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6 décembre 2012 4 06 /12 /décembre /2012 23:51

« Tout afflue à Paris »

 

Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778) – Philosophe genevois et je ne vois rien

 

 

Paris vaut bien une messe, comme dirait l’autre. Les élections municipales n’ont lieu qu’en 2014, mais déjà tous les prétendants sont sur la ligne de départ et se sont pour la plupart portés candidats. A droite, ils sont déjà quatre à prétendre remporter la primaire pour désigner le champion de l’opposition locale : Chantal Jouanno, Claude Goasguen, Pierre Lellouche et Rachida Dati. A gauche, Bertrand Delanoë a déjà annoncé qu’il renonçait à son sceptre et a mis sur orbite la belle Anne Hidalgo pour lui succéder. L’élection est pourtant loin, d’être gagnée.

 

En 2001, Yves Jeuland avait signé un documentaire sur la campagne pour la prise de la ville qu’il avait très justement nommé « Paris à tout prix ». La gauche y avait alors gagné pour la première fois, profitant de la division suicidaire de la droite. Philippe Séguin s’était présenté contre le maire sortant Jean Tiberi. L’un a péri corps et biens, l’autre a été mis en examen pour abus de biens sociaux. C’est cette balkanisation qui attend l’UMP si elle n’élit pas vite son chef.

 

Normalement Paris est un boulevard imprenable et imperdable pour la droite. Lors des premières élections municipales de l’histoire dans la ville en 1977, elle s’était même permis de présenter deux candidats avec Michel d’Ornano et Jacques Chirac. Celui-ci gagnera plusieurs grands chelems avant son élection à la présidence de la république en 1995. Avec des hommes comme Alain Juppé et Jacques Toubon et des arrondissements comme le Ve et le XVIe, il ne pouvait que conserver son titre malgré l’absence de grands travaux et un ronronnement à la fin.

 

Depuis tout a changé. La gauche a bien bossé avec Lionel Jospin et Daniel Vaillant. La droite s’est bien sabordée avec tant d’ambitions et si peu de talent, la dernière candidature de Françoise de Panafieu lui ayant fait toucher le fond avec les accusations de « tocard » contre l’adversaire. Mais surtout, la ville a changé dans sa structure sociologique. Elle s’est boboïsée et recèle d’électeurs le cœur sur la main et le portefeuille au fond de la poche. Comme Lyon ou Toulouse, Paris ne sera pas facile à gagner en 2014 tant elle est devenue un terrain hostile.

 

Ce n’est pas avec la politique d’endormissement menée par le socialisme municipal que les choses vont bouger. Comme dans les autres villes françaises, Bertrand Delanoë a trouvé le moyen de récompenser ses électeurs sans dépenser d’argent. Il s’est allié aux verts pour mener des projets sans envergure. Il prône les modes de transport doux avec le Vélib. Il fait du centre-ville un musée sans voitures et sans vie où le pollueur est forcément payeur. Il repousse les grandes surfaces pour laisser les petits commerces de la Belle Epoque bercer la ville dans sa vieille et laide mystique montmartroise, surtout les clubs de strip-tease et les meneuses de revue.

 

Paris est une ville qui s’endort. On laisse le privilège à l’armée mexicaine de prétendants de droite dire que c’est la faute de la gauche. Qui risque de repasser en 2014 si ces compagnons de déroute ne s’unissent pas vite sous le même étendard. La majorité actuelle continuera cette politique indolore et insignifiante car la différence entre Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë, c’est que l’une est superficielle et l’autre aussi. Elles ne veulent qu’un hochet, deux galons et trois barrettes au lieu de changer le monde et la ville. Il est temps de laisser la place à d’autres.

 

L’UMP doit mener une thérapie de groupe et cela passe par la désignation d’un chef. Les candidats déjà déclarés n’osent pas dire qu’ils ne sont que des pions avec lesquels on joue. Ils sont les sous-fifres du leader que tout le monde attend mais qui se fait attendre, François Fillon. Policé mais polisson, le transfuge parachuté de Sarthe reste hermétique aux appels alors que son rendez-vous avec les lumières de la ville est pris. Il vengerait son père spirituel Philippe Séguin à plusieurs années d’intervalle. Mais il devra aussi compter avec le désir et le délire de Jean-Louis Borloo, pas plus prolixe et prolifique sur le sujet mais tout aussi porté sur la chose.

 

Un affrontement entre l’UMP et l’UDI, ce serait la goûte de bière qui ferait déborder la chope. La droite et le centre n’auraient plus rien à dire pour leur défense tant par indiscipline partisane ils laisseraient le champ libre à la gauche. Paris symbolisera forcément l’opération reconquête pour 2017. Plus que tous les villages de France réunis, elle personnifiera la réussite ou l’échec de la droite aux élections municipales de 2014. Mais il faudra raison garder. Car avec l’anti-parisianisme primaire de la province, se concentrer sur les bisbilles de la capitale serait un mauvais signal envoyé à des français qui attendent qu’on s’intéresse à tous et surtout à eux.

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