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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 01:30

« Détruire la concurrence, c’est tuer l’intelligence »

 

Frédéric BASTIAT (1801-1850) – Economiste français et vendeur compétitif

 

 

Ne leur faites PSA. Voilà les socialistes face à la réalité des licenciements et des plans sociaux. Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg ne veut pas abandonner les 8000 emplois de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois. Mais après la fin des paysans, c’est la fin des ouvriers qui se dessine en France avec la désindustrialisation et les délocalisations. Les syndicalistes veulent manifester. Or il vaut mieux un manifeste pour une industrie compétitive.

 

La compétitivité fut au cœur du débat des élections présidentielles. La France compte un déficit extérieur affligeant dû à ses factures de pétrole et de gaz mais il est historiquement structurel. Dès le XVIIème siècle, les économistes du roi prônaient le protectionnisme, ce qu’on appelle aujourd’hui pudiquement le « Produire en France ». Mais sûrement parce que c’est un mot difficile à prononcer et qui fait postillonner, peu de solutions en sont sorties. L’ersatz de commerce de proximité pour vendre des Rafale se heurte à des carnets de commande vides.

 

L’emploi de milliers de français est en jeu. Mais la France perd chaque année des parts de marché à l’exportation et craint la compétition autant que la concurrence. Sa compétitivité-prix est en cause et surtout son coût du travail. Les salaires français sont bien plus hauts que les salaires chinois et les charges patronales françaises sont bien plus hautes que les charges patronales allemandes. Donc les entreprises étrangères ne s’installent pas et les entreprises françaises vont voir ailleurs. Face à cela, la productivité des travailleurs français, le rempart de la protection sociale et la qualité des infrastructures et du cadre légal ne pèsent pas lourd.

 

La droite française ressort donc toujours la même antienne de la réduction des charges sur les entreprises. Nicolas Sarkozy avait déjà aboli la taxe professionnelle et voulait compenser par une TVA sociale qui n’a de sociale que le nom. Les entreprises auraient augmenté les prix et le consommateur aurait payé à la place du patron, ce qui veut tout dire en termes de choix sociaux.  Mais là où perd le contribuable, le travailleur gagne ; là où le consommateur paie plus cher, il a plus de choix. La gauche française, loin de réduire les charges sociales, augmente la CSG.

 

La droite française s’est aussi inspirée de la gauche allemande - de Bad-Godesberg, faut pas pousser non plus - avec l’idée des accords compétitivité-emploi. Très belle sur le papier, mais inapplicable sur le terrain. Il s’agit de moduler l’activité des entreprises en fonction de la conjoncture en cassant le diktat des 35 heures par l’annualisation du temps de travail. La gauche française crie à l’exploitation, façon Germinal. Rien que pour ça, c’est une idée à creuser.

 

Une production nationale qui vend est une production nationale qui fait des choix et se spécialise. Le commerce international pousse à exploiter ses qualités, entre le travail et le capital et entre les ouvriers peu qualifiés et les industries de pointe. Il faut se différencier pour éliminer la concurrence et créer des filières fortes avec des champions nationaux qui portent dans leurs bagages des PME performantes qui ne sont rien sans ces grands groupes. Les petits producteurs innovants à taille humaine sont mécontents mais le commerce équitable est un angélisme.

 

Cela ne suffirait pas. La compétitivité hors-prix est aussi mauvaise or la performance à l’exportation se juge autant sur le prix que sur la valeur. Au contraire de l’Allemagne, longtemps à la traine au XIXème siècle et aujourd’hui première puissance commerciale du monde, la France a une mauvaise image de marque et n’inspire pas confiance dans la qualité de ses produits. Cela se voit sur les voitures où la désormais célèbre qualité allemande - bien que polluante - taille des croupières à Renault et - tiens donc - PSA. Le commerce requiert aussi de la communication.

 

Il faudrait consentir un peu moins de prestations sociales et d’heures de grèves. La prise en otage des patrons n’est pas une solution, n’en déplaise aux Contis. La dévaluation de l’euro serait une option conjoncturelle pour exporter vers les pays émergents et compenser les faibles ventes en Europe. Mais à un problème structurel il faut des solutions structurelles. Pour un pays industrieux comme la France, cela passe par des idées. Et le courage de les appliquer.  

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