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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 08:16

« Ce qui compte en démocratie, c'est d'être les plus nombreux »

 

François HOLLANDE (1954) – Homme politique français et futur président

 

 

 

L’heure du choix approche et vous ne savez pas pour qui voter. Vous avez reçu par courrier les programmes des candidats et ils ne vous ont pas plus passionné que la campagne télévisée. Heureusement, Carbone 12 a lu les professions de foi et va vous aider à faire votre choix. Le bon, de préférence.

 

Allons de l’extrême gauche à l’extrême droite en commençant par Jacques Cheminade. Nostradamus trace son chemin en se réclamant d’idéologies aux antipodes les unes des autres (le gaullisme, le keynésianisme, le socialisme), mais il n’est qu’un parangon et un parent pauvre de Lyndon LaRouche. Son dada c’est dénoncer le capitalisme de casino et promettre l'innovation, le passe-partout du candidat qui part à la chasse aux voix. Mais celui qui avait vu la crise avant tout le monde se perd dans l’exploration spatiale, le repeuplement de la terre et la physique nucléaire qu'il présente comme la panacée alors qu’on n’a pas assez pour les financer.

 

Passons à Nathalie Arthaud, marteau sans la faucille qui fait de l’économie de papier sa première mesure vu qu’elle a entassé le plus de texte possible dans ses quatre pages de papier recyclé. Elle rejoue le coup d’Arlette Laguiller du « Travailleuses, travailleurs » et dénonce le patron exploiteur, le grand capital et la classe possédante. Elle voudrait abolir les licenciements et les délocalisations, mais elle a oublié que le goulag pour les koulaks et les kolkhozes pour les gogols n’étaient plus des solutions viables depuis le rapport secret de Khrouchtchev de 1956.

 

Il y a ensuite Philippe Poutou, qui ne fait pas de poutous aux capitalistes car cet ouvrier de l’automobile (après Olivier Besancenot le facteur) est anti-tout. La crise a engendré la misère - n’exagérons rien - et les banques fomentent le complot de l’austérité pour faire payer la crise aux peuples. Lui propose « de dégager Sarkozy et toute sa bande sans faire confiance au PS », aussi austère et rigoureux. Sa solution : la lutte sociale anticapitaliste, pardi ! Il y a urgence, mais il aurait quand même pu prendre le temps de réfléchir avant de proposer l’interdiction des licenciements, le non-paiement de la dette ou la régularisation de tous les sans-papiers.

 

Au tour de Jean-Luc Mélenchon. Ne Mélenchon pas tout : l'ancien socialiste parachuté chez les cocos n’est pas le Hugo Chavez français. Juste un caractériel qui a vu le bon filon de la crise et qui le tire jusqu’au bout. Il laisse « la place au peuple » et « l’humain d’abord », voulant qu'ils « prennent le pouvoir ». Il abuse d'incantations contre l’Europe austéritaire : le Smic à 1700 euros, la reprise des entreprises par les salariés (on a vu les dégâts à Sea-France), la collectivisation des logements vides, la VIème République, le droit au bonheur (tout un programme), des nationalisations à tire-larigot, une flopée de référendums… Il se pique même d’écologie avec la planification écologique (!), mais le tout manque de réalisme.

 

Et voilà Eva Joly, pas très jolie justement avec son regard bovin et ses lunettes de dinette. Elle dit que l’écologie est « le vrai changement » - un tacle à François Hollande - mais elle a parlé de tout (et de rien) sauf de ça. Elle voulait déverdir les verts mais elle n'a fait qu'obscurcir son message. On retiendra son vœu pieux de transition écologique avec une sortie du nucléaire en vingt ans et on aura du mal à croire que les énergies renouvelables puissent créer 500000 emplois (les guerres aussi en créent). Et elle est trop dans les déclarations d’intention : son programme c’est baisser le chômage sans dire comment elle va faire, limiter le réchauffement climatique à 2°C sans mode d’emploi. Développer les régions et l’Europe fédérale, mais c’est difficile à dire pour une norvégienne.

