Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 09:05

« L’allemand ? C’est la langue que je parle avec mes chevaux »

 

Frédéric II de Prusse (1712-1786) – Roi de Prusse et faux allemand

 

Dans un essai que tout le monde a oublié intitulé « L’Allemagne au-dessus de tout », le sociologue Émile Durkheim analysait les fondements de la soi-disant supériorité allemande. Et concluait que l’Allemagne était plus forte militairement du fait de sa culture nationale. Le fameux orgueil allemand, aujourd’hui plus que jamais flatté. L’Allemagne est le modèle à suivre. Son gouvernement est populaire et respecté. Sa société est sereine et multiculturelle. Son économie est saine et performante.

 

Il n’y a donc pas qu’au football que les allemands nous font la leçon. L’Allemagne est le pays n°1 en Europe. Première puissance démographique, avec ses 80 millions d’habitants. Première puissance économique, avec son négoce extérieur amplement excédentaire. Et désormais première puissance politique, tant la France a déserté le champ de bataille. On ne peut pas être le moteur de l’Europe et cumuler à ce point déficits budgétaires et commerciaux. Or si on vote FN aux élections européennes…

 

La France est rétrogradée aux yeux de l’Allemagne derrière d’autres pays qui tels l’Italie ou l’Espagne ont fait les efforts qu’il fallait pour retrouver la compétitivité. Il va falloir négocier avec l’Allemagne et sa rigide chancelière, sa conservatrice presse et sa bien fidèle commission de Bruxelles qui surveille comme le lait sur le feu la dette française. On serait tenté de voir dans cette mise sous tutelle une humiliation insupportable. L’origine de tous nos maux. Un appel à la xénophobie. Le problème est pourtant chez nous, dans notre incapacité à nous réformer et notre inculture économique. La crise était là avant la crise : croissance molle, déficit structurel, chômage de masse. Plus qu’économique, elle était politique, sociale et morale.

 

Au revoir, Angela !

 

Le satisfecit attribué par Angela Merkel à Manuel Valls sur les « impressionnantes » réformes engagées n’y changera rien. La France est l’homme malade de l’Europe. Engoncée depuis quarante ans dans son addiction à la dépense publique et son aversion au travail, elle paie de ne pas avoir fait les réformes comme l’Allemagne de Gerhard Schröder dans les années 2000. La croissance était au plus bas. Il n’a fallu que quelques années pour relever la tête. Un encouragement à faire de même.

 

Finalement, Angela Merkel aura surtout profité du travail de son prédécesseur. Elle s’est contentée de préserver l’acquis, avec une rigidité et une rigueur qui confinent parfois à l’immobilisme et ont pu lui faire commettre des erreurs. Contrairement à un Nicolas Sarkozy qui parvint à lui imposer la garantie sur les dépôts bancaires au plus fort de la crise, elle est plus douée pour le management du quotidien que pour la gestion de crise. C’est ce qui lui vaut sa longévité au pouvoir et sa popularité.

 

C’est vrai qu’il est plus facile de diriger un pays de moutons qui ne descend jamais dans la rue. Angela Merkel va se retirer par la grande porte en 2017 et les sociaux-démocrates s’amendent déjà pour défendre son héritage. Nous devrons être là pour reprendre les négociations. Non tels des adversaires où l’un implore l’autre, mais tels des partenaires parlant d’égal à égal. L’Allemagne est un fait, pas un choix.

 

Le modèle allemand a vécu. Il est menacé par le vieillissement de sa population. Il se nourrit de la baisse des salaires et des travailleurs pauvres. Il prospère surtout sur le mercantilisme le plus cupide, consistant à faire des excédents commerciaux sur le dos de ses partenaires et à exploiter la main d’œuvre à bas coût de l’Europe de l’est. Un jeu peu coopératif qui mériterait bien des concessions sur la politique économique de la zone euro. François Hollande avait fait le rapprochement avec la Première guerre mondiale et le devoir pour l’Allemagne d’aider ses voisins après leur avoir fait tant de mal en 1914. C’est bien de cela dont il s’agit. L’Allemagne paiera.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

À Propos De En Rase Campagne

  • : En rase campagne
  • En rase campagne
  • : La politique est toujours en campagne, CARBONE 12 aussi ! Lancé à 100 jours du 2e tour des élections présidentielles de 2012 pour redonner de la hauteur à un débat qui volait bas, EN RASE CAMPAGNE est un blog qui commente la vie politique française.
  • Contact

L'EMPREINTE CARBONE

Projet de loi de finances : se serrer la ceinture ou baisser son froc devant Bruxelles, telle est la question. 

 

Retrouvez tous les billets "L'empreinte carbone" 1 2 3 4 5 6 7 

AU RAS DES PÂQUERETTES

Poisson d'avril de Ségolène Royal : les autoroutes gratuites le week end. Mais qui peut contrôler ce qui se passe dans son cerveau ? 

 

Retrouvez tous les billets "Au ras des pâquerettes" 1 2 3 4

DU CARBONE DANS LA CERVELLE

Entre deux meetings, Nicolas Sarkozy recommence ses conférences grassement payées à l'étranger. Cela pourrait le desservir. 

 

Retrouvez tous les billets "Du carbone dans la cervelle" 1 2 3 4 

Les Idees De En Rase Campagne