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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 09:00

« C’est un sucre dans un verre d’eau. Il va se dissoudre au contact de la réalité »

 

Nicolas SARKOZY (1955) – Ancien président et critique de l’actuel

 

On ne sait pas si c’est la faute à l’air d’accordéon joué au soir de sa victoire, mais il ne fait que pleuvoir depuis que François Hollande est président. À son investiture, où déjà il s’en prenait plein la gueule. Lors de l’été 2012, plus pourri que l’été 2014 bien que concurrencé par l’été 2013. Sur l’Île de Sein, où on dit qu’il ne pleut jamais sauf quand le président vient y faire un discours. Cette pluie qui le rend parfois si ridicule est aussi à l’image de l’état d’esprit du pays : peu enthousiaste et agité.

 

Il faisait meilleur du temps de Nicolas Sarkozy. Autrement plus énergique, l’ancien président avait déçu et on s’attendait à ce que François Hollande fasse mieux. Or surprise, il fait la même chose mais en pire. Il a toujours fait pire partout où il est passé, même comme chef de parti. Quand on se regarde on se désole, quand on se compare on se console. On va donc comparer Nicolas Sarkozy et François Hollande, non plus bilan contre projet comme en 2012 mais bien bilan contre bilan.

 

Premier point, la personnalité. Nicolas Sarkozy est vite devenu impopulaire à cause de son hyperactivité médiatique. François Hollande l’est devenu encore plus vite et plus gravement à cause de son immobilisme politique. L’un était trop clivant et trop vulgaire. L’autre est sans charisme ni autorité. Tous deux ont été dénigrés par leur camp. Tous deux ont été moins populaires que leur 1er ministre. Tous deux ont eu des problèmes de vie privée étalée sur la place publique. Mais à chaque fois, c’est allé plus loin et plus profondément avec François Hollande. Sarkozy 1, Hollande 0.

 

Deuxième point, les performances économiques. Nicolas Sarkozy n’a pas réussi à sortir la France de son déclin mais il avait l’excuse de la crise. François Hollande lui a nié la crise avant de l’aggraver. Un demi-million de chômeurs en deux ans, voilà son bilan. Or il a détricoté les rares bonnes mesures prises par son prédécesseur durant ses 100 premiers jours alors qu’il n’a strictement rien fait des siens. En 2008, la France a été mise en danger par la crise du monde. En 2014, c’est la crise de la France qui met le monde en danger. Le constat est là. Sarkozy 2, Hollande 0.

 

Hollande fait comme Sarkozy, mais en pire

 

Troisième point, le climat social. Le pays nourrissait un immense espoir de rupture en 2007 que Nicolas Sarkozy a finalement déçu. C’est le grand reproche qu’on peut lui faire : ne pas toujours être allé assez loin et parfois ne pas être allé du tout. Par contre le pays n’a jamais été en proie à la violence, malgré un comportement pas toujours exemplaire. François Hollande lui n’a pas été élu sur son programme de changement en 2012, vu qu’il n’était « pas génial ». Il a été élu sur l’antisarkozysme, certes relatif puisque l’élection s’est jouée à 50-50. Aujourd’hui il paie dans la rue la colère contre son inaction et le mariage homosexuel. Sarkozy 3, Hollande 0.

 

Quatrième et dernier point, l’efficacité de la politique. Nicolas Sarkozy a beaucoup promis en 2007 et finalement peu fait, se contentant de demi-mesures comme sur la réforme des retraites ou les 35 heures. Il a déçu son camp en menant parfois la politique de l’adversaire au nom d’une ouverture qui se voulait démocratique. Il a beaucoup pioché et zappé, sans vision claire de son quinquennat. Là aussi François Hollande fait comme Nicolas Sarkozy, mais en pire. Il s’est tout bonnement assis sur son programme électoral pour faire exactement l’inverse. Libéral un jour, socialiste le lendemain, menteur toujours et toute sa vie. Sarkozy 4, Hollande 0.

 

Le score est sans appel. La dernière fois qu’une telle comparaison a été faite, c’était par François Hollande avec son anaphore « Moi président ». Depuis, le Pingouin a montré qu’il pouvait faire pire que Raymond. Voilà ce qui arrive quand on n’a pas de goût, et qu’on préfère le pâté au foie gras et la pluie au beau temps. Il n’est pas trop tard pour réussir le quinquennat et enfin mener des mesures courageuses alors qu’il en manque tant. Après tout, foutu pour foutu, ce serait le seul moyen d’espérer gagner au jeu de la comparaison en cas de nouveau duel en 2017.

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