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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 12:33

« Une étrange folie possède les classes ouvrières : l’amour du travail »

 

Paul LAFARGUE (1842-1911) – Socialiste français et pas vaillant pour deux sous

 

 

C’est sûr qu’avec la crise, les travailleurs deviennent moins exigeants. La multiplication des plans de licenciement leur fait même demander des audiences au ministre du redressement productif pour garder du travail. Du travail pour tous dans une société libre, c’est une exigence bien normale tant la liberté politique n’est rien sans la liberté économique. Après avoir pendant des années polémiqué pour faire appliquer le droit du travail, les syndicats en sont revenus à leur vocation première en défendant avant tout le droit au travail. La crise peut avoir du bon.

 

Les seuls qui résistent encore sont les socialistes, défenseurs du droit à la paresse et de la société de loisirs où on exige un niveau de vie avant de travailler pour le mériter. Jean-Marc Ayrault est prêt à envisager un retour aux 39 heures payées 39. Martine Aubry aura apprécié cette bourde qui fait l’effet d’une bombe. Les 35 heures restent un dogme socialiste inaliénable. Les hérétiques qui osent l’attaquer prennent le risque d’un schisme avec leurs coreligionnaires.

 

Le travail est la dernière querelle idéologique entre la droite et la gauche. La première veut l’augmenter et en fait la valeur qui redressera la France. La seconde veut le réduire et met tout en œuvre pour réussir son travail de destruction. Elle abolit la défiscalisation des heures supplémentaires pour rétablir la durée légale. Elle abroge la réforme sur la retraite à 62 ans car la vie s’arrête pour eux à 60 ans et non à 80. Elle empile les semaines de congés payés pour inciter les bras de la France à prendre des vacances. On oublie tout alors que quatre heures par semaine et deux ans par carrière ne sont rien pour une personne et tellement pour un pays.

 

Le socialisme est un syndicat de travailleurs corses. Il sponsorise la fainéantise et juge secondaire voire tertiaire l’effort productif pour relever la croissance de la France. Il considère qu’une nation industrielle moderne est un parc d’attraction où on travaille de moins en moins, où on part à la retraite de plus en plus tôt, et où on traite ceux qui font des efforts de plus en plus mal. Il tire le pays vers le bas avec son aquoibonisme qui rabaisse les exigences et qui récompense davantage l’opportuniste que le besogneux. La vaillance de la France qui se lève tôt est taxée moralement et fiscalement. Le fils prodigue a gagné, et on n’en croit pas nos orteils.

 

Le débat ne doit pas dériver sur la stigmatisation des assistés. Il doit surtout condamner cette mentalité oisive qui s’applique même à l’école en considérant que la grande refondation de l’éducation passe juste par une petite réforme des rythmes scolaires. Ce n’est pas la question. Il faut arrêter de ne considérer le travail que comme un supplice qu’il faut s’infliger le moins souvent possible. Ces gens-là croient travailler 35  heures par jour. Il n’y a pas que la qualité de vie au travail, car la qualité de vie passe par le travail. Cela car le travail est avant tout une valeur.

 

Une simple parabole suffit à le raconter. « Il y avait un paysan qui semait son champ. L’effort était dur mais l’homme était heureux car il savait contribuer par son travail à rendre sa vie utile. Un jour, alors que son champ était sur le point de donner du fruit, une grande tornade s’abattit sur la région et ruina toute la culture qu’il s’apprêtait à récolter. Là où d’autres auraient pesté contre le sort et la terre entière, le paysan prit son outil et alla préparer la terre pour la saison suivante. Sans rancœur, il pensait déjà au bonheur qu’il aurait à retravailler la terre ».

 

Tout est dit. Le but dans la vie n’est pas tant de récolter que de semer, de conquérir que de lutter. C’est un combat et le destin de l’homme est de se battre contre son milieu. Pourtant les despotes du droit à la paresse ne laissent pas leurs semblables cultiver leur jardin et travailler tranquilles. C’est superfétatoire. Là où le travail est une source de bonheur et un moyen de se réaliser, eux n’y voient qu’un instrument de la classe dominante pour écraser la classe dominée. La question n’est pas qu’ils ne travaillent pas. Elle est qu’ils n’y mettent pas le même sens.

 

C’est pas des champions. La droite dénoncera cette mauvaise loi des 35 heures qu’elle n’a pas su supprimer en dix ans. Avec la négociation du temps de travail, par branche pour plus de cohérence ou par entreprise pour dépasser le veto de la CGT. Elle luttera contre la fraude sociale que Laurent Wauquiez appelle « le cancer de la société française ». Mais elle a déjà fait le RMA et le RSA pour mettre de l’activité dans le RMI. Elle devra faire évoluer les mentalités de ceux qui abaissent le travail. Ces gens à qui on dit : « Merci, vous avez bien été inutiles ».

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commentaires

TFTF 24/11/2012 20:05

Très pertinent, une fois de plus.

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