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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 23:38

« Le vice du capitalisme est la répartition inégale des richesses.

La vertu du socialisme est la répartition égale de la misère. »

 

Winston CHURCHILL (1874-1965) – Homme politique britannique et libéral étatiste

 

 

Benoit Hamon ne s’attendait pas à être ministre. Il aurait préféré ne pas l’être. François Hollande l’a gratifié du portefeuille de l’économie sociale et solidaire. On se demande ce qu’il va en faire tant ce terme est vide de sens. L’économie et le social sont deux mots qu’il est risqué d’associer. L’un définit l’activité de profit et l’autre exprime le besoin de cohésion. L’un est un nom qu’on oppose à celui de politique. L’autre est un adjectif qu’on oppose à celui de libéral.

 

Il est l’héritage d’un XXème siècle qui a été marqué par la grande opposition idéologique entre capitalisme et communisme. Le capitalisme, c’est l’accumulation individuelle de capital dans le but de produire le plus possible. Le communisme, c’est le partage collectif des richesses pour permettre un monde meilleur. La droite et la gauche se sont longtemps opposées dessus et les gens le gardent en tête. La droite favoriserait les riches et les entrepreneurs tandis que la gauche aiderait les pauvres et les salariés. L’injustice sociale contre l’inefficacité économique.

 

Les partis n’ont pas attendu la chute du mur et la montée de l’altermondialisme pour diluer leurs opinions et mélanger les genres. En 1958, les gaullistes prenaient le pouvoir avec leurs ambitions de libéral bon teint mêlées de discours social pépère. Ni droite, ni gauche, en avant. En 1959, les sociaux-démocrates allemands actaient l’aggiornamento de Bad-Godesberg et se lançaient dans l’ordolibéralisme ou l’économie sociale de marché. De droite et de gauche à la fois. Le relativisme de la pensée unique a triomphé et la frontière idéologique est tombée.  Et après on s’étonne que les électeurs ne s’y retrouvent plus et confondent les partis entre eux.

 

Ils ont le même programme et ils s’étripent joyeusement pour savoir lequel l’appliquera. Ils prétendent défendre la vérité en mobilisant ce qui ne se conteste pas : les statistiques officielles, les études scientifiques, les rapports administratifs. La rencontre des deux contraires a abouti à un non-système, une voie tiède sans parti-pris qui saupoudre de bonnes intentions un ensemble hétéroclite d’idées piochées à droite et à gauche. « Qu’importe qu’un chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape des souris », disait Mao Zedong qui n’avait pas d’idées arrêtées.

 

On peut dire que le libéralisme a gagné la bataille des idées. Les élites du pays savent que c’est le système économique le plus efficace pour créer la richesse et allouer les ressources. La main invisible rétablit immanquablement l’équilibre et il faut laisser faire le marché pour que tout fonctionne. C’est justement pour cela que l’intervention du politique est nécessaire. Les risques d’inégalités et d’appauvrissement des minorités sont trop grands. L’économie est donc amendée par le social qui prend soin et veille à la prise en charge des individus. La politique est devenue une assistante sociale à la voix doucereuse et pleine de compassion.

 

La social-démocratie de François Hollande va dans ce sens. Sans aller jusqu’au care de Martine Aubry, elle accepte les règles du jeu libéral mais veut en être l’arbitre. Quitte à intervenir dans le marché au prix de distorsions dommageables. Sur le salaire minimum, qui relève le coût des travailleurs non qualifiés et réduit la possibilité d’embauche de cette catégorie. Sur le coût des loyers, qui apporte des aides au logement que les propriétaires s’empressent d’ajouter à leur bail pour récupérer l’argent de leurs locataires. Sur le prix de l’essence, qui est limité par un plafond ce qui crée une pénurie et une sélection des consommateurs à la pompe.

 

On oublie trop souvent que l’économie est sociale et que le social est économique. Une économie n’est prospère à long terme que si elle veille à la santé et à la motivation de ses travailleurs. Le social n’est performant sur la durée que s’il prend en compte les impératifs de bonne gestion. On dit que la droite récompense le mérite et que la gauche compense les inégalités. C’est souvent vrai, mais les deux connaissent bien leurs défauts et piochent des idées chez l’autre. C’est pourquoi elles partagent ce même terme incongru d’économie sociale.

 

Or ce n’est pas ce qu’on leur demande. Elles doivent proposer chacune un nouveau modèle économique et social qui réponde à la vraie problématique que pose le terme : inciter les meilleurs à enrichir la nation sans pousser les plus fragiles à faire la révolution. La gauche propose de rendre chacun capable de saisir les opportunités qui se présentent en donnant le pouvoir économique de jouir de sa liberté. La droite devrait proposer de donner l’égalité des chances et non l’égalité des places afin que l’équité fasse du travail la grande valeur de la société.

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