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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 22:43

« Ce qu’on ne voit pas, c’est que l’argent aurait été dépensé autrement

si la fenêtre n’avait pas été cassée »

 

Frédéric BASTIAT (1801-1850) – Economiste français et portant des œillères

  

 

Le chômage est une calamité en France. Elle paralyse le système économique et catalyse la division sociale. Elle démoralise les travailleurs et normalise les exclus. En 1976, on dépassait le million de chômeurs. En 1981, on dépassait les deux millions. En 1997, on dépassait les trois millions. Après une décennie de léger reflux grâce au départ à la retraite des baby-boomers, on a retrouvé ce chiffre en 2012 à cause de la crise. Le taux de chômage avait baissé jusqu’à 8%. Il est aujourd’hui de 10%. La faute à des politiques inadaptées qui ont coûté cher sans rapporter.

 

Ce qu’il faut faire, c’est généraliser la flexibilité sur le marché du travail. Le contrat de travail ne doit plus rigidifier la relation entre patron et salarié car en interdisant le licenciement, c’est l’embauche qu’on pénalise. Il faut pouvoir faire tourner la main d’œuvre afin que les salariés alternent plus facilement périodes de chômage et périodes d’emploi. L’activité doit se moduler en fonction de la conjoncture économique. L’idée des accords compétitivité-emploi permettrait d’embaucher quand les carnets de commande sont pleins et de libérer les salariés quand ils sont vides. Mais pour cela, il faudrait annualiser le temps de travail. Oh le gros mot !

 

Ce qu’il faut faire, c’est favoriser la compétitivité en baissant le coût du travail. Les entreprises délocalisent car elles paient trop de charges patronales sur des employés qui ont des salaires trop élevés. La baisse de l’impôt sur les sociétés serait compensée par une hausse de l’impôt sur le capital, matériel et financier. Le prix du travail baisserait avec une politique de désinflation compétitive à l’allemande, qui en baissant les salaires baisse les prix afin d’exporter.

 

Ce qu’il faut faire, c’est soutenir une politique de formation ambitieuse et de long terme. En France, on favorise trop la demande en abreuvant les consommateurs d’allocations pour qu’ils dépensent et on sèvre les entreprises en main d’œuvre qualifiée pour qu’elles produisent. Il faut orienter les filières universitaires et professionnelles vers des secteurs à haute valeur ajoutée, et donc faire le choix de ne pas lutter avec la Chine sur l’industrie où elle produit à moindre coût. Il faut favoriser la formation en alternance et la découverte du monde du travail.

 

Ce qu’ils vont faire, c’est renforcer la surprotection des travailleurs et du chômage. En confirmant la suprématie du sacro-saint CDI, le gouvernement fait des travailleurs qui en bénéficient une citadelle imprenable alors que les salariés soumis à un CDD supportent tous les risques et la précarité. Le travail est essentiel pour vivre et avoir un statut social, or certains sont dans le système quand d’autres en sont entièrement rejetés. Ce n’est pas en constitutionnalisant le dialogue social que cela changera puisque les syndicats défendent les intérêts des travailleurs, pas des chômeurs. Ni en laissant des indemnités de chômage si hautes et durer si longtemps.

 

Ce qu’ils vont faire, c’est réduire encore le temps de travail avec des règles autistes et des lois frigides. La refiscalisation des heures supplémentaires vise à décourager l’effort et à recréer les 35 heures, cette idée consistant à partager le temps de travail pour mieux partager la misère au lieu de créer la richesse. Le travail n’est pas un gâteau qu’on coupe en parts égales, car les travailleurs les plus productifs mangent toujours le plus. Les victimes sont ces 25% de jeunes et ces seniors qui partent en retraite anticipée avant l’âge légal que les socialistes abaissent.

 

Ce qu’ils vont faire, c’est bricoler des demi-solutions qui posent des problèmes pires encore. Pansement sur une jambe de bois, le ministère du redressement productif organise des table-rondes au moindre plan de licenciement et inaugure les chrysanthèmes. Avec la classique manipulation des chiffres, il y a le recours au temps partiel qui est avant tout un chômage partiel et un salaire partiel. La dernière trouvaille de cette sinistre logique des politiques sectorielles sur les métiers en tension est une énième vague d’emploi-jeunes, les emplois d’avenir. Les élus sont tellement au ras du sol contre le chômage que même les médias luttent sans hauteur de vue.

 

Le travail est une affaire trop importante pour la confier à des socialistes. Elle donne un revenu économique et un emploi social à l’individu, or le PS ne le considère que comme un gagne-pain qui ne doit pas encombrer les autres passe-temps. Les socialistes savent déjà que le chômage va augmenter et que ce qu’ils vont faire n’y changera rien. Il serait bon à l’UMP de préparer un projet pour 2017 avec ce qu’il faut faire pour l’emploi, un terme optimiste pour rompre avec la dictature du loisir. Ce ne sera pas inutile, puisque ce dur problème dure.

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commentaires

bobdenard49 03/10/2012 21:36

Salut, ça faisait longtemps que j'étais pas passé sur ton blog. Toujours aussi percutant. Continue !

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