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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 22:15

« La morale est mal disposée dans un pantalon »

 

Francis PICABIA (1879-1953) – Peintre français et toujours mal placé

 

 

31 juillet 2010 : Nicolas Sarkozy prononce le célèbre discours de Grenoble où il déclare la guerre aux roms. Levée de boucliers à gauche, qui ose comparer ce que fait en ce moment Manuel Valls en vertu de la loi aux pires heures de la Shoah. 14 mai 2011 : Dominique Strauss-Kahn est arrêté par la police new-yorkaise car il est soupçonné d’avoir voulu violer Nafissatou Diallo. Théorie du complot et présomption d’innocence sont les deux arguments de la gauche à commencer par Jean-Christophe Cambadélis pour défendre le gros goujat. La gauche aime faire des leçons de morale à la droite. Mais elle les applique rarement à elle-même.

 

Dénoncer les propos racistes de la droite dure est son sport national. Il est facile de prendre un air contrit et de s’offusquer. On voit toujours la paille dans l’œil du voisin et pas la poutre dans le sien. L’idée à la mode du redressement dans la justice est ainsi une double attaque contre le délabrement et les inégalités associées au dernier gouvernement. Mais faire la morale, c’est avant tout imposer sa morale aux autres et les juger avec ses propres critères.

 

Il en est ainsi de la propension non marginale de l’homme de gauche à faire un complexe de supériorité culturelle sur le pauvre. S’il vote FN, c’est forcément qu’il n’a pas reçu l’éducation nécessaire pour passer outre sa détresse économique et ne pas basculer dans le vote contestataire. S’il n’a pas d’opinion politique issue d’une vraie réflexion et qu’il suit le vent des sondages, c’est qu’il n’a pas de conscience de classe et de connaissance suffisante des enjeux politiques pour s’y intéresser. Or c’est l’homme de gauche qui s’y connait le moins, car il ignore que le vote pour son camp lui vient de ses parents et non d’un choix individuel propre.

 

Le socialiste prône le partage et est le dernier à donner même quand il s’agit de l’heure. C’est un bobo de la gauche caviar qui veut montrer à tout le monde qu’il a un cœur même s’il a le ventre plein. On peut être riche et penser à l’autre, mais on ne peut prétendre se mettre à sa place quand on ne connait pas sa souffrance. Le socialiste, si. Il revendique les 35 heures et la fin des heures supplémentaires défiscalisées pour les ménages modestes sans penser qu’il ne fait là que satisfaire sa condition de petit bourgeois de classe moyenne. C’est la gauche conne.

 

Il veut toujours plus, sans en assumer le coût. Plus de dépenses avec moins d’impôts, plus de loisir avec moins de travail, plus de plaisir avec moins d’efforts. Il impose le bonheur à tous tel un fléau du bien et parle de valeurs humaines avec toujours plus de chiffres avant la virgule. Sa qualité de vie dépend de son salaire et non de ses passions. La gauche critique le capitalisme libéral mais elle en a embrassé les thèses. Le crédit, avec l’endettement keynésien pour produire au-dessus de ses moyens. Le marché, avec l’illusion que l’Etat peut corriger ses excès et ses déséquilibres. Les marchés, avec l’acceptation de la spéculation du CAC 40.

 

François Mitterrand illustre mieux que quiconque le sans-gêne de l’homme de gauche. Il faut faire ce qu’il dit mais pas ce qu’il fait et dire ce qu’il fait bien mais pas ce qu’il fait mal. Il prônait le courage face au conservatisme de la droite mais il a collaboré avec Vichy pendant que ses adversaires entraient dans la Résistance. Il louait l’honnêteté mais il a dû s’inventer un faux attentat du Petit-Clamart avec l’Observatoire. Il encourageait l’antiracisme mais ce n’était que pour affaiblir électoralement la droite et cela continue encore de pourrir le débat républicain.

 

Les exemples affluent de ceux qui accusent leurs adversaires de fachos et qui s’excusent eux-mêmes des méfaits qu’ils causent et qu’ils se causent. Georges Marchais osait défendre les ouvriers contre le giscardisme après avoir travaillé pour les allemands au STO. Le Rainbow Warrior n’était qu’un banal accident mais il a valu une démission à Charles Hernu. DSK saute sur tout ce qui bouge mais il n’a trouvé que des défenseurs pour jurer qu’il n’est pas un violeur.

 

On reste prostré devant une telle indécence et au final une telle immoralité. Au moins la morale de droite prône dans son coin un resserrement sur les valeurs traditionnelles mais ne verse pas dans le messianisme de la morale de gauche. A la mauvaise foi, le socialiste ajoute souvent la bonne conscience car il pense donner des conseils pour le bien de ses élèves. Il a pourtant un désavantage qui compense l’atout de parler impunément de tout sans jamais faire ses preuves : il doit rendre des comptes. Contrairement à l’homme de droite qui ne juge de rien pour ne pas être jugé, il paie cher aux élections ses écarts de conduite entre son discours et sa pratique. Ce n’est que justice.

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commentaires

C
Quelle belle attaque, en plein dans la gauche caviar !
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  • : La politique est toujours en campagne, CARBONE 12 aussi ! Lancé à 100 jours du 2e tour des élections présidentielles de 2012 pour redonner de la hauteur à un débat qui volait bas, EN RASE CAMPAGNE est un blog qui commente la vie politique française.
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