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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 02:45

« A-t-on déjà vu le destin s’intéresser à des phrases négatives ? »

 

Jean GIRAUDOUX (1882-1944) - Ecrivain français et pensée positive

 

 

L’homme ne fait pas l’histoire mais c’est l’histoire qui le fait. Et un jour elle tombe sur certains par hasard. Cette année elle a élu François Hollande, homme normal et président en devenir. Avant il était gros. Maintenant il est président. En voilà un qui a surpris tout le monde et réussi le hold-up parfait. « Franchement vous imaginez François Hollande président de la république ? On rêve », dirait Laurent Fabius qui comme les autres nage en plein délire.

 

C’est une belle revanche pour le président du Conseil général de la Corrèze, longtemps affublé de tous les quolibets et noms d’oiseaux du bestiaire. Babar, Flamby, la fraise des bois, Mimolette, le capitaine de pédalo. Il a remisé l’orgueil au vestiaire et encaissé, même les avis cruels des socialistes. Arnaud Montebourg : « Ségolène Royal n’a qu’un défaut, c’est son mari ». Ségolène Royal : « Son défaut c’est l’inaction. Il n’a rien fait en trente ans de vie politique ».

 

C’est son instant de grâce. Le garçon de café de Lionel Jospin a commis une campagne sans erreur, incarnant parfaitement les aspirations du pays au respect, à la dignité et au calme après la présidence proportionnellement inverse de Nicolas Sarkozy. Il ne fait rien dans l’excès, a des petites blagues sympas et est proche des gens car il les aime, témoin ses adieux à Tulle. Il est modeste jusque dans son désir de garder le même appartement, mais il prend trop l’avion.

 

C’était le « moment Hollande » et il le savait. Il avait senti que le pays ne cherchait pas un homme qui le fasse rêver mais un rassembleur qui ne clive pas. Il avait trop d’avance dans les sondages et il l’a gérée comme un notaire, se contentant de suivre les coups et les à-coups de son rival plutôt que de chercher à en faire. Maintenant qu’il est élu, tout le monde va le lécher avant de le lâcher puis de le lyncher. Prenons de l’avance et lançons les premières critiques.

 

François Hollande est lui-même un homme qui critique, il l’a fait pendant onze à la tête du PS. Un homme négatif voulant une opposition constructive et faisant tout le contraire. Un homme qui ne fait pas l’effort et n’a rien à dire pour sa défense. « Arrêtez de dire que Hollande travaille ! Il ne fait rien », s’étrangle Martine Aubry. Un homme qui ne propose rien et ne sait pas dire non quand il n’est ni pour ni contre, témoin son abstention lors du vote sur le foulard.

 

Et dire qu’il devra prendre des tas de décisions. Qu’a-t-il à dire pour sa défense ? Rien. Normalement, avoir un bilan est un atout car cela montre qu’on a des responsabilités. Mais en matière de bilan, il a plutôt un dépôt de bilan tant l’héritage qu’il a laissé est faible et mérite peu qu’il s’en vante ou qu’il le vende. « Nous faisions collectivement pitié », tâcle Martine Aubry.

 

C’est un robinet d’eau tiède qui ne s’engage sur rien et ne prend aucun risque. Durant la campagne, il a beaucoup freiné ses partisans qui voulaient durcir la campagne à gauche. A quoi bon attaquer puisqu’il avait la main ? Il ne faudrait pas qu’il la perde car à présent il va devoir prendre des initiatives et ce n’est pas son fort. Il n’en est pas fan mais il n’est qu’un avatar de plus de François Mitterrand : cynique par nature, social par convenance et centriste par facilité.

 

Il faut entendre l’inverse de ce qu’il dit car il est l’inverse de ce qu’il fait. C’est l’homme en négatif. Il joue les modestes mais il connait ses intérêts. Il dit qu’il ne change jamais d’avis mais c’est parce qu’il n’en a pas. La gauche le croit mou et combinard et la droite dit qu’il a le caractère et le charisme d’un beignet. Or il est fuyant comme une anguille, facile à comprendre et difficile à saisir. C’est Monsieur Ouine, l’anti-héros mou et volatile de Georges Bernanos.

 

Il est un digne représentant de plus du « ni-ni », cette tradition bien française consistant à être d’accord avec tout pour n’être en conflit avec rien et à réfléchir tout le temps pour ne se décider jamais. Jules Méline disait « ni réaction ni résolution ». François Mitterrand disait « ni privatisation ni nationalisation ». François Hollande dira « ni rigueur ni endettement ». C’est finalement un homme politique comme les autres. Bien peu honnête pour être président.

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commentaires

MJS 54 18/05/2012 16:16

Prise de position totalement partiale ! Les sarkozystes faut arrêter à un moment, vous avez perdu.

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