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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 01:00

« Nul gouvernement ne peut être longtemps solide sans une redoutable opposition »

 

Benjamin DISRAELI (1804-1881) – Ancien 1er ministre britannique et chef de l’opposition

 

 

En France, le temps de parole politique se divise entre trois acteurs. L’exécutif, à savoir le président qui décide seul car il a été élu en son nom. L’exécutant, à savoir le gouvernement qui ne fait qu’exécuter et s’exécuter tel une bande de collaborateurs, que le président le veuille ou non. L’exécuteur, à savoir l’opposition qui conteste en permanence l’action de la majorité en place. Elle veut fusionner le temps de parole des deux premiers, sauf si elle revient au pouvoir.

 

La démocratie est ainsi : le dialogue public est stérile car la majorité a tous les pouvoirs et ne consulte pas et l’opposition ne propose pas et critique toutes les décisions. Même quand c’est la crise, il n’y a pas d’union sacrée car l’opposition d’aujourd’hui est la majorité de demain. Ce serait suicidaire d’aider l’adversaire à prendre de bonnes décisions et à y arriver car il se maintiendrait au pouvoir. L’opposition est là pour s’opposer. Elle n’est jamais constructive.

 

François Hollande l’avait pourtant promise après sa deuxième défaite présidentielle en 2007 et la vaisselle cassée de son couple avec Ségolène Royal, suite à une campagne où le parti avait peu soutenu la candidate. Au final le PS se sera opposé à tout, votant contre la réforme constitutionnelle, le plan de relance et la règle d’or. Il s’est juste abstenu sur la loi sur la burqa de 2010 après avoir voté pour la loi sur le voile de 2004. François Hollande a séché la première et a été un peu vite qualifié de grand homme d’Etat par Jacques Chirac pour la deuxième.  

 

Tu l’as dit bouffi. Le bouffon socialiste fit là sa première promesse et ne se sentit pas obligé de la tenir. Son parti a continué de voter des flots d’amendements comme lors de la législature précédente, à critiquer si mollement les projets de la droite que la rue a dû prendre le relais et à ne rien proposer. François Hollande est président mais il est un accident. Il n’a pas de programme, pas de projet, pas de promesse. Il a gagné sur le rejet de Nicolas Sarkozy.

 

C’est la mode avec la crise. Prenons Mariano Rajoy, chef de la droite en Espagne élu en novembre 2011. Comma François Hollande, il a été au pouvoir entre la fin des années 1990 et le début des années 2000. Comme François Hollande, il a connu l’opposition durant deux législatures après autant de défaites et n’a fait aucune proposition dans l’opposition, désespérant le peuple de toute alternative. Comme François Hollande, il a gagné davantage sur le rejet de l’adversaire et sur les dégâts de la crise que sur l’adhésion à ses idées et à son personnage.

 

Aujourd’hui c’est la droite qui est dans l’opposition et on n’est jamais intelligent à cette place. Il faut toujours voter contre et s’enthousiasmer du malheur du pays. Jean-François Copé veut assumer le rôle autrefois symbolique de chef de l’opposition de sa majesté et sa mauvaise foi l’autorise à y prétendre. Il s’est tissé un réseau à l’UMP et il ne lui faut qu’un programme bien charpenté et des ambitions pour 2017. Mais François Fillon pourrait l’en empêcher et il a raison d’axer le débat sur la refondation des valeurs de la droite car c’est le point faible du rival.

 

Tous deux partent en tout cas à la chasse à l’anguille pour sortir François Hollande de l’imprécision de son programme et de la modération de ses propos. Mais le président est trop malin pour eux. Il va tenter quelques propositions économiques d’ici 2014 le temps que la crise s’arrête d’elle-même et pour faire croire que c’est lui qui l’a résolue. Puis comme la gauche en a l’habitude il votera des lois sociales qui font plaisir et des lois civiques qui font joli. La droite l’aura dans le baba en 2017 car loin d’être impopulaire, la gauche aura au moins fait illusion.

 

La popularité est un escalier quand on la monte et un ascenseur quand on la descend. C’est pourquoi les deux impétrants à la présidence de l’UMP partent avec les mêmes mauvaises intentions. Ils veulent une opposition de profil bas à ne rien proposer et à ne rien contester. Ils parient sur un échec du gouvernement et seraient heureux que la rue se remplisse de manifestants. En 1995, Alain Juppé dénonçait « les chantres du conservatisme à la française » du PS qui contestaient son sérieux budgétaire mais le refus de la réforme venait de la société.

 

En 2012, la droite semble déjà avoir renoncé au succès en 2017. Au lieu de se mettre au travail avec des experts, elle fera de la politique de bas étage en distribuant des grades internes. Au lieu de profiter d’une victoire aux élections locales de 2014 pour bien gérer des collectivités, elle va foncer le nez dans le guidon sur la prochaine élection et la manquer de beaucoup.

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