Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 00:29

« Les volontés faibles se traduisent par des discours ; les volontés fortes par des actes »

 

Gustave LE BON (1841-1931) – Sociologue français et triomphe de la volonté

 

 

Les élections se jouent sur un état d’esprit. En 1974, Valéry Giscard d’Estaing a gagné parce qu’il était jeune et qu’il apportait un souffle d’air nouveau dans la France du gaullisme. En 1995, Jacques Chirac a été élu car il a su mieux que quiconque incarner la sensibilité vaguement sociale des français et leur goût pour l’égalitarisme. En 2007, Nicolas Sarkozy a subjugué les foules parce qu’il incarnait le volontarisme et la conviction que tout est possible en politique.

 

Ce rêve est mort en 2012. Le conquérant d’hier est devenu le conservateur d’avant-hier et les français n’ont pas aimé sa gouvernance brouillonne, gesticulatoire et inefficace. La suite sera difficile. Après un été de tous les dangers, la droite va connaitre un automne pire encore avec une guerre des chefs en forme de guerre d’indépendance. Les sous-fifres du sarkozysme vont en découdre et le syndrome de la division planera même s’ils arrivent à s’entendre.

 

La droite dure a sorti les crocs. Elle a compris que l’UMP n’a pas perdu sur son projet mais sur la personnalité de son candidat. Elle n’est pas allée jusqu’à conclure que la droitisation lui a évité la branlée mais n’est pas viable à long terme car elle risque de lui faire perdre des électeurs. C’est pourquoi une dizaine de secrétaires nationaux s’est réunie pour insuffler une « nouvelle donne ». Une écurie de plus, elles sont nombreuses ces temps-ci chez la droite pure.

 

Le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé se verrait bien président du parti en novembre et président de la république en 2017. Il s’est déclaré candidat en pleine université d’été du PS, comme pour montrer qui est son vrai adversaire. Il ne fait pas d’erreur car il croit en lui. Le regard qu’on lui porte a changé, or seul le regard des autres vous fait grand. Mais plus sûrement, son vrai rival François Fillon est encore le favori. Le seul moyen de le faire trébucher serait de révéler son manque de courage et son côté diviseur qu’il cache derrière sa prudence. Jean-Louis Borloo a de quoi dire, lui qui a payé son entêtement à croire en son destin national.

 

La droite ferait une grande erreur si elle abandonnait le volontarisme qu’elle a si bien incarné en 2007. Or la solution d’une opposition de profil bas à attendre la chute des socialistes dans leurs propres contradictions est tentante. Les médias accordent beaucoup trop d’attention au gouvernement par rapport à l’opposition et la gauche est revenue au pouvoir grâce à son absence de propositions. Mais ce serait l’échec assuré en 2017. François Hollande peut réussir.

 

La droite ferait une plus grande erreur encore si elle se lançait de manière décomplexée dans des propositions trop audacieuses et dispersées. L’envie est forte de refaire son idéologie et ses valeurs mais il faut savoir lui résister. Les français n’attachent aucune importance aux annonces fictives si elles n’émanent pas du pouvoir en place. Il faudra renoncer à s’assumer en droite forte fière d’être différente de la gauche. En 1986, le gouvernement de Jacques Chirac s’était lancé dans une politique très libérale. En 1988, le 1er ministre s’est ramassé aux élections.

 

Il faudra au contraire brouiller les pistes et troubler la gauche sur son propre terrain. François Hollande gouverne avec une social-démocratie molle et complaisante aux petits soins avec le bas peuple. C’est ce discours social compatissant qu’il faut singer. Du saint-simonisme plein de bonnes intentions avec la relance économique par un programme de grands travaux, le renouveau social par une société en réseaux et le redressement politique par de la modestie.

 

La droite volontaire, c’est celle qui jouera cinq ans à contre-emploi pour légitimer les mesures nécessaires qu’elle fera enfin adopter les cinq ans d’après. La redéfinition du modèle de croissance, avec un retour de la valeur travail et une plus grande flexibilité de la politique de l’emploi. La refonte du système social, avec une réforme complète de la fiscalité et une réduction générale des dépenses de l’Etat. La reformulation du pacte républicain, avec l’affirmation de vrais principes et la mise en valeur d’une vraie identité nationale fraternelle et généreuse. Il faudra des mots de gauche pour mener des actions de droite. L’inverse serait pire.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

À Propos De En Rase Campagne

  • : En rase campagne
  • En rase campagne
  • : La politique est toujours en campagne, CARBONE 12 aussi ! Lancé à 100 jours du 2e tour des élections présidentielles de 2012 pour redonner de la hauteur à un débat qui volait bas, EN RASE CAMPAGNE est un blog qui commente la vie politique française.
  • Contact

L'EMPREINTE CARBONE

Projet de loi de finances : se serrer la ceinture ou baisser son froc devant Bruxelles, telle est la question. 

 

Retrouvez tous les billets "L'empreinte carbone" 1 2 3 4 5 6 7 

AU RAS DES PÂQUERETTES

Poisson d'avril de Ségolène Royal : les autoroutes gratuites le week end. Mais qui peut contrôler ce qui se passe dans son cerveau ? 

 

Retrouvez tous les billets "Au ras des pâquerettes" 1 2 3 4

DU CARBONE DANS LA CERVELLE

Entre deux meetings, Nicolas Sarkozy recommence ses conférences grassement payées à l'étranger. Cela pourrait le desservir. 

 

Retrouvez tous les billets "Du carbone dans la cervelle" 1 2 3 4 

Les Idees De En Rase Campagne