 

Au suivant. Voilà le gros favori François Hollande, dont on dit qu’il pourrait mettre le pays bas. Il a assez martelé que « Le changement c’est maintenant » pour qu’on ait fini par le croire. Il appelle a voter pour lui (non !) et promet le rassemblement, la justice, la croissance, que des bonnes choses qui nous changeront des cinq dernières années. Suivez son regard. Mais il a quelques mesures-phare : la taxation à 75% des millionnaires, les 60000 enseignants, l’encadrement des loyers, le contrat de génération, la taxation du capital, la renégociation du MES, l’émission d’euro-obligations par la BCE, le non-cumul des mandats... Ses 60 engagements c’est du solide à l’image du personnage, même si c’est très dirigiste. Mais il aurait eu moins peur s'il ne les avait pas révélés tout d'un coup.

 

François Bayrou, la Bernadette Soubirous du centre, fait trop de promesses. Défenseur d’une « France solidaire » qui repose avant tout sur lui, son programme tient en quatre points : le désendettement, le produire en France, l’éducation, et la moralisation de la vie publique. Un peu restrictif pour un programme présidentiel, mais il mise tout sur ses avantages comparatifs. Il faut le croire sur parole car il ne dit pas comment il compte tenir ses promesses. Lui dit qu’il y arrivera, comme Nicolas Sarkozy qui pensait chercher la croissance avec les dents. Il a voulu faire le tour des thèmes, mais on se demande comment il pourrait faire tout ça tout seul sans l'union sacrée qu'il réclame constamment.  

 

Nicolas Sarkozy est de moins en moins sarcastique maintenant que le gibet approche. Il défend crânement son bilan, quitte à piocher des chiffres anecdotiques qui lui donnent raison et cachent la misère des autres. Revoilà le président protecteur qui aurait sauvé les français de la crise. Il défend la « France forte », censée représenter son projet des cinq prochaines années. Mais le rendu est brouillon et se restreint aux thèmes de son mandat (l’identité nationale, la sécurité, l’immigration, l’autorité, le mérite : debout les retraités !) et quelques propositions ridicules (le test de connaissances des valeurs de la république, les sept heures de travaux d’intérêt général pour toucher le RSA, la réduction des frais de notaires). Décevant pour un président sortant, un peu à l’image du quinquennat.

 

Voici Nicolas Dupont-Aignan, Dupont Lajoie qui critique l'état catastrophique du pays. Gaulliste et souverainiste, il propose un protectionnisme intelligent et une sortie concertée de l’euro. Il veut reconstruire l’Etat en rompant avec les grands partis de gouvernement, et par ses propositions farfelues (l’Europe des nations à la carte, le plafonnement du prix du gaz et de l’électricité, la suppression des péages autoroutiers) montre bien qu’il ne compte pas en être.

 

Enfin finissons par Marine Le Pen, qui nous fait de la peine depuis qu’elle n’est plus sûre d’être la troisième femme alors qu’il y a un an elle rêvait de faire subir à Nicolas Sarkozy son 21 avril. Mais le 21 avril c’est aujourd’hui, et c’est pas demain la veille. Peut-être parce qu’elle a arrêté ses jeux de mots hilarants (l’UMPS, Merkozy, les gars de la marine) qui avaient fait briller le FN aux élections cantonales de 2011. Jeanne d’Arc dit « Oui, la France » et le prouve : préférence nationale, lutte contre l’immigration, politique nataliste avec un revenu parental. Elle est moins convaincante quand elle se pique de social ou d’économie (sortie de l’euro, retraite à 60 ans, patriotisme économique à la De Villepin, défense des petits commerces à la Poujade, financement des dépenses de l’Etat par la Banque de France). Mais tout est bon pour se faire élire.

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commentaires

bobdenard49 27/04/2012 19:11

Moi je vote Jacques Cheminade, sans hésiter. Il est trop fort, surtout avec sa fusée pour Mars.

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