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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 06:45

« Malheur à vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim ! »

 

Saint LUC – Evangéliste chrétien et fan d’Eve Angeli

 

 

Il parait que Michel Rocard a eu une belle idée pour réduire le chômage face à la crise. Comme il n’y a plus de travail et qu’il y a trop de travailleurs, il n’y a qu’à le partager entre tous et espérer que la croissance revienne un jour pour que la part de chacun augmente. Pendant ce temps, ce sera la diète. L’ancien 1er ministre qui usa tant de son droit à l’erreur préconise de se mettre aux 31 heures, comme le feraient apparemment selon lui l’Allemagne et les Etats-Unis depuis déjà de longues années. C’est fou ce que la mauvaise foi peut vous faire inventer.

 

Le procédé n’est pas nouveau et il a déjà largement prouvé son inefficacité avec l’échec des 35 heures. Travailler moins pour gagner moins et produire moins, sans gagner en emplois ce qu’on a perdu en milliards d’euros consacrés à cette politique funestement stupide. L’emploi n’est pas un gâteau qu’on découpe et partage en parts égales. Les plus productifs et diplômés se taillent toujours la part du lion et les autres font avec le reste. En temps de crise, la solidarité dans ce domaine est encore moins plausible comme en témoigne la rage des syndicats.

 

Du gâteau à partager, on est passé à la glace qui fond. Il est loin ce temps prospère où on osait gaspiller sans crainte les dividendes du progrès dans des dépenses sociales indues et superfétatoires. Or notre société continue toujours de réclamer fromage et dessert. Engoncée dans ses vieux réflexes, elle persiste à réclamer ses avantages fiscaux et ses acquis sociaux alors que l’heure serait à la levée en masse de l’impôt et au serrage de ceinture généralisé. Mais il est toujours plus difficile de faire accepter la rigueur et l’austérité que la relance et le laxisme.

 

Nous n’avons pas su nous adapter. De 1945 à 1973, ce furent les 30 glorieuses et le pays s’est modernisé comme jamais dans son histoire. De 1973 à 2002, c’étaient les 30 piteuses et la France a appris à vivre avec une croissance molle et une dette consolidée. De 2002 à 2032, ce seront les 30 miséreuses tant la misère et le paupérisme auront fait leur retour dans une société trop habituée à la richesse et au confort. On dépensera pour financer des services publics et des retraites qu’on ne pourra même pas se payer avec notre argent. A quand les 30 heureuses ?

 

Pour s’en sortir, la France devrait se rappeler de deux règles. La première : le premier argent qu’on gagne est celui qu’on ne dépense pas. Elle ne doit pas dépenser moins. Elle doit dépenser beaucoup moins. La deuxième : la seule richesse qu’on peut partager est celle qu’on a créée. Elle ne manque pas seulement de travail, d’initiative et d’esprit d’entreprise. Elle manque aussi de compétitivité, d’investissements et de flexibilité. Pour bien gérer l’économie il faut faire des économies et faire tourner l’économie. La France ne sait faire ni l’un ni l’autre.

 

Et les dépenses, Monsieur Hollande ? Telle est la question que la droite serait en droit de poser alors que le président n’a toujours pas précisé quels secteurs il comptait amputer pour entamer le grand plan d’assainissement de nos comptes publics. Il a promis « zéro déficit » en 2017. C’est mal barré. Quand on n’ose pas assumer la rigueur, il faudrait au moins avoir l’idée de valoriser l’ambition sur les moyens. Les sacrifices seront durs mais l’issue - la sortie de crise - est belle. Le problème, c’est que même la droite n’a pas osé assumer. Elle a perdu le Triple A.

 

Et le travail, Messieurs les socialistes ? La valeur travail en a pris un sérieux coup et un sérieux coût en France. Un coup sur le plan moral, avec le dénigrement de l’effort et du mérite et l’assistanat en libre-service. Tant que les bénéficiaires des minimas sociaux seront exempts de tout reproche, on n’encouragera pas le travail. Un coût le plan économique, avec l’inflation des contraintes et des normes et le jusqu’au-boutisme socialiste. Nicolas Sarkozy voulait baisser les charges patronales et instaurer les accords compétitivité-emploi. La politique de l’offre marche.

 

L’économie française sera une glace qui nous fondra dans les doigts tant qu’on n’aura pas décidé de réduire nos dépenses et d’investir pour l’avenir. L’économie française ne sera pas un gâteau à se partager tant qu’on n’aura pas décidé de se mettre au travail et de regarder nos acquis du passé. L’économie française a trop souffert des déficits budgétaires et commerciaux et des 35 heures et de la retraite à 60 ans pour rendre les armes avec une réforme rétrograde. Sinon le partage des fruits de la croissance tournerait vite à la diète forcée et au régime sec.

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commentaires

Maguy 13/02/2013 09:54

C'est "xcellent" !!!

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