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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 23:25

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »

 

Pierre CORNEILLE (1606-1684) – Dramaturge français et confondu avec un chanteur

 

 

A une semaine prés, il aurait passé la campagne sans jamais avoir douté du résultat final. Le camp Fillon a les pétoches. Le trouillomètre à zéro, comme on dit. On prédisait une victoire facile de l’ancien 1er ministre, tous les sondages réalisés auprès des sympathiques sympathisants le donnant invariablement en tête avec une respectable avance. Mais on est un con : à quelques jours du vote des militants - le seul qui compte - Jean-François Copé et François Fillon sont au coude-à-coude dans les enquêtes les plus sérieuses. C’est du 50-50. Du kif-kif avant le snif-snif.

 

Ceux qui voulaient de la savate entre les deux hommes forts de l’UMP repartent déçus. Ils ne se seront jamais invectivés, ni même vraiment affrontés d’ailleurs. C’est bien le problème. Les médias espéraient un combat de coqs avec du sang qui gicle comme dans les pires congrès du PS. Or il y a eu un combat de catch avec de fausses prises, même si le résultat est loin d’être écrit à l’avance. Mais ce n’est pas assez vendeur. Surtout qu’ils devraient faire la paix à la fin, et éviter la guerre des egos à défaut de guerre des chefs une fois qu’un des deux sera le patron.

 

Ils savent qu’ils ne font pas encore l’unanimité à droite et que l’ombre tutélaire de Nicolas Sarkozy plane encore sur le parti. François Fillon a pourtant essayé de rassembler avec un grand râteau là où Jean-François Copé tentait de fendre l’air avec une épée, sabre au clair. Il n’a pas mis de sujet diviseur sur la table et n’a pas dit de choses qui auraient pu choquer du côté de Saint-Germain-des-Prés. La vague rose déferle plus que jamais sur la France. Il serait en fait incapable de rallier tout le peuple de droite tant il rassure avant tout et surtout le bourgeois.

 

On ne lui demande pas de tout mettre à droite pour remonter la pente des sondages, même si la tactique Buisson s’est révélée la plus efficace en 2007 et 2012 pour rassembler la droite sociologique. Mais on ne veut pas d’un homme qui plaira à la gauche. Le problème n’est pas que Jean-François Copé est plus à droite. Il est que François Fillon est moins à droite. En prônant autant la modération et les complexes, il renie l’héritage de Nicolas Sarkozy qui avait dépucelé la droite de la peur du volontarisme. C’est même pire : il dit que tout ce qui était bien dans le quinquennat était grâce à lui, et que tout ce qui était mal était à cause du président.

 

François Fillon est convaincant même s’il n’est pas toujours convaincu par ce qu’il dit. Comme quand il parle d’assimilation au lieu d’intégration, une belle référence néocolonialiste pour aller sur le terrain de l’adversaire. Il est finalement plein de paradoxes. Il incarne l’union alors qu’il est et a toujours été un homme isolé à droite. Il est ambitieux mais il faut le mettre en difficulté pour qu’il se décide à passer à l’action. Il est vindicatif en off et dans l’opposition mais perd tout esprit de décision une fois au pouvoir et aux responsabilités. Rappelons que c’est cet homme qui voulait en finir avec les 35 heures, l’Etat en faillite et le poste de 1er ministre. Il les a gardés les trois et a préféré subir cinq ans de Nicolas Sarkozy plutôt que d’être mis au placard.

 

François Fillon ferait et serait un Hollande de droite ou un Balladur du pauvre, capable et coupable de transformer l’UMP en une pâle copie de l’UDF. Fillon le fuyant joue les fuyards à la moindre polémique. Jamais il ne se serait mouillé sur le racisme anti-blanc puisque son programme est aussi vague qu’il divague. Il ne divise pas mais il ne fait pas vibrer. Il ne dit rien de mal mais il ne taille jamais personne. Il a de grandes valeurs mais il ne dit rien de concret.

 

Tels sont les paradoxes de cet homme compétent et honnête mais sans tempérament ni bagou. Or il faut regarder le revers de la médaille. Qu’on ne compte pas sur lui pour mener la refondation des valeurs de l’UMP : ce serait trop risqué pour la cohésion et pour son image ! François Pignon est une fausse évidence. Ses soutiens qui l’ont rejoint par pur calcul politique et qui étaient jusque-là impressionnés par sa sérénité ont des doutes quand ils le voient paniquer à l’idée d’une défaite inattendue. Or il a fait une campagne nationale de notable quand son rival a fait une campagne militante de terrain. Ce dimanche, un camp sera plus mobilisé que l’autre.

 

Jean-François Copé ferait un excellent président de l’UMP pour deux raisons : il serait le meilleur président jusqu’en 2015 et le meilleur candidat en 2017. Il est le mieux organisé et le meilleur organisateur. Il est le seul que craint réellement François Hollande. Il est prêt à diriger la droite et l’opposition car il est déjà le premier militant et le premier opposant comme secrétaire général. La pugnacité, l’audace et le courage font partie de son vocabulaire. Jean-François Copé c’est le plus doué de sa génération. On n’a pas mieux en magasin. Sûr et certain.

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commentaires

Dejean 15/11/2012 19:10

Je suis complètement d'accord avec cet article et j'avoue que par petite touche F. Fillon m'a déçue, je pensais jusqu'à présent que j'étais peut être un peu dûre dans mes jugements. Mais là, il se
dévoile et c'est définitivement acquis pour moi qu'il n'était que le collaborateur de N.S.

Carbone 12 15/11/2012 21:22



Le problème, c'est que ses anciens ministres ne le soutiennent que par calcul politique pour la suite de leur carrière. L'UMP serait dirigée plus efficacement par Jean-François Copé.



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