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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 22:13

« Les châteaux en Espagne qui ne coûtent rien à construire sont ruineux à démolir »

 

François MAURIAC (1885-1970) – Ecrivain français et ibère endetté

 

 

La crise de la zone euro n’est pas finie. L’endettement de l’Espagne pose la question de la santé budgétaire de l’Allemagne qui lui est venue en aide. Le taux d’intérêt à 7% que paie Madrid va vite s’avérer intenable alors que la croissance est nulle et les rentrées d’argent faibles. Le gouvernement conservateur a fait le choix courageux mais inconscient d’une cure d’austérité en gelant le salaire des fonctionnaires et les aides sociales, pénalisant l’activité. C’est pourtant l’option qu’a prise Mario Monti à Rome et que Nicolas Sarkozy faisait mine de prendre à Paris.

 

L’Espagne subit la crise depuis 2008. En tant que PIGS (Portugal, Italy, Greece, Spain) d’Europe du sud, elle est montrée du doigt pour la gestion de ses comptes publics or c’est son endettement privé qui est en cause. Le budget de l’Etat n’accuse un passif que de 72% du PIB, soit moins que l’Allemagne qui la critique tant. Mais elle est frappée par l’endettement de ses communautés autonomes, qui remet en cause l’Etat régional issu la transition post-franquiste.

 

Les ménages espagnols sont en difficulté. Comme aux Etats-Unis avec les subprimes, ils ont acheté des châteaux en Espagne et hypothéqué l’avenir en contractant des emprunts pour le logement qu’ils ne pouvaient rembourser que dans 30 ans. Or le chômage a grimpé à 25% dès le début de la crise. Ce mal espagnol avait déjà eu raison du gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez dans les années 1990. Il condamne la politique de la droite de José Maria Aznar qui a tout misé sur la construction immobilière, créant une croissance étonnante (3,5%) mais fragile.

 

Les jeunes doivent désormais travailler à l’étranger pour gagner leur vie. Le système éducatif pire qu’en France et offre des formations qui ne débouchent sur aucune qualification professionnelle reconnue sur le marché de l’emploi. La population perd l’espoir et la fierté nationale acquises avec la démocratie et l’essor économique des années 1980, permis par les aides généreuses des fonds européens qui ont rempli d’autoroutes la péninsule alors attardée.

 

Nicolas Sarkozy s’est plu à accuser le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero. C’est dur. Le pays est certes victime du retard à avouer la gravité de la crise. Mais les mesures nécessaires ont été prises, comme une cure d’austérité en 2010 qui a provoqué une grève générale et que le président français n’a jamais osé mener en France. Ces efforts n’ont jamais suffi : les agences de notation ont abaissé la note de l’Espagne et les marchés financiers lui rendent la vie impossible.

 

Mais elle ne peut pas mourir. Elle est la 12ème puissance économique du monde et du fait de son passé historique ne mérite pas d’être traitée comme un pays du tiers-monde. La Grèce non plus. Si l’Europe était vraiment à la hauteur, elle aurait empêché ces désastres. Le pays est plein de ressources, comme le montrent ses résultats sportifs brillants. Il faut juste qu’elle fasse preuve de solidarité. L’opposition doit aider le gouvernement. Les nationalismes doivent cesser de démembrer le pays. Les riches doivent se serrer la ceinture pour aider les pauvres.

 

Les forces politiques s’étaient mises d’accord en 2011 pour voter la règle d’or, ce que les socialistes français devraient prendre en exemple. Une réforme des banques a été engagée afin de rompre avec un émiettement à l’origine de la crise de solvabilité sans précédent de l’épargne locale. La droite, même sans vrai leader, doit engager une recentralisation des compétences tant qu’elle a tous les pouvoirs, acquis grâce à la disgrâce électorale de la gauche due à la crise.

 

L’Espagne peut-elle sauver les meubles malgré le feu qui brûle bien au-delà des forêts catalanes ? L’histoire est plutôt d’un pessimisme exagéré que d’un optimisme exacerbé à ce sujet : l’Espagne du siècle d’or avait connu la décadence qui l’a menée aux recoins de l’histoire à cause de la dévaluation de son or accumulé au lieu d’une industrie productive. L’ironie veut que l’inflation du pompier pyromane de la BCE soit la solution avant la dernière qui serait d’annuler purement et simplement la dette. C’est le recours extrême. Mais il y a urgence.

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commentaires

Clovis Simard 08/08/2012 03:49

Blog(fermaton.over-blog.com),No-7: LA VIE EN ABONDANCE ! Résurrection et Quantique

Clovis Simard 08/08/2012 03:48

Blog(fermaton.over-blog.com),No-7: LA VIE EN ABONDANCE ! Résurrection et Quantique

Tutus 02/08/2012 23:19

Au feu les pompiers, la maison qui brûle !

Wresinski 02/08/2012 00:32

C'est pas correct de faire de l'Espagne un bouc émissaire. Nous ferions mieux de nous occuper de notre cas plutôt que de se moquer des autres.

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