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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 02:29
« Je veux partir pour mieux revenir »
 
DIAM’S (1980) – Rappeuse française et musulmane râpée
  
 
Cela n’a échappé à personne que c’est au moment où ils sont en difficulté que les deux grands partis de gouvernement font élire leurs leaders par leurs membres. Ils étaient forts du temps où les caciques désignaient le chef et ils importent les procédures démocratiques quand ils sont faibles. L’UMP impose un choix binaire mais c’est le moins pire qu’il pouvait faire. Le PS ne le laisse même pas puisque le 1er secrétaire est déjà connu. Vos désirs sont des ordres.  
 
C’est la fin du militant. En tout cas tel qu’on le connait : un militaire colleur d’affiches et accroc aux réunions de section, groupie de son élu et fidèle de son parti, noyé dans la masse mais gavé de convictions. Moins adepte du supporterisme, il donne son avis au chef et exprime ses désaccords avec la ligne officielle. Lassé de jouer les potiches de meeting, il fait remonter les idées et soutient les personnalités. Plus multicarte, il s’engage également dans des associations et perçoit son militantisme politique comme un engagement social plus global. Il a changé, lui.  
 
La crise du militantisme est certaine. Elle est comptable, avec la chute des effectifs que la mode des militants à 20 euros peine à contrecarrer. L’UMP cumule 261000 adhérents et le PS 203000 quand le PCF à la grande époque des années 1970 planait à 700000 fidèles. Elle est morale, avec le désinvestissement affectif des troupes et leur homogénéité sociale. La droite ou la gauche ont les mêmes pratiquants bobos urbains aux chemises Vichy et aux lunettes Ray ban.  
 
Jadis partis de masse, les formations politiques ne sont plus que des partis d’électeurs et de cadres. Elles ouvrent leurs élections internes aux sympathisants, pour mieux dévaloriser le rôle du militant. Celui-ci est encore moins actif à mesure que la société se dépolitise. L’affilié s’affranchit en voyant que la discussion politique est devenue le tabou absolu. Les partis ne débattent même plus et sont des amas de connaissances sans esprit de corps et de famille.  
     
Chaque parti a ses déboires. Le PCF ne renouvèle pas sa vieille garde stalinienne malgré le renfort du Front de gauche. Les verts prônent la démocratie et rejettent la bureaucratisation de leurs élites mais celles-ci ne changent jamais. Le PS a renoncé à séduire les ouvriers et les professeurs pour se concentrer sur les classes moyennes citadines aisées. Le Modem n’a plus aucun militant et le Nouveau Centre fait l’exploit d’en avoir encore moins. L’UMP se débat sur l’opportunité bien risquée d’autoriser les courants à semer des torrents de polémique. Le FN est le seul à être en forme mais il endoctrine ses membres pour leur inculquer sa culture raciste.  
 
Il y a des solutions pour faire revenir les militants au parti et revivifier la politique. Cela semble impossible tant le sens de l’histoire est contraire, mais on disait bien que l’homme ne marcherai jamais sur Mars. Il faut juste changer la manière de comprendre un parti. Certains chefs sont déjà pleins d’idées, comme Jean-François Copé qui propose de redonner une utilité sociale à l’UMP en faisant intervenir ses militants auprès de personnes en difficulté. Le parti d’action civique, c’est aussi la culture catholique des démocrates-chrétiens et c’est bien beau.  
 
Il faut élargir le recrutement des partis. Au lieu de racler avec une petite fourchette dans les milieux politisés, il faut actionner une grande fourche pour ratisser large. Les militants ne le deviennent pas par simple prédisposition ou pure vocation. Ils s’engagent pour deux raisons : soit ils cumulent déjà d’autres engagements et sont très actifs ; soit ils fréquentent des militants qui les poussent à franchir le pas. Le milieu social est un obstacle car on ne s’intéresse qu’à ce qu’on connait. Il faut chercher partout. Sur un malentendu et un faux témoin, ça peut marcher.  
 
Il faut élargir le rôle du militant. Ses missions actuelles ne sont pas source de motivation car il est la dernière roue de la brouette. Or il aura la sensation de se réaliser s’il a une mission sociale plus large qui recueille des résultats même quand le parti est dans l’opposition. Comme ce n’est pas mieux dans la majorité, cela reformerait un esprit de club. L’engagement citoyen ferait du militant un Lazare. Il lui dit : « Lèves-toi et marches ». Engagez-vous, qu’ils disaient.

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