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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 22:10

« La confiance est une des possibilités divines de l’homme »

 

Henri de MONTHERLANT (1895-1972) – Ecrivain français et prince des monte-en-l’air

 

 

La France n’est pas optimiste. Elle ne l’a jamais été. C’est l’un des pays où l’indice de popularité des dirigeants et la côte de confiance des ménages sont les plus bas. On voit l’avenir de la société en noir mais chacun croit son cas personnel florissant. Le taux de bonheur est rampant quelle que soit la courbe de croissance et même le défi de la crise ne redonne pas d’entrain à cette nation qui parait finie. Ce mal sans âge porte un nom : la crise de confiance.

 

Les français n’ont pas le moral car c’est le penchant naturel de leur culture politique, qui tend davantage à la méfiance envers l’autre et à la défiance envers l’avenir qu’à l’enthousiasme jovial et au sourire de proximité. Les citoyens ne se font pas confiance et ne font pas de choses ensemble, d’où la faiblesse du tissu associatif et le manque de solidarité. Ils préfèrent croire en un Etat omniprésent et omnipotent qu’ils traitent comme une prostituée, juste bonne à verser une prestation et à fournir des services arrachés un à un au terme de luttes sociales homériques.

 

L’entreprise et l’initiative individuelle sont deux crimes dans ce pays qui n’aime pas les riches et ceux qui ont réussi. Il faut afficher sa misère même si elle est un confort. Les patrons sont des voleurs et les dirigeants des imposteurs sur lesquels il faut cracher pour se donner le sentiment d’être quelqu’un. Le succès effraie ce pays car il aime recevoir les éloges avant d’avoir accompli les mérites. Il loue son président quand il l’élit et le fracasse cent jours plus tard.

 

Dans des trajectoires croisées et séparées, les français vaquent à leurs occupations sans se dire bonjour. Le plaisir onaniste de se cacher cède à l’orgueil tiré d’une bonne action. Ils se connaissent peu et voient dans les criminels des personnes sans histoire. Ce manque d’attention à l’autre explique l’impossibilité de sortir de la crise. Personne ne fait d’effort pour ne pas être sacrifié or tous devraient en faire. Cette absence de cohésion découle du manque de confiance.

 

Avant d’être un rejet des autres, c’est un défaut de projet. Aucun gouvernement n’est capable de proposer une vision claire de l’avenir et un défi collectif à relever, ceci étant aggravé par l’incapacité à gagner deux élections d’affilée pour s’inscrire dans la durée. Vive la crise ! Elle dure depuis trente ans dans les têtes et ce succès des socialistes et depuis cent ans dans les corps et cette tuerie de la guerre. Le déclinisme est une sinistrose que les français consomment avec addiction, comme les médicaments dont ils abusent tout en prétendant cultiver l’art de vivre et être en bonne santé. Les cent premiers jours ratés du nouveau président n’ont rien arrangé.

 

François Hollande a été élu pour que Nicolas Sarkozy ne soit plus président. A présent qu’il l’a remplacé, les français ne rêvent que de le changer et regrettent presque l’hyperprésence médiatique de son prédécesseur qui allait vite. Le gouvernement est lent et sans idées. Il a aboli les projets du précédent et renoncé aux siens, sauf aux mesures inutiles. La gauche conne veut soulager les classes populaires or elle satisfait les classes moyennes en refiscalisant les heures supplémentaires, en relevant le plafond de l’épargne et en instaurant une taxe progressive sur l’énergie. Elle creuse le déficit par de nouvelles dépenses sans trouver de nouvelles recettes.

 

A l’inefficacité des mesures sur le prix du carburant, elle joint l’arbitraire de la taxe à 75% et l’inutilité des emplois d’avenir. Elle s’est fait élire avec des promesses sur lesquelles elle s’assoit avec une immoralité indigne des électeurs qui lui ont fait confiance. Les expulsions de roms ne sont plus des actes fascistes, le nucléaire est redevenu une filière d’avenir et le chômage n’est pas facile à régler. Les socialistes font connaissance avec la crise or ils n’y connaissent rien.

 

Face à cette politique du pire, il ne faut pas s’étonner que la réputation de mensonge de la politique se renforce. En reniant ainsi ses engagements de campagne, le PS trahit les français qui ont fait leur choix sur deux programmes dont au moins un était purement fictif. Le pire, c’est que le gouvernement fait parfois même le contraire de ce que le président avait annoncé. Sans chef ni boussole et sans phare ni lumière, il multiplie les couacs comme une fanfare nationale. Et après on s’étonne que la confiance déménage et que les français fassent plus confiance à l’imam, à la télé ou à l’ennemi qu’à l’Etat, à l’autre et à eux-mêmes.

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