Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 23:36

« Ce qui compte ce n’est pas le vote, c’est comment on compte les votes »

 

Joseph STALINE (1879-1953) – Dictateur soviétique et qui organise bien les élections

 

 

Nous sommes le 6 décembre 2012. Cela devait être la Saint-Nicolas et un bon jour pour Nicolas Sarkozy. Battu le 6 mai 2012 et sorti de la vie politique, il devait savourer sa victoire par procuration et l’avenue ouverte à son retour par la guerre des chefs. Or son ultimatum n’a rien donné. Ce fut une menace en l’air qui n’a pas dissuadé les deux protagonistes de batailler pour définir la date du prochain vote. Pour feindre de parvenir à un accord, François Fillon et Jean-François Copé multiplient les rencontres et ne se quittent plus. Après les tracts, les tractations.

 

L’ancien 1er ministre a créé son groupe dissident Rassemblement UMP, qui loin de faire l’union sème la division. C’est un parti Fillon. Le nouveau président lui a suggéré une élection en 2014. C’est une proposition qu’il ne pouvait pas accepter tant elle l’aurait mis hors-jeu de la vie politique. C’était le but. « L’autre voyou de la république » (bel hommage) est machiavélique dans le sens noble du terme : il veut le pouvoir et il lutte pour le mériter et le garder. Avec son idée de référendum sur les statuts qu’il aurait convoqué, il s’installait définitivement à son poste.

 

Tout le monde veut rejouer l’élection. Un camp neutre de non-alignés se crée entre tous ceux qui ont d’ailleurs intérêt à y participer pour avoir des chances d’être élu vue l’impopularité irrémédiable des deux garnements. NKM a même lancé la pétition « Je veux revoter », comme si on prenait plaisir à être ridicule. On voit bien qu’une élection dans un parti n’amène que du mal. En démocratie, c’est toujours un tricheur ou un imposteur qui gagne. François Hollande a bien gagné la primaire socialiste. Il ne représentait aucune légitimité au PS à part la sienne.

 

La solution serait de faire juger ce scrutin par une commission des sages, et de le valider. On en revient à Nicolas Sarkozy qui en serait membre de droit. En se montrant trop et trop tôt, l’ancien président a déjà grillé son joker. On ne se refait pas. Il n’a pas résisté aux sirènes des médias et a voulu jouer les héros alors que l’UMP attendait un sauveur. Loin des 100 jours, sa médiation aura duré 10 jours et symbolisé son inefficacité dès qu’il s’agit d’assumer le pouvoir. Dommage, car la droite forte qui se réclame de lui avait laminé la droite sociale et humaniste.

 

Le 16 novembre 2008, Martine Aubry était devenue 1ère secrétaire du PS lors du congrès de Reims face à Ségolène Royal dans des conditions comparables. Mais après une nuit blanche de palabres et de tricheries, elle avait été désignée sans que sa légitimité ne fût remise en cause. Un livre intitulé « Hold uPS » avait raconté par le menu les manigances auxquelles s’était livré son camp. Un souvenir de si sinistre mémoire que le parti a préféré cette année ne pas faire de vote pour désigner Harlem Désir. La même chose arrive à l’UMP avec ses fins de non-recevoir.

 

Jean-François Copé et François Fillon sont deux voix discordantes séparées par la haine. Le premier a fait l’erreur originelle de rester au poste de secrétaire général qui s’il ne lui a peut-être pas servi à triché l’a au moins aidé à rester visible des militants. Le second commet le crime de manier la scission pour faire du chantage et d’obliger le parti à dissoudre les dissidents. Ils ne sont pourtant pas les premiers à se détester et à user des pires procédés pour tenter de gagner.

 

La gauche en recèle. En 1971, François Mitterrand devient 1er secrétaire d’un PS auquel il n’appartient pas grâce à un putsch aux dépens d’Alain Savary au congrès d’Epinay. En 1979, Michel Rocard tente de lui chiper la place et la candidature à l’élection présidentielle de 1981 au congrès de Metz. En 1990, Laurent Fabius et Lionel Jospin s’entretuent avec une animosité rarement vue au congrès de Rennes pour savoir qui serait son héritier. En 2008, Martine Aubry et Ségolène Royal se crêperont le chignon au congrès de Reims pour récupérer un PS blafard.

 

La droite en abuse. En 1976, Jacques Chirac crée le RPR pour monter une machine de guerre contre VGE qui le suivra en créant l’UDF en 1978. En 1990, cet homme qu’on croit si sympathique et qui en fait est un tueur en série qui a du sang sur les mains achève la génération perdue des rénovateurs. En 2006, Nicolas Sarkozy élimine son ennemi Dominique de Villepin de la route à l’Elysée grâce au mouvement anti-CPE. Il veut aujourd’hui jouer les arbitres et les bonnes consciences et désigner le vainqueur moral de l’élection. Or seul l’avenir le dira, pas lui.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

123456789 06/12/2012 10:53

Beau parallèle, même si je ne suis pas tout à fait d'accord.

À Propos De En Rase Campagne

  • : En rase campagne
  • En rase campagne
  • : La politique est toujours en campagne, CARBONE 12 aussi ! Lancé à 100 jours du 2e tour des élections présidentielles de 2012 pour redonner de la hauteur à un débat qui volait bas, EN RASE CAMPAGNE est un blog qui commente la vie politique française.
  • Contact

L'EMPREINTE CARBONE

Projet de loi de finances : se serrer la ceinture ou baisser son froc devant Bruxelles, telle est la question. 

 

Retrouvez tous les billets "L'empreinte carbone" 1 2 3 4 5 6 7 

AU RAS DES PÂQUERETTES

Poisson d'avril de Ségolène Royal : les autoroutes gratuites le week end. Mais qui peut contrôler ce qui se passe dans son cerveau ? 

 

Retrouvez tous les billets "Au ras des pâquerettes" 1 2 3 4

DU CARBONE DANS LA CERVELLE

Entre deux meetings, Nicolas Sarkozy recommence ses conférences grassement payées à l'étranger. Cela pourrait le desservir. 

 

Retrouvez tous les billets "Du carbone dans la cervelle" 1 2 3 4 

Les Idees De En Rase Campagne