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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 09:36

« Quand le moment est venu, l’heure est arrivée »

 

Raymond BARRE (1924-2007) – Ancien Premier ministre et économe rigoureux

 

Encore un échec annoncé par le sinistre des finances Michel Sapin. Le déficit public de la France sera à la hausse en 2014, à 4,4 % du PIB. L’objectif des 3 % est reporté à 2017. Ce qui fait 2000 milliards d’euros de dette, soit 100 % du PIB. La stratégie socialiste de hausse des impôts sans baisse des dépenses a donc échoué : l’absence de croissance a empêché que les rentrées fiscales soient au rendez-vous. La France est incurablement incapable de tenir ses comptes en ordre. Il faut donc les régler.    

 

 

 

Les premiers accusés sont les socialistes. En niant la réalité de la crise, la gauche nous a fait perdre deux ans. Elle hésite même à entreprendre une énième relance keynésienne dont on sait qu’elle ne ferait qu’alimenter les importations. Et dire que les frondeurs parlent d’austérité, alors qu’on fait exactement l’inverse en baissant les charges des entreprises. Mais leur discours prend, le mot rigueur étant tabou dans ce pays depuis le tournant de 1983. Mais à l’heure des comptes, il faut remercier tout le monde : nos politiques, nos médias, et les français eux-mêmes.

 

Tous aussi incapables, incompétents et irresponsables. La crise aurait pu être une chance historique de se réformer et d’arrêter de vivre à crédit et au-dessus de nos moyens. Mais au lieu de faire les efforts ensemble, chacun a préféré mourir seul et ne pas abandonner ses avantages. La France est le pays européen qui a le moins fait pour maîtriser ses dépenses publiques. Regardez les efforts de l’Espagne, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, de la Grèce, du Portugal… On a accusé la règle des 3 % de tous nos maux, alors qu’elle était le meilleur remède à nos propres insuffisances.

 

Droite et gauche sont responsables. Tour à tour, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont chacun rajouté 30 milliards d’euros d’impôts nouveaux sur le dos des français. D’où un ras-le-bol fiscal bien légitime, dans un pays où la question devient sujette à jacqueries et où on ne voit pas que trop d’impôt affaiblit les forces vives de l’économie réelle et nos chances de s’en sortir. Il aurait fallu tout changer, et réviser un modèle social sacralisé qui date de 1945 et qui n’est plus adapté aux exigences du XXIe siècle. Un modèle où l’on vit pour dépenser au lieu de dépenser pour vivre.

 

Dépenser pour vivre et non vivre pour dépenser

 

Faute d’avoir eu le courage de dire la vérité, il faudra enfin avoir celui de faire les grandes réformes. En espérant que ce ne soit pas trop tard, alors qu’il ne faut pas aller trop vite vues la déflation et la faible croissance en Europe. Or le danger est là. La note de la France peut être dégradée à tout moment. Les taux d’intérêt vont remonter après avoir été si bas grâce à la crédibilité de la zone euro. La politique monétaire accommodante de la BCE de Mario Draghi donne ses derniers effets.

 

Les réformes qui s’imposent, c’est baisser les impôts. Il faut rétablir un climat de confiance dans l’économie et restaurer notre compétitivité commerciale. Puis ne plus y toucher : l’instabilité est le pire ennemi de l’investissement. Les réformes qui s’imposent, c’est réduire les dépenses. Avec une réforme de l’État et un bilan sur quelles sont ses missions essentielles. Vaut-il mieux se concentrer sur une police et une école performantes ou vouloir faire un peu tout au risque de faire un peu tout mal ? Tout le monde dit que les français souffrent de la crise, mais les seuls qui en souffrent vraiment ce sont les chômeurs qui ont perdu leur emploi à cause d’elle.

 

Ce ne sera pas facile. La patience de Bruxelles et de Berlin a atteint ses limites. Surtout celle de Berlin. Depuis des années, la France promet qu’elle va mettre de l’ordre dans ses finances. De rabais en délais, elle a toujours repoussé l’échéance. On voit mal comment elle le pourrait de nouveau, avec au commissariat à l’euro un Pierre Moscovici sous tutelle qui a échoué lui-même à Bercy et des annonces de Manuel Valls sur les petites retraites et la première tranche de l’impôt sur le revenu qui sonnent comme des provocations. La France est isolée, dénigrée, vassalisée. Sous tutelle. Il faut qu’on se résolve à faire des efforts et des sacrifices. Et cesser de se plaindre dès que ces efforts et ces sacrifices nous concerneront personnellement.

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