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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 05:40

« Nulle raison ne pourrait justifier le mensonge »

 

Anton TCHEKHOV (1860-1904) – Ecrivain russe et sérum de vérité

 

 

François Hollande a menti. Le président a gagné les élections parce qu’il avait promis qu’il ferait mieux que Nicolas Sarkozy, et les électeurs l’ont cru. Ce n’est pas la droite ou l’UMP que les français ont rejeté en 2012, mais bien l’hyperprésident que les anti-sarkozystes primaires ont canardé à coups de chroniques et de manifs cinq ans durant. Ils n’ont jamais espéré dans le charisme du socialiste. Mais ils ont au moins écouté ses nombreuses promesses de campagne.

 

Voilà quelques mois que la gauche est au pouvoir et on a déjà compris qu’il s’agissait de mensonges de campagne. Où est passé le faux Che Guevara qui entre deux pitreries au meeting du Bourget certifiait avec toute la force que son corps indolent et grassouillet lui autorise qu’il en finirait avec « le monde de la finance » ? Qu’est devenu le mime de François Mitterrand qui en 60 engagements croyait redresser la France et apportait là la preuve qu’il n’en respecterait pas un seul ? La droite n’avait-elle pourtant pas prévenu les français du drame qui se tramait ?

 

« Moi président de la république », disait celui qui n’est plus vu désormais que comme un résident de la république tant il occupe sa fonction seulement pour la forme. Parangon de la présidence « normale », il n’a pas attendu un mois pour laisser sa bourgeoise de harpie humilier la France à coup de tweets et de caprices. Héraut de l’Etat modeste, c’est pourtant encore lui qui n’a pas hésité un instant à l’heure de nommer une tripotée de ministres dont la moitié ne dépasse pas la ligne de flottaison sur l’échelle de l’intelligence. Najat et Rachida, même combat.

 

Le Paganini du social s’est converti en un libéral introverti, laissant les forces vives de la nation se concerter entre elles sur le contrat de travail à la conférence d’Iéna avec le résultat en demi-teinte qu’on sait. Le Kissinger des relations internationales a vite montré ses limites autant dans le rôle de sauveur de l’Europe avec l’Allemagne que dans celui de chef de guerre au Mali. Le Keynes de l’économie a avoué sans mal ses lacunes au détour d’un grand oral en Algérie. Que François Hollande ne soit pas à la hauteur n’est pas grave. On le savait. Le mal est ailleurs.

 

Le mensonge de la campagne n’est pas tant que le président avait promis qu’il en finirait avec les maux de la France et qu’il n’avait pas le germe d’un embryon de solution. Il a déclaré ouverte la bataille pour l’emploi, or il a déjà changé de guerre en choisissant un adversaire plus facile en Afrique. Il a promis d’inverser la courbe du chômage en 2013 et d’abolir les déficits en 2017 mais de toute façon il repousse toujours les échéances. Le mensonge de la campagne c’est qu’il s’est fait élire avec un programme de gauche pour appliquer des réformes de droite.

 

Le candidat promettait la légalisation du mariage homosexuel et le président se gardera bien d’aller plus loin avec l’extension à la PMA ou à la GPA. Le candidat promettait la taxe à 75% sur les hauts revenus et le président savait que cette mesure était si absurde qu’elle serait retoquée par le Conseil constitutionnel pour son caractère confiscatoire. Le candidat promettait de tout nationaliser des métallos aux logements et le président a nommé un 1er ministre qui dit non à toutes les initiatives de son sémillant mais insignifiant ministre du redressement productif.

 

Le candidat a promis et le président a menti. En nommant un ministre de l’intérieur de droite sans avoir le courage ou le caractère de l’assumer. En votant le traité européen sur la rigueur contre l’avis de ses coalisés écologistes. En rétablissant la TVA sociale vingt jours après l’avoir abrogée sous prétexte qu’elle avait été promulguée par son prédécesseur. En stigmatisant les entreprises pour mieux ensuite les alléger de charges sans aucune cohérence idéologique.

 

Cette imposture coupe l’herbe sous le pied de la droite car à sa marginalisation sur les sujets de société à peine sauvée par un engagement juste assez mou contre le mariage pour tous pour ne pas l’empêcher de passer, elle ajoute la neutralisation de ses arguments économiques avec la disparition de toute différence et donc de tout angle d’attaque. La bataille pour la succession de Jean-François Copé a déjà commencé, et le plus dur avec. La gauche a menti pour appliquer un programme de droite. Pourquoi la droite n’a-t-elle jamais fait de même ?

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