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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 22:12

« Le mieux est le mortel ennemi du bien »

 

MONTESQUIEU (1689-1755) – Philosophe français et pas mieux

 

 

Le social est un domaine d’action publique récent dans l’histoire. Le pouvoir politique n’a pas toujours eu le souci du bien-être économique et sanitaire de ses populations. L’Etat s’est longtemps cantonné à des compétences régaliennes comme la justice, la police et l’armée. Mais le XXème siècle a marqué le triomphe de l’individu et le social est devenu une question qui fait basculer des élections. Le système de sécurité sociale et d’assurance-chômage est le pilier des sociétés occidentales. La crise qui interroge cet acquis en est d’autant plus dramatique.

 

C’est un crime de remettre en cause les dépenses sociales même pour réduire la dette. Les corporatismes se soulèvent pour défendre leurs droits. Aucune baisse de prestation ou hausse de cotisation n’est tolérée. Peu importe que ces transferts alimentent le consumérisme et la jouissance de biens matériels éphémères. Le peuple croit que les mesures sociales sont pour son bien et il ne lâche pas sur ce dossier. Cette dictature du social menace de tout emporter.

 

L’histoire prouve que ce n’est pas aussi simple. C’est Bismarck qui a inventé le système moderne de sécurité sociale en Prusse à la fin du XIXème siècle et il n’avait pas que des bonnes intentions. Son but n’était que de calmer les masses en concédant quelques aides pour mieux asseoir son pouvoir autoritaire. C’est du paternalisme social et les patrons n’utilisent pas autre chose pour amadouer leurs ouvriers. Un travailleur en bonne santé est un travailleur efficace et productif. Il faut le payer pour qu’il ne manifeste pas et le payer pour qu’il arrête de manifester.

 

L’avènement de l’Etat-Providence signe l’intervention salutaire de la puissance publique dans l’économie. Elle marque surtout l’intervention délétère de l’Etat dans nos vies, avec un contrôle de nos faits et gestes du berceau à la tombe. Il tient les carnets de santé pour mettre à jour les vaccins. Il enregistre les chômeurs à Pôle Emploi pour les indemniser. Il rembourse les retraités qui ont cotisé toute leur carrière. L’interventionnisme de Big Brother est légitimé par la solidarité et la mutualisation des efforts. La pensée unique rejette systématiquement les opinions libérales qui préconisent une plus forte capitalisation individuelle par l’épargne privée.

 

La dictature du social va contre la liberté individuelle d’entreprendre et de créer. Elle considère le patron qui construit seul un empire comme un voyou qui exploite les travailleurs pour gagner de l’argent facile. Les syndicats réclament un partage des profits censés revenir uniquement à ceux qui prennent le risque économique alors que la valeur ajoutée de la firme revient déjà aux salariés sous la forme de salaires. Le travail est plus que jamais l’institution qui donne une place dans la société. C’est pourquoi il est d’autant plus dramatique de le perdre.

 

La dictature du social enferme l’individu, et il ne s’en aperçoit même pas. Elle lui donne des loisirs et de l’occupation pour aller à la plage l’été au lieu d’avoir une conscience politique. Si bien que la bronzette est devenue une attitude sociale banale alors qu’elle n’a même pas un siècle. Les gens ne parlent que de pognon avec les allocations et les subventions. L’assistanat commence par cette sale mentalité qui pousse à croire que tout nous est dû alors que l’Etat s’endette. Il s’est pris à son propre piège en éduquant les gens à tout attendre de lui, a siphonné la créativité du peuple et aboli leur esprit de sacrifice qui permettrait de sortir de la crise.

 

Avant il fallait travailler pour vivre. Aujourd’hui il faut vivre pour arrêter de travailler. Les français comptent leurs années tels des détenus attendant la retraite à 60 ans alors que le système n’est soutenable que si elle est à 67. Ils ont perdu le goût du travail en apprenant celui du social. La droite l’entretient pour se mettre des électeurs dans la poche. La gauche l’alimente bêtement par idéologie. Elle conforte dans leur stupidité les Bouvard et Pécuchet qui surveillent leurs remboursements en croyant comprendre alors qu’ils ne se savent même pas manipulés.

 

La crise aurait dû être l’occasion d’un retour en arrière synonyme de pas en avant. Mais la droite a manqué son rendez-vous avec l’histoire en flattant la vénalité du bas-peuple. La gauche fait pire et reculera désormais à la moindre mesure impopulaire de baisse des dépenses sociales malgré la déclaration orale de courage du modérément téméraire François Hollande. La rigueur est dans tous les discours mais dans aucun acte. Il vaudrait mieux ne pas en parler pour ne pas se faire inutilement de mal. Et pendant ce temps, la France se gargarise d’avoir le meilleur modèle social du monde pour bien garder tranquille son troupeau de moutons.

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commentaires

bobdenard49 16/10/2012 23:40

Mais le social aide au lien entre individus.

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