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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 01:49

« Cueille le jour présent, en te fiant le moins possible au lendemain »

 

HORACE (65-8 av. J-C) – Poète latin et être en devenir

 

 

Jean-François Copé est en campagne. Le secrétaire général de l’UMP fait un meeting par jour pour rattraper son retard présumé sur François Fillon dans les sondages. Il n’a même pas abandonné son poste pour mettre toutes les chances de son côté, or un capitaine ne quitte pas le navire en pleine tempête. Pendant ce temps, l’amiral de France François Hollande fait le mort et va lentement. Le président a promis qu’il résoudrait la crise et réduirait le chômage laissé par Nicolas Sarkozy. Mais pas avant 2014. Il faudrait lui rappeler qu’il a été élu en 2012.

 

Il déçoit et c’est ce qu’on attendait de lui. Il ferait du pétrole qu’il arriverait même à le vendre à perte. Or il faudra bien que la droite lui trouve un adversaire en 2017. Le spectre de Nicolas Sarkozy revient avec insistance, mais ce ne sera qu’une mode passagère. Jean-François Copé a un parti-pris clair pour devenir président de l’UMP : il met ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy pour piétiner François Hollande en 2014. La suite, c’est de la fiction tant c’est loin.

 

Comme l’ancien président, c’est quelqu’un qu’on peut détester et donc adorer. Il remet constamment le sujet de l’immigration sur la table pour incarner cette droite dure qu’il appelle par provocation la droite décomplexée. Sa mauvaise foi légendaire ne laisse ni indifférent ni satisfait. C’est ce qui fait sa force. On ne peut pas détester François Fillon, trop consensuel et trop prudent. Or pour gagner une élection présidentielle, il faut être courageux et prendre des risques. Il ne faut pas vouloir être aimé, car gouverner c’est être impopulaire. Les français ont une capacité très grande à oublier leurs colères et leurs querelles. Ils pardonnent à ceux qui ont surpassé leurs échecs. C’est pourquoi Jean-François Copé est le meilleur candidat pour 2017.

 

Il a pris le contrepied de ce qu’on attendait de lui. C’est là tout son génie. On l’attendait agressif envers François Fillon, or il porte toutes ses attaques contre François Hollande dont il sait qu’il sera son vrai rival sur la route élyséenne. On croyait qu’il afficherait ses ambitions pour 2017, or il prépare une opération reconquête pour les élections municipales de 2014. On le pensait clivant, or il veut rassembler. Ce serait le chef de parti idéal, un président pour 2014.

 

Les deux chefs de guerre ont beau dire qu’il n’y aura ni vainqueur ni vaincu, il y aura quand même un gagnant et un perdant. En étant si largement favori, François Fillon rend un fier service à Jean-François Copé en l’obligeant à faire une campagne de terrain active. Face à la stratégie du favori qui accumule les soutiens et qui ne marche jamais, le secrétaire général parle au pays réel des militants et prépare ses troupes au vote. Les élections donneront une surprise.

 

Il veut être pédagogue et mettre en valeur ses idées pour les faire comprendre. Sans petites phrases, il veut participer à la refondation de la droite et de ses valeurs que la campagne présidentielle et le dernier quinquennat ont écornées. Il a déjà parfaitement organisé le combat électoral, même si le résultat ne fut pas au rendez-vous. Il ne veut pas récidiver en novembre. Il sait qu’il est temps d’adoucir son image et sa réputation après n’avoir rien fait pour les embellir.

 

Il reste deux mois de campagne et Jean-François Copé doit commencer à perdre espoir. Sa défaite semble inéluctable et François Fillon n’a même pas besoin d’être présent dans les médias ce qui l’arrange vu l’état de sa cheville. N’était une heureuse allusion au travail qu’il faut relancer pour éviter le déclin, il mène presque une non-campagne tant il annihile toute esquisse de polémique et noie toute bribe d’engueulade. C’est pourquoi Jean-François Copé a intérêt à monter le ton. Face à la paix des braves au PS, qui oublie qu’il a commencé à gagner quand la compétition de la primaire a commencé, il faut une guerre des chefs. Et un vrai affrontement.

 

En période de crise, les gens fuient plus que d’habitude les fausses évidences. François Fillon est favori pour être président de l’UMP en 2012, or il n’a jamais rien fait pour être incontournable dans le parti. Pour être président en 2017, il faudra faire ses preuves et ne pas se contenter d’un avis de départ favorable. Alors que son bilan comme chef du gouvernement n’est pas idéal, celui de Jean-François Copé comme chef de parti est défendable et il a un projet pour 2014. C’est pourquoi il doit être élu président. Pour être plus qu’un chef, un leader.

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commentaires

Botanic 21/09/2012 00:23

Tout à fait d'accord.

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