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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 09:18

« Les français mangent du coucous et des merguez, l’intégration est réussie »

 

Jean-Luc MÉLENCHON (1951) – Homme politique et brève de comptoir

 

Le thème de l’identité revient à la mode ces derniers temps. Alain Finkielkraut parle d’identité malheureuse en déplorant le recul voire le remplacement de nos valeurs et de notre histoire par l’immigration et l’islam. Alain Juppé lui répond par l’identité heureuse, vision dialectique d’une identité nationale qui s’épanouirait dans l’apport extérieur d’autres cultures. Doit-on se résigner à être coincé entre le conservatisme islamophobe et l’optimisme bébête ? Ni identité malheureuse ni identité heureuse, il faut renoncer à ces deux identités peureuses pour affirmer l’identité valeureuse.

 

L’identité malheureuse c’est celle qui a peur de l’autre et qui ne veut pas changer. Elle considère que l’identité c’est ce qu’on est et ce qui doit rester identique alors que c’est ce qu’on veut et ce qui permet de s’identifier. Elle croit plus dans les frontières que dans les échanges et construit plus de murs que de ponts. C’est une identité imposée telle une punition, comme au XIXe siècle quand les régionalismes furent matés par la république naissante. C’est ce modèle qu’on pleure aujourd’hui quand  on loue la préférence nationale et la France aux français. Du racisme Canada Dry.

 

L’identité malheureuse c’est celle de la France gauloise et grivoise du saucisson et du vin rouge qui craint la mondialisation et le cosmopolitisme. Une France profonde paralysée par l’immigration arabe qui lui rappelle l’invasion musulmane naguère stoppée par Charles Martel à Poitiers. Le sujet est pourtant plus sérieux. Une belle occasion de parler d’identité nationale avait été manquée lors du débat éponyme de 2009. Il n’avait été question que d’immigration et de communauté musulmane. De stigmatiser et non de réconcilier. Un colloque de l’Action française façon Buisson.

 

Pas d’intégration sans vision

 

L’identité heureuse c’est celle qui considère que la France a toujours été un pays d’immigration et qu’au nom de cette croyance elle est condamnée à accueillir toute la misère du monde. Elle voit comme une défaite acceptée que la France de demain sera métisse. Or on n’intègre pas aussi facilement en période de crise qu’en période d’abondance. Les italiens, polonais et portugais s’étaient intégrés car la France était riche et qu’ils s’étaient fondus dans le creuset national. Les algériens, marocains et tunisiens eux sont arrivés pendant les 30 piteuses et n’ont pas fait l’effort. Il n’y a qu’à regarder les prénoms. Julien Ferrara ça sonne français. Pas Mahmoud Dubois.

 

L’identité heureuse c’est celle qui n’exige rien de l’immigré et qui oblige le français à renoncer à ce qu’il est pour accueillir l’autre. Elle a abandonné l’intégration parce que l’assimilation était trop dure à faire. On ne pouvait pas demander à l’immigré de renoncer complétement à lui-même. Résultat : le communautarisme et la haine de la France prospèrent dans nos banlieues. L’intégration c’est intégrer ceux qui manquent. Mais la France n’est pas une page blanche. Elle a commencé avant nous et continuera après nous. Elle a une histoire. Il faut la raconter, même si ce n’est pas une raison pour oublier tout de sa propre histoire ou tout accepter en bloc.

 

L’identité valeureuse c’est être patriote et fier d’être français. C’est vouloir vivre dans une même nation pour faire des choses ensemble. Le problème de l’intégration en France c’est qu’on ne sait plus à quoi il faut s’intégrer. Même les français ne savent plus ce qu’est « être français ». Le vieux pacte républicain est vide pour ceux qu’on prétend accueillir car on les force à s’intégrer à quelque chose qui n’est ni défini ni défendu. Il n’y a plus d’intégration car il n’y a plus de vision d’un destin commun et d’un dessein collectif. Il faut se connaitre pour se reconnaitre. L’échange prendra le pas sur la dispute si l’acceptation de l’autre est précédée par la connaissance de soi.

 

L’identité valeureuse c’est celle qui a le courage de séduire ses nouveaux arrivants. La France est un pays qui s’est toujours relevé, même après les pires moments de son histoire. Elle a toujours défendu sa vision du monde, lequel en retour a toujours admiré l’esprit français. Il faut donc se renouveler pour en rester digne. Proposer une vision qui allie tradition de la France éternelle qui ne bouge pas et invention de la France de demain qui sait changer. Il est temps de se mettre au travail, afin de définir les nouveaux symboles et valeurs de cette France valeureuse du XXIe siècle.

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