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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 09:54

« Par le simple fait de faire partie d’une masse, l’individu

descend de plusieurs étages dans l’échelle de l’humanité »

 

Gustave LE BON (1841-1931) – Philosophe français et peu populaire

 

Place au peuple ! La démocratie participative a le vent en poupe. Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon veut une 6e république où les français votent plus souvent. Nicolas Sarkozy prône des référendums pour contourner l’immobilisme des corps intermédiaires. La mairie de Paris lance son premier budget participatif en faisant voter 5 % de ses dépenses d’investissement par les parisiens. Ce sont là de bonnes intentions. Mais pas forcément du bon sens, tant la démocratie directe est nuisible.

 

Le constat de départ est l’essoufflement de la démocratie représentative, déception permanente pour le citoyen. L’impression d’une fin de cycle des partis, des élections et des parlements. Il faut redonner la parole au peuple, à ces gens de bon sens qui connaissent mieux la vraie vie que ces hommes politiques obscènes et démagogues qui monopolisent le pouvoir. C’est l’argument qu’utilisent déjà les chefs d’entreprise pour critiquer la mainmise de la haute fonction publique sur la haute politique. On imagine pourtant le désastre que cela donnerait si on faisait gouverner le Medef.

 

À l’ère de la défiance succède donc celle de l’utopie, celle d’une société qui décide enfin de se gouverner elle-même. Le système actuel est celui d’un peuple seulement à demi-souverain. Vigilant mais pas acteur, votant mais pas décideur. Le discours populiste de la fin des élites encourage donc à en finir avec ce manque de culture démocratique qui veut que les masses ne soient bonnes que si elles sont endormies. La solution est de donner le pouvoir au peuple, la participation conférant légitimité.

 

Deux onanismes qui se regardent

 

Or tout se finit toujours mal avec le peuple. La révolution française était une prise de pouvoir par les élites bourgeoises. Elle a dégénéré quand les masses populaires s’en sont mêlées. Le peuple est à jamais indisciplinable. Il n’a pas de vision à long terme de l’intérêt général et de la préservation d’une nation. On n’a jamais vu un peuple décider lui-même de s’augmenter les impôts, même si c’est pour son bien. Et encore moins se mettre d’accord sans violence sur les bons choix à prendre.

 

Cette mode de la démocratie participative n’est qu’une ode à un duo d’impuissants, à deux onanismes qui se regardent. Avec des élus qui font mine de donner la parole aux citoyens et des citoyens qui font mine de prendre la parole aux élus. Il n’y a qu’à regarder les conseils de quartier qui existent aujourd’hui dans certaines villes de France pour bien comprendre à quoi ressemblerait la démocratie de proximité si on la généralisait : des réunions de geignards et de minorités actives, qui dénoncent leurs voisins sans jamais proposer le début d’un commencement de solution viable faute de connaissance sérieuse des dossiers. Du bavardage sous l’alibi du débat.

 

La priorité est au contraire de rétablir l’autorité de la parole publique et non de l’affaiblir. On choisit des représentants pour qu’ils prennent de bonnes décisions et qu’ils en assument les conséquences en remettant régulièrement en jeu le pouvoir qui leur a été confié. Pas pour renier leurs idées et attendre la solution de celles des autres. La place du peuple, c’est de voter et de faire des bons choix. C’est d’exiger au quotidien que les promesses faites lors des campagnes électorales soient tenues. C’est d’exercer le pouvoir en s’assurant que celui-ci soit fort et respecté par tous.  

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