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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 22:05

« Il faut donner du temps au temps »

 

François MITTERRAND (1916-1996) – Ancien président et jamais à contretemps

 

 

L’histoire se répète toujours, surtout en politique. Sa vie est animée par des personnages qui se ressemblent tous. Il y a les brillants qui le sont trop pour briller au suffrage universel. Il y a les populaires qui sont trop populistes pour rallier leur camp. Et il y a les ambitieux qui sont trop agités pour rester en place. Manuel Valls en est un, ce qui le fait courir par tous les temps.

 

Au pas. Le socialiste a mis du temps avant de percer. Il fait partie de cette génération de quadras qu’on croyait sacrifiée jusqu’à ce que François Hollande gagne l’élection présidentielle. Or contrairement au plus fantasque que fantastique Arnaud Montebourg, Manuel Valls a eu la bonne idée de se rallier dès le soir du 1er tour de la primaire socialiste à la candidature de l’ancien 1er secrétaire du PS. Il faut dire qu’avec 6% des voix, il n’a pas fait un tabac auprès des électeurs même si on lui prête des charmes auprès des électrices.

 

Il a eu le retour sur investissement. Directeur de la communication de la candidature de François Hollande, il a même volé la vedette au directeur de campagne Pierre Moscovici et en a recueilli les fruits. Le voilà ministre de l’intérieur, une prouesse pour ce catalan venu d’ailleurs qui succède à Roger Salengro, Michel Poniatowski ou Nicolas Sarkozy. Comme ce dernier, la proximité de la Place Beauvau avec le Palais de l’Elysée devrait sûrement lui donner des idées.

 

Au trot. L’idée lui trotte dans la tête mais comme un bonheur n’arrive jamais seul, il va à présent devoir faire ses preuves comme ministre de la police et non plus seulement afficher des bonnes intentions. Il a bien gratiné son prédécesseur Claude Guéant pour son pot de départ et continue en promettant une police « respectée et respectueuse » et la fin de la stigmatisation des communautés. Mais il devra appliquer le programme de François Hollande qui ne recule pas d’un mètre sur la limitation de l’immigration légale. C’est la gauche qui fait la tête.

 

Cela lui va très bien. Manuel Valls passe pour le socialiste le plus à droite de France. Singulier et unique, il est le pendant de Benoit Hamon qui incarne une aile gauche bien plus dure et rigide. On se demande comment ils pourront cohabiter dans le même gouvernement. Le maire d’Evry n’a-t-il pas été pris en flagrant délire de racisme en demandant à ce que la télé filme plus de white et moins de black dans sa ville ? Tout ce qu’il dit peut être retenu contre lui.

 

Au galop. Manuel Valls court toujours et ne compte pas s’arrêter. Il aimerait faire des kilomètres dans une campagne nationale mais il devra avant prendre le contrôle du PS pour prendre la succession de François Hollande, en 2017 ou 2022. L’éléphanteau devra rester en place pour profiter de la moindre brèche et contrer la nouvelle génération ambitieuse. Son avenir politique dépend déjà en grande partie de son bilan comme ministre de l’intérieur, un poste stratégique où il succède à gauche à Pierre Joxe, Gaston Defferre et François Mitterrand.

 

Homme politique de droite dans un parti de gauche, il est autant socialiste que Franck Ribéry est philosophe. C’est pourquoi il serait bien inspiré de prendre exemple sur la montée fulgurante de Nicolas Sarkozy pour faire valser ses adversaires, même s’il en éprouverait de la honte. Comme lui, l’ancien président était maire d’une ville proche de Paris. Comme lui, c’était une vedette médiatique. Comme lui, il était ministre de l’intérieur sous un président effacé.

 

On n’en est pas encore là. Ce n’est généralement pas le plus fort qui gagne. C’est celui qui gagne qui est plus fort. La victoire de François Hollande l’a prouvé, alors que dans sa génération l’on attendait nettement plus de Laurent Fabius, Ségolène Royal ou DSK. Ils avaient la carrure mais n’ont pas eu la carrière. De son côté, Manuel Valls n’est ni le plus brillant, ni le plus populaire, ni le moins ambitieux. Mais il veut être premier à la fin de la valse à trois temps.

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