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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 07:50

« Dans ces 17 salopards il y a un français.

Il a un nom, il a une adresse et il s’appelle Pierre Moscovici »

 

François DELAPIERRE (1970) – Homme politique et membre du Front de gauche

 

S’il y a bien un socialiste qui va être heureux lors des cinq prochaines années, c’est Pierre Moscovici. Il le mérite, tant il a souffert pour faire accepter sa nomination au poste de commissaire européen aux affaires économiques et monétaires. Il s’est battu courageusement face aux critiquesdes eurodéputés, qui lui ont même infligé un écrit de rattrapage. Mauvais élève et bonnet d’âne, il s’est retrouvé cancre de l’Europe.  

 

Pierre Moscovici a la réputation d’être intelligent. C’est le fils de Serge Moscovici, psychologue social renommé d’origine roumaine affilié au Parti communiste qui lui a donné le goût pour la gauche. C’est un pur produit de l’énarchie française, où il fit la rencontre de DSK qui après avoir été son professeur allait devenir son maitre en politique. C’est lui qui l’a attiré vers la ligne la plus à droite du Parti socialiste et tiré de sa bureaucratie pour en faire le ministre des affaires européennes de Lionel Jospin. Il lui a aussi donné son goût pour les femmes, surtout si elles sont jeunes.

 

Le divorce est depuis consommé entre les deux. Pierre Moscovici voulait voler de ses propres ailes. L’affaire du Sofitel l’y a aidé. Ce n’est qu’à reculons qu’il a soutenu François Hollande en 2012, devenant son très discret directeur de campagne. Un sacrifice qui ne restera pas inutile : après la victoire, Pierre Moscovici est nommé ministre de l’économie et des finances. Son passage à Bercy fut un échec. Incapable de baisser les déficits, il a dû demander un délai à Bruxelles avant d’augmenter les impôts puis de déplorer le ras-le-bol fiscal. Son dilettantisme s’est manifesté lors de l’affaire Cahuzac, où déjà il maniait bien le mensonge en commission d’enquête.

 

Un candidat schizophrène

 

Sitôt remercié, il envoie un cadeau empoisonné à François Hollande en annonçant sa volonté de devenir commissaire européen, si possible à l’économie. Ce choix de le nommer gardien de l’euro de la commission Juncker est bien sûr incompréhensible. Comment un braconnier peut-il devenir garde-chasse ? Comment le ministre des finances qui n’a pas su appliquer la règle des 3 % peut-il réprimander d’autres pays qui en seraient incapables ? Comment un socialiste français peut-il sanctionner la France socialiste ? Il y a conflit d’intérêts évident : on ne peut être juge et partie. Cette double contrainte va peser sur Pierre Moscovici, le candidat schizophrène.

 

Les allemands veulent que le pacte de stabilité et la rigueur budgétaire s’appliquent. Ils peuvent être inquiets. Cette candidature était une erreur de la part de François Hollande. Comment peut-on décemment viser les affaires économiques alors que la France est à la remorque de l’Europe en matière de déficits ? N’aurait-il pas mieux fallu viser les affaires étrangères, où la France aurait eu plus d’influence ? Mais le but était de recaser Pierre Moscovici. La droite et la gauche ont fait un compromis, avec un espagnol à l’environnement dans la balance. C’est la prime aux cancres.

 

Loin d’être la solution, la France devient le problème de l’Europe. Bruxelles pourrait émettre un avis négatif voire une sanction contre le budget français. Non seulement celui-ci est encore en déficit de 4,3 % en 2015 après l’avoir été de 4,4 % en 2014, mais il est aussi insincère car il prévoit 21 milliards d’euros d’économies avec des hypothèses de croissance complétement irréalistes. L’amende serait alors de 4 milliards d’euros, un camouflet mérité pour la France après tant d’années d’erreurs et d’errements. Notre pays serait comme Pierre Moscovici, le cancre de l’Europe.

 

Le scenario est hautement improbable tant il mettrait en danger l’avenir du projet européen. Ce serait une atteinte insupportable à notre souveraineté. On peut taper sur les doigts d’un petit pays. Pas d’un gros. Mais la situation est désespérante. La France ne peut pas se réformer. Elle en est encore à débattre si la rigueur ne cause pas de l’austérité et de la déflation alors qu’elle continue à dépenser là où la Grèce, l’Espagne et la Grande-Bretagne ont fait des efforts et des sacrifices et commencent à en recueillir les fruits. Mais la France fait le pari d’une stratégie non coopérative. Elle ne réduit pas ses déficits budgétaires, espérant que d’autres fassent les efforts à sa place et permettent la relance. Reste à savoir jusqu’à quand cela marchera.

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