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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 22:25

« Si vous avez confiance en vous-même, vous inspirerez confiance aux autres »

 

Johann Wolfgang von GOETHE (1749-1832) – Poète allemand et sûr et certain

 

 

La guerre des chefs est déclarée. François Fillon a déterré la hache de guerre le 30 juin en tweetant sa candidature. L’ancien 1er ministre a invoqué le soutien de Nicolas Sarkozy sans louer son héritage et est sorti de sa réserve après une campagne présidentielle discrète où il en aura surtout émis. Jean-François Copé n’a pas réagi, pas plus qu’à la candidature de NKM qui portera la voix des femmes dans ce duel de mâles dominants. Le match aura bien lieu mais le secrétaire général a un plan en tête pour sauver la sienne et reprendre la main.

 

Il s’est beaucoup investi dans la campagne présidentielle pour ne pas trop montrer qu’il désirait la défaite du président en vue de 2017. Il s’est nettement moins montré au cours de la campagne législative car il devait sauver sa peau à Meaux. Il ne veut pas se déclarer trop tôt, soi-disant pour ne pas rompre la cohésion de l’UMP. Aussi pour dénoncer l’attitude de division de ses adversaires. Il veut attendre la fin août pour la foire d’empoigne et pour lâcher son poste dans le parti. Avant de perdre ce pouvoir, il capitalise et fait campagne aux frais des militants.

 

C’est admirable de voir comment les stratégies des prétendants sont conditionnées par l’état du jeu politique. François Fillon est le challenger et doit attaquer. Jean-François Copé est le sortant et est attaqué. L’un doit rallier des soutiens. L’autre ne doit pas en perdre. Mais le jeu ne détermine pas les joutes. Il est possible d’innover et d’être créatif. En tant que n°1 de l’UMP, Jean-François Copé aurait pu imposer les règles de l’élection comme Martine Aubry le fit avec la primaire socialiste. Il aurait pu imposer ses débats comme quand il fit l’erreur de lancer celui sur l’identité nationale en 2009. C’est même sûrement à cause de ce précédent qu’il n’a pas osé.

 

Dans cette élection, il sera moins question de personnes que de valeurs. François Fillon et Jean-François Copé sont des chefs. Pas encore des leaders. Ils ne peuvent capitaliser sur leurs personnes car ils traînent des casseroles et des ennemis. Alors ils devront embrasser des valeurs actuellement en débat à droite. D’un côté, la droite dure et décomplexée qui a mené la rase campagne de 2012. De l’autre, la droite pure et modérée qui veut revenir aux vraies valeurs au risque de tomber dans la tiédeur centriste. La plus réactionnaire n’est pas celle qu’on croit.

 

L’issue de cette élection n’annonce rien de bon pour la droite. François Fillon a le plus de chances de gagner car il est populaire et consensuel. Mais il ne pourra pas gagner en 2017 pour ces mêmes raisons. La victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 avec un programme de droite assumé l’a prouvé : les français aiment les visions claires et franches. Jean-François Copé pourrait perdre son pouvoir même s’il recommence à compter des soutiens. C’est pourtant lui qui ferait le meilleur candidat pour 2017. Mais il ne serait pas sûr du tout de l’emporter.

 

C’est le choix entre deux inconvénients. D’un côté le candidat plus-que-parfait trop beau pour être vrai. Les médias lui trouveraient forcément des défauts et on irait de déception en déception. De l’autre le candidat de l’imparfait du présent qui ne satisfait personne mais qui a le plus grand potentiel. Songeons que pendant que François Fillon potassait ses dossiers seul à Matignon, Jean-François Copé travaillait le terrain avec son club Génération France.

 

Le pire de tout est à venir. Sauf surprise ou arrangement, l’un des deux sera président de l’UMP en novembre. Cela ne veut pas dire qu’il sera candidat du parti en 2017. Le battu restera une force de contre-proposition et d’opposition interne et l’UMP aura droit à la division due aux ambitions individuelles qui a si souvent sclérosé le PS. Il faudrait une campagne sans coup bas mais celui qui est en bas en donne toujours pour rejaillir. Le mode de scrutin évitera la majorité disqualifiée et les alliances contenteront tout le monde en donnant un rôle à chacun.

 

Les luttes fratricides à droite ne sont pas une tradition. Tout simplement parce que le cas ne s’est jamais présenté. Cela pourrait changer avec ces candidats qui croient de manière égale en leurs chances. C’est là un défaut du parti unique, qui en plus d’épuiser les réserves de voix aux élections tue la tendance centriste de l’UDF et un poste de président dissident de consolation. La contestation est passée à l’intérieur au lieu de l’extérieur. Or des deux droites c’est une droite sûre, respectable et respectée, qui devra s’imposer si la droite veut réussir la reconquête en 2017. Le problème du congrès de novembre, c’est bien ce qui se passera après.

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commentaires

Traineau 38 05/08/2012 14:29

Ce sont de belles intentions, mais ça ne se passera pas comme ça.

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