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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 23:18

« Il arrive que l’histoire repasse les plats mais ce sont rarement les meilleurs »

 

André FROSSARD (1915-1995) – Journaliste français et oscar froussard

 

 

C’est toujours la même histoire. Un éternel retour. Avec ses grands penseurs qui disent des conservateurs qu’ils sont des réformistes attardés, la gauche est si sûre d’elle-même qu’on doute presque que sa bêtise soit involontaire. Elle annonce souvent la révolution et renonce toujours au changement alors même que la droite l’y encouragerait. Praticienne théorique plus que théoricienne pratique, elle débute à l’extrême gauche avant de virer de bord et de prendre des tournants et des virages qui la mènent bien souvent à la vérité, celle de droite. Un peu tard.
 
Le révolutionnaire Jules Guesde s’est longtemps écharpé avec le réformiste Jean Jaurès. Avant de renoncer face au bon sens commun de l’édile de Carmaux. Marxistes tous les deux, ils n’avaient pas exactement la même conception de la dictature du prolétariat et du socialisme. Pour aligner infrastructures et superstructures, l’un disait qu’il fallait prendre les armes et l’autre savait que cela aurait été passer l’arme à gauche. Alors c’est le plus à droite qui a gagné, et la scission des communistes qui ont accepté sans conditions les 21 conditions en 1920 vient de là.
 
Le bolchévique Lénine a eu raison du menchévique Kerenski. La bave aux lèvres et la morve au nez, il a éructé contre le renégat Kautsky et le bourgeois Bernstein et a fini par faire de la Russie la patrie du communisme dans un pays où il n’y avait pas un ouvrier. Il les a créés par la force des choses, et plus par la force que par les choses. Avec le communisme de guerre et la nouvelle politique économique, il a pris un tournant libéral vers un retour à la propriété privée qui aurait fait se retourner Marx dans sa tombe. Le gauchisme, maladie infantile…
 
Le stalinien Staline a pris le meilleur de et sur le trotskiste Trotski. A couteaux tirés et le couteau entre les dents, leur duel s’est terminé sur un coup de piolet dans le crâne. C’était la faucille contre le marteau, tant l’un et l’autre criaient avec plus ou moins de tranchant le même discours haineux contre les ennemis du peuple et les ennemis de classe. Entre temps il y a eu la déstalinisation, Bad-Godesberg et le congrès de Toulouse. L’eurocommunisme a tué la IIIème Internationale et c’est la social-démocratie de la IIème Internationale qui a eu la garde des enfants.
 
Le droitisé François Mitterrand s’est bien foutu du gauchiste Georges Marchais. Avec la vieille stratégie des communistes de l’entrisme, il a permis au PS de devenir le premier parti de la gauche aux dépens du PCF et à la gauche de finir d’être divisée et humiliée. Ce fut le congrès de Tours à l’envers, et la droite rêve aussi de son congrès de 1974 à l’envers afin d’en finir avec l’extrême droite. Or une alliance entre l’UMP et le FN donnerait peut-être un vainqueur surprise. Alors que c’est en cessant d’être radicale que la gauche a siphonné l’extrême gauche.
 
Le gominé François Hollande a bien vaincu la laminée Martine Aubry. Elle prônait des mesures fortes et fustigeait la gauche molle, mais c’est lui qui a gagné la primaire. Il était plus rassurant. Dans la continuité et la contiguïté des centre-gauchistes, dont il partage l’ambiguïté. Michel Rocard, plus PSU que PSG mais moins girondin qu’on ne le dit. Jacques Delors, plus libéral que mendésiste et plus européen qu’il ne l’aurait fallu. Lionel Jospin, Monsieur Probité avec ses 100 ans d’honnêteté mais bien moins recommandable qu’on ne le recommande.
  
Le vallsissime Manuel Valls a pris le dessus sur le montebourgeois Arnaud Montebourg. Le gouvernement socialiste dit non aux nationalisations et aux dépénalisations que prône l’aile gauche façon Benoit Hamon. Il a pris son virage à droite, comme tous ses devanciers avant lui. Le Front populaire de 1936 avait décrété la pause dans les réformes. La gauche à papa de 1981 avait pris le tournant de la rigueur. La gauche plurielle de 1997 avait fait de la croissance. Celle de 2012 s’est convertie au discours sécuritaire et au choc de compétitivité. Elle a enfin compris.
  
C’est avec de la fausse vertu et avec de mauvaises valeurs qu’on fait du paradis sur terre un enfer sans ciel bleu. Rouges contre bleus, la gauche et la droite croient tous deux avoir raison mais bizarrement c’est toujours la même qui finit par rejoindre l’autre. Or c’est la même qui gueule plus fort ses certitudes incertaines et mal assurées en torpillant les torpédistes et en jouant aux partisans apatrides. Elle croit à tort que l’histoire est comme un cours d’eau qui suit obligatoirement son chemin alors que le sien est tout tracé vers le programme actuel de l’UMP.

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