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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 23:00

« La vie suit son chemin »

 

Steven SPIELBERG (1946) – Réalisateur américain et film à catastrophes

 

 

Nous y sommes : c’est le 21 décembre et comme prévu, la fin du monde annoncée par les Mayas n’a pas eue lieu. Ou du moins celle qu’avaient cru voir les égyptologues de l’autre bout du monde en pensant que le solstice d’hiver serait un bon moment pour que la terre cesse de tourner. Rassurez-vous car ce n’est qu’un répit. D’ici des millions et des millions d’années, le soleil aura cessé de briller. D’ici là, il sera temps de trouver refuge sur une autre planète.

 

A moins qu’on ait détruit celle-ci avant. L’homme est sans doute le premier et principal responsable du dérèglement climatique qui menace notre terre. Il se manifeste ostensiblement par le réchauffement de la température et par l’excès de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Des espèces qui ont toujours été là disparaissent ou sont en voie de disparition. Des accidents climatiques jadis rares se font de plus en plus fréquents. Des saisons il n’y en a plus du tout.

 

C’est le début de la fin, à moins que ce ne soit la fin d’un monde qui commence. Les annonces de la fin du monde sont aussi nombreuses que le nombre de civilisations de l’histoire. Avant Maya l’abeille, les chrétiens avaient déjà de nombreuses fois prédit sans succès l’heure du jugement dernier. La Bible ne décrit l’Apocalypse que comme un théâtre de désolation et de flammes. Les millénaristes et eschatologues se faisaient littéralement dessus à l’idée que la mort les surprenne en train de pêcher. Nostradamus voyait la fin partout pour ne jamais se tromper.

 

Notre époque n’est pas plus sage. Paco Rabanne avait visé juste en pronostiquant un point final à l’histoire de l’humanité le jour de l’éclipse du 11 août 1999. Les spécialistes relisent les écrits du Pape Jean XXIII et croient y lire dans une boule de cristal l’issue de notre destin collectif. Même les geeks avaient parié sur la catastrophe informatique avec le bug de l’an 2000. Toutes les interprétations ésotériques n’ont mené à rien sinon à produire de mauvais articles.

 

Pourtant malgré l’inconsistance de ces présages qui laissent libre cours à toutes les idées hasardeuses possibles, le monde a peur. Il y a 65 millions d’années, un astéroïde géant frappait la terre et causait la disparition des dinosaures. On continue même à en faire des films. Depuis il y a eu Jésus le gentil pour sauver l’homme et Hitler le méchant pour l’exterminer. C’est pourquoi aujourd’hui il est perclus d’angoisses, car il sait bien qu’il peut lui-même causer sa propre fin. Il se connait bien : c’est même pour cela qu’il a raison de se faire du mauvais sang.

 

La catastrophe de Tchernobyl de 1986 a montré que la bombe nucléaire est l’arme ultime de destruction massive et la catastrophe de Fukushima de 2011 a montré que le moindre tremblement de terre pouvait tout faire vaciller. Le cataclysme du 11 septembre 2001 a rappelé que la violence entre les hommes était le plus sûr moyen de tous nous tuer jusqu’au dernier et le cataclysme d’une troisième guerre mondiale ne semble plus aussi loufoque qu’il a pu l’être.

 

La raison scientifique semble tout prévoir. Or les tsunamis continuent de tuer des gens par milliers et par surprise. Or l’homme joue aux apprentis-sorciers et à se faire peur avec des accélérateurs de particules qui menacent à tout moment de nous faire passer dans la quatrième dimension. Or la population augmente tellement et avec si peu de maîtrise que nous serons 9,3 milliards en 2050 et qu’une terre ne suffira pas à nourrir tous ceux qui auront encore faim.

 

La fin du monde est tous les jours prévisible et l’homme s’attend désormais à l’imprévu. Il a perdu la certitude qui ne le faisait douter de rien et qui le faisait présumer de tout. Il a égaré le bon sens qui le faisait jadis subir les événements sans chercher à les comprendre. Attendez aujourd’hui une éclipse et ne prévenez personne : vous aurez semé la panique partout comme si les martiens avaient débarqué. L’homme a peur car il a honte de ce qu’il a fait : d’avoir grandi trop vite, trop haut et trop fort. La fin d’un monde, c’est sortir de cette logique malthusienne et macabre et aller de l’avant. Car le principe de l’homme, c’est qu’il est son propre dieu.  

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