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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 23:45

« Les riches c’est fait pour être très riches et les pauvres très pauvres »

 

Louis de FUNES (1914-1983) – Humoriste français et le porte-monnaie plein

 

 

La taxe à 75% sur les millionnaires est le sparadrap du capitaine Haddock de la gauche. Inventée dans l’improvisation la plus totale pour relancer une campagne électorale en manque de propositions clivantes et de pochettes surprises, elle oblige François Hollande à faire une loi qui monte tout le pays contre 1500 riches pour prouver qu’il tient ses promesses. Initialement profitable à son image d’homme de gauche, elle est maintenant nuisible à sa posture d’homme de consensus. C’est pour cela qu’il ne compte pas la laisser en vigueur plus de deux ans.

 

C’est fou comme les français cultivent la haine du riche. Ils trouvent offensants les signes extérieurs de richesse et sont offensifs contre ceux qui gagnent bien leur vie. Ils croient indignes les rémunérations des grands patrons et sont indignés par ceux qui réussissent ce qu’ils tentent. Ils sont les premiers à faire les plaisanciers mais sont les derniers à jouer les plaisantins quand il devient question d’argent. Ils restent dans leur état initial face aux pauvres violeurs et vomissent les conflits d’initiés des riches voleurs. Ils aiment imiter l’ouvrier et adorent limiter le bourgeois.

 

L’argent est tellement inutile qu’il en devient indispensable. Bien plus qu’une ligne au palmarès de la fiche d’impôt, c’est un bien social qui unit les hommes. Par sa valeur d’échange monétaire et affective, il crée du lien et met les membres d’une même société en relation. Par son sens inné de la circulation, il fait monter et descendre les étages de l’ascenseur social. Par sa capacité à compter autant les sous qu’aux yeux des hommes, il donne une valeur aux biens et aux gens. C’est pourquoi certaines fiches de paie en forme de feuilles volantes brûlent les yeux.

 

Prétendant exprimer de la générosité aux pauvres alors qu’elle ne fait que de l’assistanat, la gauche éprouve une telle jalousie à l’égard des riches qu’elle se fait un devoir moral de leur assener toute sa rancœur avec des mesures libertaires et liberticides. La taxe à 75%, c’est juste un symbole pour montrer du doigt les grandes fortunes et pour caresser dans le sens du compte en banque l’immense unanimité des électeurs. On sait déjà qu’avec un taux aussi prohibitif, la mesure est vouée à l’inefficacité tant l’exil forcé des victimes réduira l’assiette de cet impôt.

 

C’est toujours la même chose en politique : il faut assumer l’impopularité sur le dos de quelqu’un. La droite baisse les impôts mais baisse les dépenses. La gauche augmente les impôts mais augmente les dépenses. L’une s’aliène les pauvres et s’allie aux riches. L’autre fait l’exact opposé. La solution serait pourtant au milieu et ailleurs. Avez-vous déjà remarqué que le prix du logement est plus cher à Paris qu’à Rodez, le prix du parapluie plus cher à Lille qu’à Nice et le prix de l’essence plus cher à la campagne qu’en ville ? Il faut de la solidarité entre territoires.

 

Mais les élus de tous bords ont le cœur sur la main et la main dans le portefeuille, sur la fermeture-éclair. Fiers de faire des riches des mendiants qu’ils frappent alors qu’ils sont à terre, ils n’oublient pas cependant de taper aussi sur les classes moyennes et populaires en infligeant des garbures fiscales imbuvables et indigestes. Avec l’augmentation de la TVA, le gouvernement gagnera bien plus qu’avec l’augmentation de l’ISF. Entubés bien profond, les français sont les véritables pigeonneaux dans cette affaire. Les dindons de la farce tranquille des socialistes.

 

On plaint donc à peine les patrons pigeons qui ont fini par obtenir leurs crédits d’impôt parce qu’ils sont mieux organisés à dix que les soixante millions de consommateurs qui les font vivre. Ils ont les millions et nous sommes des millions, mais ils nous prennent pour des zéros et cela n’a rien d’étonnant tant nous comptons pour part négligeable. Mais la nature de l’homme est ainsi : il a plus de respect pour les animaux victimes de la vivisection que pour les somaliens victimes de la famine. La fin de la faim peut attendre. Pas le paiement du salaire et du loyer.

 

Les riches sont devenus pauvres l’espace d’un débat politique mais ils s’en remettront. La taxe stupide à 75% est même un fier service qui leur est rendu puisqu’il faut souvent mettre les gens en difficulté pour les pousser à s’en sortir. On aide moins une personne à se prendre en main en lui rendant la vie facile qu’en lui menant la vie dure. Les millionnaires perdront de l’argent, mais bien plus se perdit en Algérie. Le plus triste dans cette affaire c’est que la seule valeur qui compte encore aux yeux des français, c’est malheureusement la valeur marchande.

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commentaires

eX 03/01/2013 16:48

Il faut actualiser l'analyse !

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