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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 23:05

« Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit »

 

Henri LACORDAIRE (1802-1861) – Religieux français et relais qui relie  

 

 

On dit souvent qu’une nation respire par les pores du social. La vie d’un pays serait une énergie invisible agissant comme une monade. Elle lie les gens entre eux et crée une société en réseau. Le progrès économique est alors tenu pour responsable de la désintégration du lien qui unit dans un même pacte les membres d’une communauté. L’individualisme et la passion pour l’argent l’emportent alors sur l’amour du prochain et l’égalitarisme. Le désintérêt est en jachère.

 

Chacun mène sa vie parallèle sur les réseaux sociaux d’internet au lieu de participer à la vraie vie sociale qui l’entoure. Qui l’encercle, tant le lien social est devenu un lieu d’oppression et une prison pour ceux qui ne voient plus de salut dans le destin collectif du peuple. La France est pessimiste pour elle-même mais les français voient leur avenir en rose. Ce n’est pas la bonne couleur. La solidarité est avant tout un enjeu politique. Un pays qui se désintéresse de lui-même en ne votant pas aux élections verra ses citoyens ne pas se porter secours en cas de danger.

 

Les associations sont le cœur du corps social. Stimulées par la loi et par de généreuses subventions, elles rendent les gens dynamiques et aident les personnes en difficulté. Relais local apprécié, le club de foot est aussi performant que la soupe populaire ou l’amicale des retraités pour lutter contre l’exclusion et ramener dans le groupe les éléments isolés. C’est parce qu’elles remplacent des instances politiques dépassées que ces structures sociales tuent la cohésion vitale à petit feu. En multipliant les actions isolées, on incite chacun à créer sa petite patrie à part.

 

L’Etat devrait les mutualiser et faire des synergies, le mot à la mode. Il en est de même des dépenses sociales de l’Etat-Providence. Il soigne tous les maux du berceau à la tombe et du sol au plafond : la pauvreté, l’insalubrité, la maladie, l’ignorance, le chômage, la vieillesse et la dépendance. Cette assurance tous risques croit exonérer les hommes de leurs obligations vis-à-vis de leurs semblables avec de l’argent alors qu’on ne coupe pas le lien social comme cela. Ils naissent dépendants des autres. Ils doivent mourir dépendants des autres. On n’y échappe pas.

 

Le lien social est vu comme une corde qui attache de force les gens entre eux, or l’Etat social est un geôlier plus redoutable encore avec la dictature des versements qu’il impose. Le travail des uns finance l’assistanat des autres alors que ce devrait être l’impôt qui devrait payer la solidarité. Le care est aux petits soins avec les personnes à mobilité réduite et malvoyantes et n’a pas d’euphémismes assez faibles pour déclamer sa désolante compassion. Les chèques emploi service font travailler les pauvres pour les riches et rétablissent le servage qu’on croyait disparu.

 

Le social ne vivra que si on réhabilite l’humain contre le monstre froid de la société. Les retraites doivent être financées par l’épargne individuelle et non par un système communiste et fascisant qui extorque et exproprie pour dilapider l’argent qu’il ne sait pas gérer. L’insertion ne passera que par l’activité car les gens dans la détresse ont autant besoin d’un revenu minimum pour vivre que d’une raison de croire, d’espérer et d’avoir envie. La solidarité nationale ne doit plus être aussi dispendieuse au point de vampiriser jusqu’à la solidarité familiale. Et l’amitié.

 

Le lien qui libère c’est celui qui incite à se tourner vers l’autre sans carotte ni bâton mais seulement avec un peu d’amour et d’amour-propre. Pour y parvenir, l’individu doit être en paix avec lui-même et donc retrouver la fierté de faire les choses tout seul. Il n’y a pas que l’argent dans la vie si on veut être heureux, mais on n’est vraiment libre que si on n’a les moyens de ses rêves. Car quand on n’est pas capable, c’est avant tout qu’on adapte et abaisse ses préférences.

 

La France ne comprend rien au social parce qu’elle le considère davantage comme une obligation que comme une solution. Elle ne comprend pas que dans un pays comme les Etats-Unis, les Etats fédérés refusent que l’Etat fédéral leur impose la sécurité sociale car c’est une atteinte à leur liberté. Elle refuse de comprendre que même un pouvoir qui fait le bien est un pouvoir qui fait mal et en fait trop. Chacun est capitaine de son navire et il le mène où il le veut.

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