Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 23:11

« Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés »

 

Georges CLEMENCEAU (1841-1929) – Homme politique français et big moustache

 

 

La guerre des chefs devait en donner un à la droite, or elle est orpheline. Ou du moins elle en a deux. Jean-François Copé est président proclamé de l’UMP mais personne ne le croit. Il n’avait pas le droit de gagner et c’était plié. Annoncé battu, il s’est débattu à force de courage et il a fini par gagner. Voilà pourquoi il est désormais l’homme à abattre. François Fillon dit à qui veut bien l’entendre qu’on l’a volé et que le dépouillement l’a dépouillé de sa victoire tant annoncée. Alors il a créé le Rassemblement UMP, ce groupe parlementaire qui crée la division.

 

Bientôt le R-UMP deviendra un demi-parti autonome au même titre que l’UDI. Sauf si les élus de terrain s’agacent ou se lassent et retournent dans leurs fiefs locaux avant des élections municipales qui ne sont pas gagnées. S’ils ont leur mandat en jeu, les maires qui sont également députés devraient vite cesser de suivre dans son aventure l’ancien 1er ministre à qui on promet d’ailleurs en compensation une candidature à la mairie de Paris. Un lot de consolation qui ne lui fera pas oublier qu’avec sa défaite, il s’est certainement sorti de la vie politique nationale.

 

Jean-François Copé a mérité sa victoire car il était le mieux préparé. Il a marché sur ses deux jambes avec sa présence dans les médias et son goût pour les réseaux là où on adversaire ne manie ni les uns ni les autres. Avec son talent pour la victimisation, il a bien dénoncé l’élite bienpensante parisienne comme à l’époque de la fracture sociale. C’est bien un bébé Chirac. Avec son bagou et son verbe, il a livré sa part de vérité et recommence à parcourir la France avec un véritable exercice d’autojustification. Il n’arrêterait jamais. Même s’il le voulait.

 

Ce libéral à la Alain Madelin qui à ses débuts voulait incarner la droite moderne cheffe excellemment. Il ressemble étrangement à l’homme que la droite pleure aujourd’hui, Nicolas Sarkozy. Le même culot et le même orgueil qui les fait désespérer de trouver quelqu’un de plus prétentieux qu’eux. La même ambition et la même hargne qui les fait rêver d’être président depuis qu’ils sont tout petits. La même idée et la même aptitude à en changer qui les fait utiliser la tactique Buisson quand les circonstances l’exigent mais sans toujours penser ce qu’ils disent.

 

Les militants rêvent sans se rendre compte du désastre que cela donnerait d’un éventuel retour de Nicolas Sarkozy. C’est comme la résurrection de Jésus : personne n’y croira jusqu’à que cela arrive. Mais cela n’arrivera jamais. L’ancien président ne sera pas le futur président car il est très difficile de revenir dans la vie politique quand tout le monde fait tout pour que vous restiez mort. Si Nicolas Sarkozy veut revenir, il ne pourra s’appuyer que sur son nom et non sur le parti or on voit ce que cela donne quand les conflits d’hommes dépassent les conflits d’idées.

 

François Fillon et Jean-François Copé disent et pensent la même chose, or ils font leur parti chacun dans leur coin. Cela donnerait la même chose entre le retraité du Cap Nègre et ce dernier si leurs chemins venaient à se recroiser. Ce serait comme lors de leur entretien pour dénouer la crise à l’UMP : un tête-à-tête avant le tête-à-queue. On voit bien que l’indispensable Monsieur Sarkozy ne réussit pas toujours ce qu’il tente, loin de là. Il aurait d’ailleurs mieux fait de rester sur sa réserve au lieu de venir nous rappeler l’inefficacité dont il sait faire preuve.

 

Il est aussi indispensable et irremplaçable qu’insupportable et indisciplinable. Il n’aime jamais mieux les gens que quand ils l’encensent, or c’est à la manière dont il réagit quand on le critique qu’on reconnait un grand homme. Ce n’est que dans les grandes situations qu’on les reconnait. Or il a vu passer la crise comme les autres sans jamais avoir été au-dessus du lot. Il aurait bien voulu cinq ans de prospérité sans avoir à faire d’efforts pour avoir un mandat rêvé. Mais même avec son bilan en forme de boulet, il n’a jamais cessé de n’admirer que lui-même.

 

Jean-François Copé ressemble beaucoup à Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas pour rien que Marianne lui a transmis le titre honorifique mais peu honorable de « voyou de la république » et que la presse lui réserve le traitement qu’elle réservait il n’y a pas si longtemps au président bling-bling. Il devra donc se comporter autrement, si on ne veut pas que la droite tende l’autre joue à la gauche. Sa posture devra être celle de la droite modeste : sûre d’elle-même et non trop sûre d’elle. Tout ce que n’incarne pas celui qui n’est jamais que le battu de la dernière élection.   

Partager cet article

Repost 0

commentaires

À Propos De En Rase Campagne

  • : En rase campagne
  • En rase campagne
  • : La politique est toujours en campagne, CARBONE 12 aussi ! Lancé à 100 jours du 2e tour des élections présidentielles de 2012 pour redonner de la hauteur à un débat qui volait bas, EN RASE CAMPAGNE est un blog qui commente la vie politique française.
  • Contact

L'EMPREINTE CARBONE

Projet de loi de finances : se serrer la ceinture ou baisser son froc devant Bruxelles, telle est la question. 

 

Retrouvez tous les billets "L'empreinte carbone" 1 2 3 4 5 6 7 

AU RAS DES PÂQUERETTES

Poisson d'avril de Ségolène Royal : les autoroutes gratuites le week end. Mais qui peut contrôler ce qui se passe dans son cerveau ? 

 

Retrouvez tous les billets "Au ras des pâquerettes" 1 2 3 4

DU CARBONE DANS LA CERVELLE

Entre deux meetings, Nicolas Sarkozy recommence ses conférences grassement payées à l'étranger. Cela pourrait le desservir. 

 

Retrouvez tous les billets "Du carbone dans la cervelle" 1 2 3 4 

Les Idees De En Rase Campagne