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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 06:59

« Soyons dignes, soyons patriotes, soyons français »

 

Nicolas SARKOZY (1955) – Ancien président et futur président

 

 

Vous avez sous les yeux une photo prise le 15 mars 2012 lors du meeting de Villepinte de Nicolas Sarkozy. C’est la démonstration de force d’un candidat qui va remobiliser son camp démotivé par les sondages, une rencontre voire une réconciliation avec ce peuple de droite qu’il faut remettre sur le pied de guerre. Cette photo incarne la puissance et la force de l’UMP enfin réunie autour de son chef, disciplinée pour ses retrouvailles avant de mener la grande bataille.

 

Nicolas Sarkozy en est le sujet et personnage principal, vu de dos et en mouvement. Sa démarche axiale et sa pose anthropométrique lui donnent une apparence inhumaine. Le fait qu’on ne voit pas son visage nous le rend inconnu alors qu’il est la vedette de la scène. La foule, composée d’êtres identifiés en train d’applaudir est passive et en admiration devant cet homme.

 

Il y a une symétrie inversée. Nicolas Sarkozy porte un costume noir cubique et plissé car il est en mouvement et déterminé, au contraire des spectateurs au costume ouvert. Ils ont une chaise qui signifie qu’ils seront assis pendant que l’orateur leur parlera debout depuis le pupitre blanc immaculé situé au centre, qui illustre le pouvoir de la parole et le pouvoir sur scène. Le tumulte de drapeaux français en bataille contraste avec l’ordre des deux drapeaux du centre. 

 

Le cadre de la photographie est entièrement bord-à-bord, d’où un panorama ouvert qui laisse envisager le hors champ. On imagine à gauche et à droite que la foule s’étend encore plus loin. Il y a l’intention de faire apparaitre la salle et le monde plus grands que ce qu’ils ne sont,  pour transmettre l’idée d’une démonstration de force et de puissance. Enfin, le bord-à-bord du bas donne l’illusion au lecteur qu’il appartient à la scène, qu’il était avec Nicolas Sarkozy avant que celui-ci ne s’avance vers la foule et qu’il sera un spectateur privilégié de son discours.

 

Le lecteur est à mi-distance du sujet ce qui le rend à la fois intime et étranger à la scène. Il est d’ailleurs presque sur la scène, aux premières loges et seul à voir le candidat de dos. Mais le candidat s’en éloigne pour rejoindre le public avec qui il semble avoir mieux à faire, comme s’il le retrouvait après une longue absence. La focale le met au centre et l’environnement le sert comme élément central. Le spectateur n’est pas trop près du sujet afin de voir aussi le public.

 

L’angle de prise de vue est une légère plongée. Le lecteur est légèrement au-dessus du candidat ce qui crée un sentiment d’attente autour de lui. Il est aussi à la même hauteur que le public. L’effet dramatique ou de mise en scène recherché est de montrer par une légère contre-plongée la grandeur de la salle. Cette vision en toboggan vise à grandir le public, mais pas trop. Le parti-pris est de ne pas laisser le candidat se laisser voler la vedette par le public.

 

L’image est nette jusqu’au bord de la scène puis floue à partir des premiers rangs et de plus en plus en s’éloignant, avec une zone d’ombre qui en jette une sur le public. L’important est au premier plan, le reste n’ayant qu’une valeur testimoniale. La partie nette met en valeur un triptyque : le pupitre (symbole de la parole), les deux drapeaux (symbole du pouvoir) et le sujet. La lumière permet d’identifier les personnalités des premiers rangs, les hiérarques de l’UMP.

 

La composition est axiale car le sujet est au centre et en profondeur car le second plan est secondaire mais met en scène le contre-point de la foule. Il sert de signifié contextuel pour mieux centrer l’attention sur le sujet et montrer que des gens applaudissent. La disposition des éléments joue sur le paradoxe du « un contre tous ». Le candidat occupe à lui seul la moitié de l’image alors que tous les autres sont entassés à l’étroit sur l’autre moitié. Il les rejoint tel le chef communiant avec son peuple dans une cérémonie rituelle païenne où on adore une idole.

 

Le candidat est fait de lignes et le public est fait de courbes et de halos. C’est la raideur contre la douceur, l’ordre contre l’amas, le berger devant son troupeau. Nicolas Sarkozy est au centre de deux cercles, la scène et la foule. Les couleurs chaudes et sombres donnent un aspect nocturne à la salle. Le contraste clair-obscur noir-blanc passe par l’éclairage, telle une barrière symbolique. La lumière semble venir du candidat. Il éclaire son public. Il produit les lignes de fuite qui mettent en perspective et en contexte le public, qui est en fait juste là pour le regarder.

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