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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 08:13

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement »

 

Nicolas BOILEAU (1636-1711) – Ecrivain français et critique à la dent dure

 

 

 

On peut tout penser. A condition de ne pas tout dire. Il y a certains débats tendancieux sur lesquels il ne faut pas dire n’importe quoi. Des sujets qui fâchent sur lesquels certains se lâchent. Le moindre propos raciste ou sexiste ameute l’arrière-garde inquisitrice et les chiennes de garde qui s’auto-érigent en tribunal public. Les blagues sur les tapettes et les arabes ne font plus rire. Georges Frêche, Christian Vanneste et Bruno Gollnisch l’ont appris à leurs dépens.

 

Et puis il y a les questions sur lesquelles les hommes politiques ne pensent rien car ils n’y pensent pas, n’ayant que des mots pour guérir ces maux. Ils sont sans vision, c’est pourquoi les citoyens sont encore plus dans le flou et ne voient pas bien où ils veulent en venir. Ils n’ont pas le courage de s’engager sur ces questions de société qui font de la politique un art noble, telle Simone Veil en 1974 résolvant sous les sifflets des machos la question de l’avortement.

 

Le prochain sur la liste est le mariage homosexuel car François Hollande n’a pas de complexes. Les oreilles du Vatican saignent mais elles saignaient déjà devant la crue de divorces de ces familles recomposées et décomposées. Les pédés n’alimenteront pas les naissances pour lutter contre le vieillissement de la France mais ils méritaient mieux que ce Pacs stigmatisant. La même idée a présidé à la proposition du droit de vote pour les étrangers aux élections locales.

 

Mais ce sont des faux problèmes, pas une question de vie ou de mort. Ainsi Eva Joly occupe son temps libre à proposer de légaliser le cannabis pour limiter le trafic de drogue et le trafic d’armes par-dessus le marché. Un pays qui snife du chite et fait le crack, c’est quand même stupéfiant. Il ne boit pas de vin mais fume du haschisch, fabriquant des loques humaines comme la Chine du XIXème siècle que les européens avaient droguée à coup d’opium.

 

Tout cela pour éviter ces sujets qui fâchent et qui vous font déraper un dîner de famille quand le tonton interpelle le beau-frère sur la politique. Or on est loin de l’apprêté des disputes sur l’affaire Dreyfus ou du courage de François Mitterrand abolissant la peine de mort. Les élus de notre temps inventent des droits sociaux pour faire plaisir et se barrent quand il faut trancher en s’abritant derrière le principe de précaution comme sur les OGM ou le gaz de schiste.

 

Pareil avec l’euthanasie. Les cas Vincent Humbert et Chantal Sébire n’ont abouti qu’à un texte provisoire qui sauve l’essentiel mais n’avance à rien, la loi Léonetti. Le droit à la mort digne est proclamé mais un médecin qui débranche son patient pour apaiser sa souffrance reste toujours un criminel aux yeux de la loi tant que celle-ci ne fixe pas clairement de responsabilité. Et François Hollande va botter en touche comme Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avant lui.

 

Plutôt que de résoudre ces problèmes, les gouvernants s’en créent d’autres. En votant la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, le petit père Combes et le brillant Aristide boutaient l’ennemi clérical hors de la république, faisant de la laïcité un combat plus qu’une garantie pour la liberté de conscience et l’intimité religieuse. Elle traque les infidèles qui ne respectent pas la religion laïque et stigmatise l’Islam avec la loi sur le voile de 2004 et la loi sur la burqa de 2010.

 

Sous prétexte de chasser les signes religieux ostentatoires, on a pointé du doigt ceux qui se cachaient pour mieux se montrer. On a rendu compliqué ce qui ne l’était plus, le curé de 1905 ayant déjà perdu la guerre des notables devant le maire, le notaire et le médecin. Mais le principe est resté, rigide et inamovible, défendu sans raison et sans raisonnement. Preuve qu’avec la laïcité, il vaut mieux être croyant que pratiquant.

 

Il faut des idées claires dans ces débats confus pour éviter le réformisme pervers. Défendre son opinion, car il y a bien une raison quand on croit avoir raison. Or à tout problème complexe il existe une solution simple… qui ne marche jamais.

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commentaires

Hector Cuper 03/05/2012 21:30

Ce qu'il manque, c'est un ensemble de mesures complètes et cohérentes pour règler cet ensemble de problèmes. Souvent, les gouvernants se contentent d'une mesure sorite de la pochette-surprise.

Carbone 12 06/05/2012 13:24



J'en attrape un torticolis à force d'approuver.



fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 28/04/2012 20:17

Blog(fermaton.over-blog.com), No-19. - THÉORÈME FRACTICE.
- Vous croyez au HASARD ?

Carbone 12 28/04/2012 21:28



C'est glucose, ton trip... Voilà un message aussi difficile à déchiffrer que le théorème de Fermat, si je puis dire.



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