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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 07:31

« La guerre commence infiniment mal. Il faut donc qu’elle continue »

 

Charles DE GAULLE (1890-1970) – Ancien président et chef de guerre

 

François Hollande a décidé de jouer les va-t-en-guerre en rejoignant les États-Unis dans leur offensive contre l’État islamique en Iraq. Daech, pour les intimes. Il n’a pas pris trop de risques : afin de s’éviter le psychodrame d’avoir à compter chaque nouveau mort, la France n’interviendra que dans les airs et non au sol. Comme au Mali, ce sera l’occasion de se donner du répit en détournant l’attention des médias sur un conflit situé à des milliers de kilomètres de chez nous. Ils aiment bien ça.

 

La volonté sincère des occidentaux de combattre le terrorisme islamiste ne doit pas être ici mise en cause. Les vidéos de décapitations ont suscité assez d’émotion dans les opinions publiques occidentales pour que ses dirigeants s’emparent directement du sujet. Un Islam radicalisé a conquis l’Iraq et la Syrie en prônant le Djihad, cette guerre sainte qui fait de la religion le centre du conflit entre les civilisations. Cet intégrisme fait du mal aux musulmans. Cela n’empêche pourtant pas un millier de nos ressortissants de s’engager dans des brigades internationales peu glorieuses.

 

Cette intervention fait suite à une série d’erreurs considérable depuis les attentats du 11 septembre. En 2001, les États-Unis s’engageaient en Afghanistan, bourbier qu’ils ont fui depuis en rase campagne et sans proposer de solution politique viable après leur trop facile victoire militaire. En 2003, Georges W. Bush envahissait l’Iraq sous le prétexte grossier des armes de destruction massive et malgré l’opposition de la France, avant que Barack Obama ne sonne une retraite anticipée et honteuse.

 

Chaque fois la supériorité logistique de l’envahisseur a rencontré une détermination farouche de l’adversaire. Pour un résultat souvent identique, à savoir un succès militaire rapide suivi d’une longue instabilité politique. L’occident a fini par perdre la guerre des nerfs. En 2013, Barack Obama cédait sous la pression du Congrès américain dans sa volonté de bombarder la Syrie de Bachar Al-Assad. En 2014, il replonge sans l’avoir voulu dans une troisième guerre d’Iraq vouée à reproduire les mêmes erreurs du passé. Lui, le pire président des États-Unis depuis Edgar Hoover.

 

Une suite d’erreurs et d’échecs

 

La France a aussi contribué à cette suite d’erreurs et d’échecs. Engagée davantage sous la pression de BHL que pour des considérations géostratégiques, la guerre en Libye de 2011 n’aura fait que disperser les salafistes des Printemps arabes dans tout le Proche-Orient faute d’assurer une issue politique après l’action militaire. Les Frères musulmans ont récupéré nos armes et s’en servent aujourd’hui contre nous pour défendre le pouvoir qu’ils ont acquis ailleurs. Notre candeur est notre fardeau.

 

D’autres solutions étaient possibles. D’une part une intervention des peuples eux-mêmes, en veillant à unir les diverses communautés de chaque pays pour qu’elles préparent au sein d’un Conseil national de la résistance leur futur gouvernement. D’autre part la diplomatie, qui sur la base de notre réseau d’ambassades et de pays stables comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite auraient pu mener une médiation. Au lieu de cela, des pays absolument étrangers ont attaqué sans même associer l’Iran. 

 

Encore une action militaire menée par manichéisme. Il fallait punir les méchants, sans penser au coût et aux dommages collatéraux. Car ce défi lancé au terrorisme devrait donner de bien mauvaises idées très près de chez nous, dans nos quartiers et nos banlieues. La jeunesse radicalisée risque de s’enfoncer dans la violence et à défaut d’égorger des otages, il ne serait pas étonnant que des attentats aient lieu bientôt en France sous l’effet d’un Mohamed Merah ou d’un Mehdi Nemmouche.

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