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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 22:58

« Le passé tend à reconquérir son influence perdue en s’actualisant »

 

Henri BERGSON (1859-1941) – Philosophe français et guimauve le conquérant

 

  

 

C’est la fin de l’été et comme chaque année, les partis politiques alimentent les médias en mal de sujets à traiter avec leurs universités d’été. Le PS se réunit à La Rochelle mais sans Ségolène Royal, qui ne veut pas revenir sur les terres de ses exploits alors qu’elle veut prendre le parti en novembre. Mais la gauche est dans un état de félicité béate qui lui fait tout oublier, même le goût du conflit. L’UMP a fait l’impasse. En 2011, l’université d’été de Marseille avait coûté très cher. En 2010, Brice Hortefeux avait sorti une mauvaise blague à Seignosse.

 

L’ancien parti majoritaire a dû revoir ses ambitions à la baisse avec les mauvais résultats électoraux qui ont amputé son budget de 10 milliards d’euros. Il a subi sa première défaite aux élections présidentielles mais garde un optimisme éclairé malgré le délabrement patent de ses structures. La guerre des chefs menace de semer la division non seulement en novembre mais aussi sur tout le quinquennat et d’empêcher la droite de mener une opposition constructive. Le pire, ce serait de perdre en 2017 parce que la défaite de 2012 n’aurait pas été bien digérée.

 

Mieux valait cinq ans de plus avec Nicolas Sarkozy que dix ans de trop avec François Hollande. Mais cette défaite est un soulagement. La droite était au pouvoir depuis 10 ans et elle a déçu ses partisans. En 2002, Jacques Chirac était réélu président de la république avec 82,5% des voix et il n’avait pas fait l’union nationale que l’histoire réclamait. Il a gouverné comme un roi fainéant effrayé par la rue et dépossédé du pouvoir par ses collaborateurs plus jeunes. En 2007, Nicolas Sarkozy promettait la rupture et enfin de l’action. Il a récolté le rejet des français.

 

Il ne faut donc pas voir dans la défaite de 2012 une sanction mais une chance. Celle de se reconstruire pour revenir plus fort en 2017. Une refonte idéologique et une redéfinition des valeurs doit être entreprise pour reformuler un programme de droite cohérent, plein d’idées et de projets. Il faut préparer l’avenir de la France des années 2030 et 2040 en redonnant espoir aux français qui avant même cette crise qui obère leurs perspectives d’avenir ne ressentaient déjà plus aucun plaisir pour leur présent. Il n’y a pas de tâche plus excitante que celle-ci.

 

En 2009, le film « La conquête » retraçait le chemin de Nicolas Sarkozy vers le pouvoir. En 2012, c’est une opération reconquête qu’il faut lancer pour remobiliser tout un camp qui craint les années de vaches maigres. Il faudra du courage pour défier les éléments contraires et retrouver le vent dans le dos. Il faudra surtout un projet, une équipe et un leader pour être au rendez-vous de 2017. Dans l’ordre inverse. C’est le moins logique, mais c’est le plus sûr.

 

C’est l’équivalent de 1981. Après des années au pouvoir, la droite est battue et divisée par des querelles de personnes. Jacques Chirac avait rapidement rassemblé tout le monde mais le retour au pouvoir fut difficile avant la décennie plus ou moins glorieuse lancée en 2002. On espère que l'attente sera moins longue or il est plausible que la droite en prenne pour dix ans. François Hollande utilisera les divisions de l’opposition et son bilan sans éclat en 2017 comme François Mitterrand avait utilisé la cohabitation et son profil rassembleur en 1988. C’est cuit.

 

Il n’y a certes pas d’université d’été en 2012 mais il faut préparer l’avenir, en partant à la découverte des nouveaux talents de la droite qui assumeront la relève ces prochaines années. Nicolas Sarkozy a conquis son premier mandat en 1982, un an après la victoire de la gauche. L’avenir dure longtemps mais le futur est proche. Bruno Le Maire, Laurent Wauquiez et NKM poussent déjà. Le prochain grand dirigeant de la droite française est sûrement né, prêt à jaillir même s’il n’est pas encore préparé. C’est pourquoi l’UMP doit maintenir sa cohésion pour permettre aux nouvelles générations de développer leurs capacités dans de bonnes conditions.

 

L’opération reconquête doit être menée par un conquérant. François Fillon se bat en terrain conquis : il est compétent, expérimenté et consensuel. Mais Jean-François Copé semble mieux indiqué pour diriger le parti vers les sommets. Il croit en lui et croît à grande vitesse pour se donner les moyens de son ambition présidentielle. La dure épreuve de la guerre des chefs est en cela une péripétie utile, car celui qui en sortira vainqueur sera un leader prêt et préparé pour résister au mauvais temps. Un capitaine qui tient la barre dans la tempête et dans la crise.

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commentaires

Ubu roi 25/08/2012 00:49

Excellente idée, j'ai envie de participer au débat. La droite doit gagner de nouveau en 2017 !

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