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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 08:43

« On ne devient pas leader par procédure, on l’est par nature »

 

Lionel JOSPIN (1937) – Homme politique et chef de camp

 

Le quinquennat de François Hollande est un naufrage. Le président ment sur tout et rate tout. La gauche ne peut pas réformer le pays car elle ne s’est pas réformée elle-même. Elle veut être libérale mais elle est socialiste. Il y a deux raisons à son échec. D’une part, la gauche n’a jamais vraiment accepté la Ve République : elle y était opposée avant de s’y rallier à contrecœur. D’autre part, la gauche veut le pouvoir sans aimer le pouvoir : elle préfère débattre et combattre que gouverner et réformer.

 

Les socialistes ne sont pas attirés par les institutions. Le PS n’a jamais compris la logique de la Ve République ni assumé son ralliement à celle-ci. Instinctivement, il ne pouvait que s’opposer à un régime bonapartiste où le président est tout-puissant et les partis considérés comme le fléau ultime. Or la Ve République a marginalisé le PS, n’en faisant qu’un simple instrument pour gagner l’élection présidentielle, qui n’a pas son mot à dire une fois au pouvoir. D’où une opposition violente au régime.

 

Le PS a finalement accepté la Ve République parce qu’il a suivi les français. Il est toujours dans la réaction. Pour ne pas avoir su inventer son système, il est obligé de vivre dans celui des autres et de passer son temps à le critiquer ou à vouloir l’affaiblir. C’est en ne participant pas aux gouvernements de la IIIe République que les socialistes affaiblirent le parlementarisme. C’est en refusant de présenter un vrai candidat à l’élection présidentielle qu’ils voulurent en finir avec la Ve République.

 

Mais comme tout parti, le PS veut être au pouvoir à défaut de savoir l’exercer. Pour être au pouvoir, le PS est obligé de gagner l’élection présidentielle. Ou à défaut d’y participer, sous peine de disparaitre comme la SFIO en 1969. Ainsi, l’acceptation de la Ve République par le PS est politique avant d’être institutionnelle. Il finit toujours par accepter le régime que lui imposent ses adversaires. La IIIe République fut une adhésion au parlementarisme. La Ve République sera celle à la présidentialisation.

 

Un parti incapable de se choisir un leader

 

Cette tentation du pouvoir contraste avec l’illusion qu’a longtemps eue le PS d’être davantage un parti parlementaire qu’un parti de gouvernement. Les socialistes ont toujours préféré la conquête du pouvoir à son exercice. Cette peur du conflit explique le choix d’organiser une primaire en 2011, une procédure qui leur a évité d’arbitrer entre les différents candidats. D’où le choix malencontreux de François Hollande. Cette invention marquera durablement le régime. La droite devra l’adopter en 2016.

 

Les socialistes ne conçoivent pas que le pouvoir soit personnel ou personnalisé. Ils ont longtemps représenté un groupe, la classe ouvrière, et pas des individus. Cette fonction tribunitienne a vécu. Le marxisme est mort, vive Terra Nova et ses débats sociétaux ! Mais le PS vit une crise d’identité : il ne sait plus réguler les ambitions personnelles que l’élection présidentielle a fait naître chez ses principaux cadres.

 

Tout le monde pense à la primaire de 2016 mais personne n’a l’autorité suffisante pour s’imposer au sein du parti. C’est pourquoi le PS n’arrive jamais à se lancer dans une élection avec un projet réaliste et un candidat courageux pour l’appliquer. Ne sachant se créer un leader, il s’en remet à une élection arithmétique et aléatoire pour départager plusieurs sous-leaders, ce qui l’amène à échouer à faire réellement surgir ce leader. C’est le drame du quinquennat que nous vivons actuellement.

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