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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 07:45

« La démocratie est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres »

 

Winston CHURCHILL (1874-1965) – Ancien Premier ministre britannique et pas mieux

 

 

Les non-alignés de l’UMP adorent les élections. Tellement qu’ils voudraient bien qu’il y en ait une autre afin qu’ils puissent y participer. Si possible en n’imposant plus une barre aussi haute de parrainages. Pensez donc ! Réunir 3% du corps électoral sur sa pétition est un effort surhumain pour les prétendus prétendants de la nouvelle génération. Ce n’est pas pour attaquer gratuitement Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet. Encore heureux qu’ils ne paient pas. Mais demander une co-présidence Copé-Fillon, c’est trop. Et pourquoi pas à tour de rôle ?

 

On frôle le ridicule avec ces demandes idiotes tirées du gouvernement du peuple. Car derrière l’intérêt politique, il y a bien une admiration inconsciente et inavouée pour les blocages de la démocratie. C’est le régime qui nous divise le moins, mais aussi celui qui nous gouverne le plus mal. Les atermoiements de ses dirigeants sont aussi légendaires que les aboiements de ses masses, les réformes ratées de ses défenseurs aussi réussies que les révolutions avortées de ses adversaires, et les choix du peuple aussi respectées que les droits de l’homme en dictature.

 

Le meilleur c’est la démocratie autoritaire. Le pouvoir est un exercice solitaire : il faut être un nombre impair pour l’assumer et 3 c’est déjà trop. La révolution française avait semblé ramener le peuple dans les lieux du pouvoir. Mais juste pour visiter : une fois qu’il y a goûté, la gamelle de la décision lui est bien vite retirée pour ne pas qu’il s’y habitue. Ainsi la gauche qui prônait la concertation et la consultation a bien vite retourné casaque. Les décisions sont bien collégiales, mais elles se prennent entre haut-fonctionnaires et non entre ministres ou députés.

 

La démocratie des experts, voilà ce qui fait rêver ceux qui ne croient que dans le talent du gouvernement des élites et non dans la médiocratie du gouvernement de tous, par tous et pour tous. Or l’aristocratie qui est le gouvernement des meilleurs est avant tout une oligarchie qui est le gouvernement des peu. Ce n’est pas normal que quelques rares huiles bienpensantes décident pour les autres sur des critères prétendument objectifs alors que la politique est avant tout une affaire de choix normatifs. Tout peut se défendre, à condition d’avoir le bon argument.

 

A l’image du mariage homosexuel. Ce n’est pas parce qu’ils paraissent rétrogrades que ses opposants ont forcément tort. Par manifestations opposées et interposées, pour et contre devraient se foutre sur la gueule et parvenir au final à confirmer leurs désaccords. Est-ce cela la démocratie ? Ou bien est-ce prendre la rue pendant des mois à ses usagers pour faire plier un gouvernement aux couilles gonflées à l’hélium avec le seul motif de défendre son petit intérêt particulier ? Le gouvernement de la minorité, c’est bien celui de la minorité active. La vraie opposition ne vient pas du peuple ou du parlement, mais bien des groupes les mieux organisés.

 

Le pouvoir se résume à des coûts et des risques. En dictature, les coûts de coordination des différentes volontés sont quasi nuls car personne ne peut donner son avis mais les risques d’insubordination sont quasiment incalculables. A long terme, la répression débouche toujours sur la révolte populaire. En démocratie, c’est l’inverse : l’éternité est assurée car le système est légitime mais le quotidien est un enfer car il faut tenir compte de tout le monde tout le temps.

 

Les mouvements sociaux et les faits divers prennent en otage le mouvement politique et les faits d’armes. Le maire de Sevran fait une grève de la faim et il obtient ses 5 millions d’euros de subventions supplémentaires. Le patron fait un tour à l’Elysée et son secteur est retiré de la nouvelle taxe de Matignon. L’usager se plaint et c’est le fournisseur de gaz qui paie la facture. Ce qui est essentiel pour eux n’est pas capital pour nous, mais c’est ce qui importe le plus.

 

La politique c’est du risque et de l’incertitude. Pour porter sa vision, il faut assumer les critiques. Or on ne risque rien à aller contre les gens quand ils ont tort. En cinq ans, Nicolas Sarkozy ne s’est jamais mis la rue à dos or c’est cela qui a mis son camp à terre. C’est en voulant être populaire sans faire de réformes qu’il est devenu impopulaire parce qu’il ne faisait pas de réformes. Son successeur en 2017 devra retenir la leçon. Et gouverner, tout simplement. 

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