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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 07:18

« Contrôlez l’alimentation, et vous contrôlerez les peuples »

 

Henry KISSINGER (1923) – Diplomate américain et franc-jeu

 

 

Aujourd’hui dans le monde, 1 milliard d’individus souffrent de la faim. 10 millions en meurent chaque année. Le problème n’est pas tant qu’il manque de la nourriture. Il est juste qu’on ne sait pas la répartir. L’agriculture produit suffisamment pour donner à bouffer à tout le monde même malgré le manque de terres, les catastrophes naturelles et les guerres civiles. La famine est une invention de pays riches pour soumettre les pays pauvres. Sinon la communauté internationale interviendrait plus rapidement en Somalie qu’auprès des marchés financiers.

 

Les pays du Nord exercent une vraie prédation sur les pays du Sud pour accaparer leurs ressources. Ils minent à la base leurs structures productives pour les empêcher de s’enrichir et de subvenir eux-mêmes à leurs propres besoins. Sans souveraineté alimentaire, ces États faillis sont soumis à des nations plus puissantes qui utilisent l’arme de la faim. Ex grenier de l’Afrique, le Zimbabwe fait aujourd’hui appel à l’aide humanitaire. La faute à de mauvais choix politiques imposés par le FMI. La faim n’est pas le résultat des inégalités entre pays. Elle en est la cause.

 

L’OMC impose des règles commerciales impossibles aux pays les moins avancés, pour qu’ils ne trouvent jamais le chemin du développement et de la croissance. Mauvaises récoltes, baisse des prix, pénuries : ou comment perdre par l’économie une indépendance gagnée par la politique. L’ex président brésilien Lula parlait d’arme de « destruction massive » pour dénoncer cette pandémie du XXIème siècle, maladie des inégalités et inégalité des maladies. Un pays qui crève de faim c’est souvent un pays en guerre, en proie au choléra et qui en plus manque d’eau.

 

Le système se rétroalimente. Le riche est riche car le pauvre est pauvre. Le second est condamné au sous-développement par le développement du premier. Plutôt que d’intervenir par la force dans les pays dont ils veulent capter les ressources naturelles, les pays dominants s’incrustent grâce à l’aide alimentaire ou à l’achat de terrain. La France sort Bernard Kouchner, la Chine sort le carnet de chèques. Le pillage est aussi dans l’entrée de firmes multinationales, qui par leur monopole contrôlent les exportations et les importations des pays dominés.

 

Le libéralisme a ressuscité le colonialisme. Il offre des débouchés faciles à nos produits invendus. L’Europe achète du silicium à 1 euro au Zaïre et lui revend du verre à 100 euros. Il faut juste être du bon côté de la chaîne alimentaire, celui qui mangera l’autre. Les forts sont au centre et les faibles à la périphérie. Les uns imposent leur système économique et leur modèle culturel. Les autres doivent aimer ce qu’ils mangent à défaut de manger ce qu’ils aiment. On fait bouffer du blé là où il ne pousse même pas. Après tout, la mondialisation est source d’égalité.

 

L’aliénation et l’alignement sont les conséquences de ce commerce inégal. Une division internationale du travail qui voit les pauvres fournir les matières premières et les riches produire les biens manufacturés. La valeur ajoutée est toujours pour les mêmes. Les petits sont similaires donc non complémentaires et ne peuvent ainsi se rebeller contre des gros qui donnent pour dominer et dont la main se referme dès que la crise arrive. Ils vendent à l’extérieur sans grandir à l’intérieur et s’endettent sans investir auprès de ces créanciers qui leur imposent la famine.

           

La faim est donc un crime contre l’humanité mais aussi le crime organisé qui nous fait vivre. Un État qui mobilise exclusivement son budget à rembourser sa dette et qui monopolise ses ressources naturelles pour les vendre bon marché à ses prédateurs ne peut pas lutter contre la faim. Sans tissu productif ni stratégie industrielle, les pays du Sud suivent en plus les conseils des pays du Nord pour mener des réformes agraires et des plans économiques suicidaires. La modernité est un cauchemar quand elle est imposée sans précaution au milieu de l’archaïsme.

 

Les inégalités sur le plan international déteignent alors sur le plan interne. Les villes s’en sortent tant bien que mal tandis que les campagnes s’en voient pour survivre. Les paysans sont exclus de leurs terres par les militaires. On arrive ainsi à des situations comme au Mali, où les terroristes islamistes utilisent la révolte qui gronde pour renverser le gouvernement et contrôler le pays. Les guerres qui nous coûtent si cher pour pacifier les régions proches seraient inutiles si on n’en semait pas les causes. Mais on préfère souvent détruire là où il faudrait construire.  

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