondages qui donnaient plutôt son rival François Fillon vainqueur haut la main. Sauf qu’il n’aurait jamais pensé que cela se joue à si peu de voix, entrainant le scandale que tout le monde a déploré et qui le poursuit encore. Par souci de réconciliation, Luc Chatel partage la vice-présidence avec Laurent Wauquiez et Michèle Tabarot cohabite avec Valérie Pécresse.

 

La plupart de ses proches pense qu’il a tout perdu. Son image est durablement entachée et cela ne le console pas que son rival soit en pire état, au point de déjà préparer l’échéance suivante de la primaire de 2016. Il sait que les français oublient vite, mais il a incontestablement été atteint par ce flot de haine déversé contre lui par la presse d’opinion parisienne qui intrigue et complote sur le Nouvel Obs et le Journal du Dimanche. Il sait que son rêve d’être président de la république en 2017 s’éloigne un peu et que des obstacles se présenteront à lui d’ici-là.

 

Après l’avoir si peu soutenu durant la campagne, Alain Juppé a finalement reconnu que le vainqueur de la guerre des chefs avait le profil pour « faire le job ». Il est malin. Non content d’avoir échoué dans sa médiation, il espère encore tirer profit de la disgrâce des quinquas pour reprendre le parti qu’il a créé en 2002. Le chemin de l’Elysée se rouvrirait de nouveau à lui. Les quadras Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet ayant fait le même calcul, l’élection prévue en septembre et arrachée par les fillonistes a tout du traquenard idéal.

 

Car si Jean-François Copé perd, on voit mal comment il pourrait se refaire avant 2016 alors qu’il a d’ailleurs tant ouvert la voie à un retour de Nicolas Sarkozy. Il ira quand même. Son grand atout, c’est qu’il ne doute de rien. Il prend tous les événements comme une chance là où d’autres ne verraient que des catastrophes dans une défaite aux élections législatives en 1997, une mise à l’écart des chiraquiens en 2007 ou des sondages défavorables en 2012. Il a toujours su se relancer, avec Génération France hier et avec ses relais fédéraux aujourd’hui.

 

Il n’a pas d’état d’âme. Pas plus quand ses anciens amis mousquetaires le lâchent tel François Baroin que quand il s’agit de faire un accroc à son costume alors que tout indique que le président de l’UMP en 2016 aura peu de chances d’être le candidat du parti en 2017. Il veut à tout prix garder la présidence, quitte à annuler cette élection inutile qui ne fera que donner sa chance à des candidats qui ne l’ont pas mérité. Il sait que c’est le seul moyen de garder en vie son grand rêve, cette autre présidence pour laquelle il est devenu un postulant… présidentiable.

 

Il ose tout, et c’est cela qui plait tant chez lui aux yeux des militants. Ils l’ont élu en 2012 pour engager la refondation de l’UMP sur une ligne claire et assumée. Ils peuvent très bien le réélire en 2013 s’il continue ainsi à incarner la voix du parti. Il faut juste qu’il lance enfin cette opposition tonique face à la gauche que les français attendent et qu’il incarne une sensibilité au sein de la droite qui mobilise sans diviser et qui rassemble sans inhiber. Il faut juste qu’il soit plus populaire que Nicolas Sarkozy, dont la droite est orpheline car personne ne sort du lot.

 

Finalement, Jean-François Copé a comme prévu gardé la présidence de l’UMP en 2012 et a même éliminé un rival avec ce François Fillon qui comme à l’époque des grandes purges staliniennes n’apparait même plus sur les photos de famille de la droite. Il voudra la garder en 2013 pour lui-même ou par procuration mais on ne connait pas encore sa prochaine victime. Alors viendra le temps en 2016 de penser à la vraie présidence, où il devra sûrement affronter celui dont il est devenu le clone. Jean-François Copé a du panache. Mais a-t-il de la grandeur ?

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