Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 07:31

« Je suis tombé dans l’eau, c’est la faute à Rousseau »

 

Victor HUGO (1802-1885) – Ecrivain français et Hugo Boss

 

 

Mai 68 est un mythe. Une référence qui enferme les jeunes et les gens dans l’obsession de le reproduire et de faire moins bien ou de faire pire. Une excuse pour se dédouaner de nos insuffisances et qu’on accuse de tous les maux. Un souvenir dont on dit qu’il a divisé la société française alors qu’elle est plus que jamais rassemblée pour en dénoncer l’héritage. Mai 68 est à la fois la cause et le symptôme de nos malheurs. Il nous montre tel que nous sommes, latins et inconstants. On dit toujours que c’est la faute à Mai 68. Mais quelle est la faute de Mai 68 ?

 

Mai 68 fut une fausse révolution. Sans revendications ni valeurs communes, entre des ouvriers occupés à dénoncer leurs conditions de travail et des étudiants captivés par leur propre bêtise égoïste, même s’il a par contre bien sapé les valeurs de la France. Les valeurs paysannes : le travail, l’humilité, le mérite. Les valeurs chrétiennes : le partage, la générosité, le don de soi. Loin de la controverse entre le droit du sol et le droit du sang, la droite considère français ceux qui le prouvent par le sang versé. Qui travaillent et qui cotisent. Avec des droits et des devoirs.

 

Mai 68 symbolise le triomphe de la morale de gauche dans les consciences. Le chacun pour soi dépasse le un pour tous. L’individualisme surpasse le patriotisme. La liberté trépasse devant l’égalité et l’égalitarisme. La fraternité passe largement derrière le bonheur narcissique. On a voulu défendre les travailleurs sans savoir qu’ils n’étaient plus à la mine et que le travail n’est ni un supplice ni une servitude mais un moyen de vivre - sur le plan financier et en tant qu’homme - et de se réaliser. On a légitimé une logique d’acquis sociaux qui datait de Juin 36.

 

Mai 68 est un mythe car on l’accuse de toutes les difficultés de la société française. On en veut à ces garnements immatures et nihilistes d’avoir critiqué sans construire et d’avoir fui la peur de l’ennui pour nous léguer la peur du lendemain. Ces opportunistes sans projet ni avenir à part celui de faire l’amour et pas la guerre auraient assombri le nôtre en crachant sur un taux de croissance à 5%. Depuis on a eu la crise de 1973, l’immigration dans nos banlieues, le trou de la sécu, les déficits du système de retraites, le chômage. Le mal qui nous ronge.

 

Le clivage dans la société française n’est plus entre les riches et les pauvres mais bien entre les chômeurs et les salariés. Ceux qui ont un travail et ceux qui n’en ont pas, ou comment un simple bout de papier devient le graal qui donne un statut et une place. Qui donne aussi le droit d’aller faire le clown dans la rue au nom d’avantages acquis mais injustes. Un pays qui vit dans la rue pour célébrer le souvenir d’un chaos social, c’est un signe évident d’immaturité. Et celui d’une insatisfaction constante, d’un éternel mécontentement. La France, pays de râleurs !

 

Les soixantuitards ont fui l’âge d’or économique seulement pour s’amuser. Sans idéaux ni référents, ils nous ont laissés sans cadres ni perspectives. Daniel Cohn-Bendit et sa bande de cons bandits ont enfermé leurs successeurs dans une comparaison impossible, celle faite à chaque manifestation ou mouvement social pour voir si émergerait un nouveau Mai 68. Un cadeau empoisonné. « 68 c’est vieux ; 86 c’est mieux », disaient les opposants à la Loi Devaquet en 1986. La jeunesse aime se révolter, à tous les âges. Alors qu’elle est là pour écouter et obéir.

 

C’est la faute à Mai 68. Pour la crise économique, tant les baby-loosers se disent sacrifiés sur l’autel de ces profiteurs de baby-boomers. Mais quelle génération ne l’est pas ? Pour la crise sociale, tant la France a peur du changement et vit dans le passé. Elle souffre des incertitudes de l’avenir, du manque de certitudes du présent, de l’insécurité sociale, de la perte d’assurance en elle. Pour la crise morale, tant le laxisme et le relativisme ont relégué l’ordre et l’autorité au rang de valeurs ringardes. Le père devient un copain, le maitre un esclave, la victime un coupable.

 

C’est la faute de Mai 68. Symbole de cette indiscipline bien française qui nous fit perdre la guerre face à la rigueur allemande et perdre la compétition économique face à cette même rigueur allemande, il ouvre une ère du vide. Un vide idéologique, intellectuel et imaginatif. Sans nation ni ambition, la France vit dans la nostalgie de cette mascarade qu’étudiants et syndicats veulent imiter avec écharpe palestinienne et tee-shirt petit-bourgeois du Che, poussés par 2000 ans de prolétariat. Une société qui perd confiance en l’État, dans les siens et en elle-même.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

À Propos De En Rase Campagne

  • : En rase campagne
  • En rase campagne
  • : La politique est toujours en campagne, CARBONE 12 aussi ! Lancé à 100 jours du 2e tour des élections présidentielles de 2012 pour redonner de la hauteur à un débat qui volait bas, EN RASE CAMPAGNE est un blog qui commente la vie politique française.
  • Contact

L'EMPREINTE CARBONE

Projet de loi de finances : se serrer la ceinture ou baisser son froc devant Bruxelles, telle est la question. 

 

Retrouvez tous les billets "L'empreinte carbone" 1 2 3 4 5 6 7 

AU RAS DES PÂQUERETTES

Poisson d'avril de Ségolène Royal : les autoroutes gratuites le week end. Mais qui peut contrôler ce qui se passe dans son cerveau ? 

 

Retrouvez tous les billets "Au ras des pâquerettes" 1 2 3 4

DU CARBONE DANS LA CERVELLE

Entre deux meetings, Nicolas Sarkozy recommence ses conférences grassement payées à l'étranger. Cela pourrait le desservir. 

 

Retrouvez tous les billets "Du carbone dans la cervelle" 1 2 3 4 

Les Idees De En Rase Campagne