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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 01:34

« Je suis simplement un révolutionnaire »

 

Hugo CHAVEZ (1954) – Président vénézuélien et simple de corps

  

 

Nous sommes le 12 octobre 1492. Christophe Colomb redécouvre l’Amérique que les mayas et incas habitaient déjà et que les inuits et vikings avaient exploré avant lui. La civilisation européenne va y exporter la religion et la violence, massacrant les civilisations précolombiennes qu’on a appelé maladroitement les indiens pour ne pas faire de détail. Il s’agit là d’un génocide passible de crime contre l’humanité mais personne ne le reconnait. C’était une autre époque.

 

Nous sommes le 12 octobre 1812. Les peuples d’Amérique latine se soulèvent contre le colonisateur espagnol et gagnent leur indépendance. Parmi les libertadores, il y a Miranda, San Martín et Sucre mais surtout Simón Bolivar. Le général est devenu une icône pour ce continent longtemps dominé par le joug espagnol. Plus que Che Guevara qui tombe en déshérence à cause de la crise du modèle cubain, c’est lui qui rassemble les espoirs des peuples indigènes.

 

Nous sommes le 12 octobre 2012. Toute l’Amérique est dominée par les Etats-Unis, qui règnent sur le nouveau monde avec leurs républiques bananières et leurs services secrets après avoir longtemps subi la colonisation de l’ancien. Toute ? Non, car des dirigeants virulents et insolents résistent encore et toujours à l’envahisseur. Parmi les salvadores, il y a Morales, Castro et Ortega mais surtout Hugo Chávez. C’est super-résistant. Le dernier des bolivariens.

 

No pasarán ! Le président du Venezuela envoie à la merde l’encombrant voisin du nord et c’est là tout son projet politique pour faire oublier l’absence de liberté dans son pays. Il veut faire de l’Amérique du sud un mouvement de non-alignés qui résiste aux Yankees. La pression sur le prix du pétrole fragilise l’ennemi. Le cône sud est un début d’indépendance économique. La banque du sud vise à la généraliser. Gérard Majax des relations diplomatiques, le chef d’Etat réélu sans triomphe a réussi à remettre de la magie dans un continent qui n’avait plus d’illusion.

 

La dictature y est la règle. Les militaires Perón et Videla ont fait la loi en Argentine. Le général Pinochet a écrasé le Chili jusqu’en 1990 après le coup d’Etat de 1973 contre Allende. Le Cuba de Fidel Castro n’a jamais été le modèle de démocratie du paradis socialiste attendu. Les dirigeants actuels jouent sur la mystique de Simón Bolivar pour légitimer leur pouvoir. Evo Morales porte un poncho en Bolivie. Ollanta Humala joue les durs en Equateur. Rafael Correa exproprie les riches en Equateur. Réveille-toi Christophe Colomb, ils sont tous devenus fous !

 

C’est du populisme mais c’est efficace. Il faut redonner de la fierté au peuple, ce héros. Jean-Luc Mélenchon n’utilise pas d’autre artifice quand il mobilise l’imagerie d’extrême gauche en France pour dénoncer l’Europe austéritaire et réclamer une place au peuple. Seuls quelques gouvernements libéraux subsistent dans ce paradis de l’anarchie. Le Brésil est un modèle de développement même si Lula a aidé les riches plus que les favelas. Le Chili est un exemple de démocratie que ce soit sous la gauche de Michelle Bachelet ou la droite de Sebastián Piñera. La Colombie suit cette voie même si les terroristes des FARC font régner la violence dans les bois.

 

Ces pays ont conclu une alliance de raison. Ils sont différents, mais leur intérêt est de ne pas trop dépendre des Etats-Unis. Ils font donc bloc et commerce avec l’Europe et la Chine car il est rationnel de dépendre de plusieurs partenaires plutôt que d’un seul. C’est le prix de l’indépendance. Cela donne une valeur intrinsèque. En terrain mouillé, ce n’est pas gagné : les cartels de la drogue font leur loi au Mexique et paralysent le développement de la région.

 

Le projet d’Hugo Chávez est sans programme. C’est avant tout un mot d’ordre et une référence historique. En rappelant le bon souvenir de Simón Bolivar, il réalise un coup d’éclat plus qu’un coup d’Etat ce qui est pourtant une tradition au pays des pronunciamientos et des putschs. Le problème, c’est que personne ne se souvient du vénérable libérateur car rares sont ceux qui l’ont connu à être encore vivants. Le cancer du leader vénézuélien symbolise le déclin de cette ambition qui a vécu. Pour résister aux Etats-Unis et à l’Amérique du nord, il aurait fallu d’entrée unir les Etats d’Amérique du sud. Ce 12 octobre est un bon jour pour y repenser.

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commentaires

Javert 12/10/2012 13:39

Il faut quand même saluer les progrès du Vénézuela sur le plan social. Chavez ce n'est pas qu'un dictateur, c'est aussi un dirigeant qui aime son peuple. Lui.

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