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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 10:39

« Un enfant accroupi, plein de tristesse, lâche

un bateau frêle comme un papillon de mai »

 

Arthur RIMBAUD (1854-1891) – Poète français et bateau ivre

 

 

Le bateau coule, nous avons les pieds dans l’eau. Comme si la crise économique ne suffisait pas, le gouvernement a rajouté sa propre crise pour saper le moral des français. Loin d’être un capitaine qui tient la barre dans la tempête, François Hollande est un président effacé qui ne pourrait même pas gérer une amicale de passionnés de pédalos. Sans idée ni projet, il se laisse porter par les vents et les flots de l’opinion et de son goût pour la synthèse. C’est pourquoi il n’a rien fait depuis son élection. Le changement, c’est maintenant. Mais bien sûr…

 

Son début de mandat est un éloge de la lenteur. L’absence de réforme majeure montre qu’il n’a pas de cap. Il ne sait pas où il va, mais il y va lentement. Il n’est pas pressé de se mettre les français à dos et attend 2013 pour lancer les mesures contre le dette, 2014 pour baisser le chômage, 2015 pour relancer la croissance, 2016 pour gérer les affaires courantes et 2017 pour être réélu. Il sait déjà qu’il ne fera pas mieux que la droite contre la crise. Pour faire oublier la situation économique, son gouvernement fait diversion en annulant les mesures emblématiques de l’épopée sarkozyste et en amenant le débat sur le sociétal avec le mariage homosexuel.

 

On comprend que du point de vue de l’extrême gauche, les cent premiers jours soient perdus. Jean-Luc Mélenchon a critiqué un été « presque pour rien » pour dire qu’il attend de vraies réformes sociales en faveur des travailleurs. Réunis ce week end à la traditionnelle Fête de l’Huma, les communistes comptent leurs morts après une campagne présidentielle en forme de trompe-l’œil. Sans députés ni accord électoral, la gauche folle pleure face à ce président qui ne va pas assez vite alors que la droite le critique parce qu’il ne va pas dans le bon sens.

 

Les verts ont résolu le problème car ils pensent à tout. Ils ont imposé un diktat à un PS le couteau sous la gorge pour obtenir des sièges en échange de quelques concessions… des socialistes. Le marché de dupes a vu en effet Martine Aubry promettre une sortie partielle du nucléaire alors que tous les pontes du parti voient dans l’atome une énergie d’avenir. Arnaud Montebourg a déjà fauté et Pierre Moscovici l’a rejoint joyeusement, ce qui souligne l’arnaque intellectuelle de la campagne où les socialistes ont fait mine de vouloir un grand changement.

 

La conférence sur l’environnement a servi à arrondir les angles. Là où le gouvernement précédent consacrait trois ans de rendez-vous avec les responsables d’associations et les experts scientifiques, le gouvernement actuel réserve deux pauvres jours au développement durable et souligne que l’écologie est passée de mode. François Hollande a clôt le psychodrame interne au gouvernement en rappelant que le démantèlement de la centrale de Fessenheim aurait lieu, ce qui sera la seule manifestation de transition écologique vers un mix énergétique équilibré en France. On est loin des 50% de part de nucléaire or en l’absence d’alternative avec les énergies renouvelables, ce sont les énergies fossiles du charbon et du pétrole qui comblent les manques.

 

La bataille pour économiser six centimes au litre d’essence pendant une semaine n’a fait que ramener sur le devant de la scène le débat sur le gaz de schiste que Nicole Bricq avait bien imprudemment réveillé en disant qu’elle était contre. Une tempête dans un verre d’eau, car les ministres s’expriment à tort et à travers sur une solution que les experts n’ont pas encore évalué et qui pourrait très vite être invalidée si on se rend compte que la perforation a de mauvaises conséquences environnementales. Les verts ne veulent même pas savoir et sont déjà contre.

 

C’est un pataquès de plus dans ce gouvernement en perdition. L’alliance avec les verts le tient en otage alors qu’il n’a pas besoin des voix écologistes pour voter ses lois. Mais le spectre de la ratification du traité européen Merkozy au congrès terrifie les socialistes, qui peinent déjà à discipliner leur aile gauche. Cécile Duflot est écartelée entre la fidélité partisane et la solidarité gouvernementale. La ministre du logement a une muselière, qui ne l’empêche pas de rester et de toucher sa pension. Elle aurait dû avoir le courage d’être ministre de l’écologie à la place de Delphine Batho qui a fait l’erreur d’accepter ce poste où personne ne sera jamais content d’elle.

 

Tel un Batho ivre, le gouvernement est chahuté par ses contradictions et a déjà renoncé à arriver à bon port. Jean-Marc Ayrault commence à se désespérer devant tant d’indiscipline et d’incompétence. Chacun prône pour sa chapelle et prêche pour sa paroisse, mais les fidèles se font de plus en plus rares et les repentis sont déjà nombreux. La guerre des chefs devait semer le trouble et la division à droite et la gauche s’en frottait les mains. Or c’est elle qui s’entretue et qui lui vole la vedette avec son ministère patraque. A croire qu’elle est moins bien organisée.

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commentaires

Tristane Banon 16/09/2012 13:58

Dit et bien dit ! Le gouvernement fait n'importe quoi.

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