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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 07:25

« La gauche n’est pas obligée d’être révolutionnaire dans ses discours

et inactive dans ses actions »

 

Arnaud MONTEBOURG (1962) – Ministre français et sachant de quoi il parle

 

 

Il n’a jamais su décider ni se décider. Homme de la synthèse et du consensus, François Hollande a fini par faire l’unanimité contre lui à force de se hâter si lentement à réformer une France à laquelle il avait promis le changement maintenant. Il ne revendique jamais une ligne et c’est ce qui dégoûte ses plus fidèles partisans de le défendre. Il ne donne jamais tort à personne et c’est pourquoi il a déçu tout le monde. Chantre de l’attentisme, l’homme qui ne sait pas dire non recueille des critiques jusque dans son propre camp. C’est dire l’étendue des dégâts.

 

Le Hollande bashing fait des émules même chez les socialistes, qui lui reprochent son immobilisme alors que ce n’est que son tempérament. Les réformes ne vont pas assez vite et un groupe s’est formé pour le sommer d’arrêter d’endormir l’assistance avec ses thèmes de société de bobo pour enfin s’intéresser aux priorités économiques qui préoccupent les français, à savoir le pouvoir d’achat et la compétitivité. Telle la droite populaire sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ce groupe qu’on peut baptiser la gauche populaire veut revenir aux fondamentaux.

 

La gauche populaire veut augmenter les salaires et même le salaire minimum. Elle omet de dire que cela fera empirer les chiffres du chômage. La gauche populaire veut un impôt plus progressif et progressiste car seule la redistribution des revenus est juste à ses yeux. Elle ignore que la fiscalité sert aussi à créer la croissance et qu’on ne la favorise pas en taxant constamment l’activité. La gauche populaire veut rendre heureux les travailleurs en croyant qu’il suffit de leur donner du temps libre. Elle ne sait pas qu’ils veulent avant tout du travail et un salaire. 

 

Cette gauche populaire, vous l’avez tous reconnue : c’est la gauche bête que je dénonce dans ce blog si régulièrement. Elle croit aider les classes populaires alors qu’elle les enfonce au profit des classes moyennes. Elle croit lutter pour la justice sociale alors qu’elle ne fomente que l’inefficacité économique. Elle dit que le partage est la vraie richesse mais ne crée pas la richesse avant de la partager. Mue par sa seule idéologie, elle assène ses certitudes à la France entière et est en passe de devenir le principal opposant de ce président dont elle déplore tant la lenteur.

 

La gauche bête tire la sonnette d’alarme et siffle la fin de la récréation car elle veut enfin du concret, c’est-à-dire du social. C’est l’aile gauche du PS, façon Benoît Hamon. Inquiéte du succès populaire grandissant d’un Jean-Luc Mélenchon, elle ne veut pas se laisser déborder et c’est pour cela qu’elle demande des comptes au président. Forcément dans la surenchère, elle voudra que le gouvernement s’engage sur la voie des nationalisations ou de l’impôt à 75% car c’est ce qu’elle croit le plus juste pour relancer une économie française en crise et en panne.

 

Ce serait se condamner à l’inefficacité. Taxer le capital et le patron sans augmenter la TVA et la CSG en espérant que cela va relancer l’activité et générer assez de nouvelles recettes pour réduire la dette. Augmenter les salaires en croyant sauver la vie des travailleurs alors que l’augmentation des prix qui en découlerait renchérirait le coût de leur vie de consommateurs. Haïr le riche par habitude en imaginant que c’est en dénigrant ceux qui réussissent qu’on incite un pays à prendre des initiatives et à oser créer de nouvelles richesses. Ils ont toujours tout faux.

 

La gauche populaire veut ajouter du sensible au sens mais elle ferait mieux d’abord de commencer par prendre des cours d’économie avec François Hollande pour enfin comprendre pourquoi les recettes de la gauche ne marchent jamais. Elle taxe les plus fortunés or souvent les maigres meurent quand les gros maigrissent. Elle veut le pouvoir d’achat sans le travail et prône la croissance puis la décroissance sans se brûler les lèvres. Elle chasse les talents en ignorant ostensiblement qu’on n’a plus de viande ni de lait une fois qu’on a tué la vache.

 

C’est là qu’on remercie le ciel que François Hollande ait été seulement social-démocrate car la France serait dans de sales draps si elle était gouvernée par de tels robespierristes de la gauche extrême. Le seul mérite de ces olibrius sera d’introduire une dissonance discordante de plus dans la majorité avec un faisceau de critiques supplémentaires contre la politique - ou la non-politique - de l’exécutif. Heureusement finalement qu’il y a la gauche pour critiquer le bilan de la gauche, car il ne faut pas compter sur la droite pour mener l’opposition vu son état actuel.

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