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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 08:22

« Tricher au jeu sans gagner est d’un sot »

 

VOLTAIRE (1694-1778) – Philosophe français et plein d’adresse

 

Le retour de Nicolas Sarkozy ne fait pas que des heureux, surtout à droite. Alain Juppé a peur que l’ancien président annule la primaire à droite prévue en 2016 pour désigner le candidat de 2017. Une primaire approuvée à 95 % par les militants UMP lors du vote de leurs statuts, qu’il serait bon de respecter une fois de temps en temps après qu’un certain Alain Juppé ne se soit pas gêné pour les fouler aux pieds avec François Fillon en inventant le triumvirat pour succéder à Jean-François Copé.

 

Nicolas Sarkozy jouera bien le jeu de la primaire, mais il aurait sans doute préféré s’imposer en leader incontestable du parti et être désigné plutôt qu’élu. Il a en effet des raisons objectives de croire que la primaire ne lui sera pas favorable, surtout si elle est ouverte au centre et au monde entier ce qui favorisera le vote modéré et Alain Juppé. Sans compter tous les petits malins de gauche qui voudront dire tout leur fiel antisarkozyste dans les urnes. D’où la stratégie de recentrage de Nicolas Sarkozy, qui drague les femmes et les enfants comme NKM et Laurent Wauquiez.

 

La primaire c’est l’avenir puisqu’il faut en finir avec les pratiques antidémocratiques des partis. C’est pourtant une idée stupide, étrangère à la tradition bonapartiste de la droite française où le chef s’impose de lui-même. Il dirige parce qu’il est meilleur, il est meilleur parce qu’il dirige. C’est ainsi que Nicolas Sarkozy s’est fait élire en 2007. Ce qui au contraire ne marche pas à gauche, où François Hollande a échoué à se présenter en 2007 alors qu’il était 1er secrétaire du PS avant de réussir en 2012 alors qu’il ne représentait plus rien. La primaire mène à tout, même au pire.

 

C’est une tradition politique des États-Unis, or il n’est jamais bon de copier sur les autres sans respecter sa propre histoire. Mais le succès de la primaire à gauche et son effet moteur sur la campagne socialiste de 2012 va obliger la droite à se lancer à son tour. C’est toujours risqué : un résultat trop serré ou des débats trop tendus nuisent à l’image du vainqueur. Martine Aubry avait accusé François Hollande de représenter la gauche molle en 2011. De même, François Fillon pourrait accuser Nicolas Sarkozy d’incarner la droite dure en 2016. Ou la droite molle, qui sait ?

 

L’importance du mode de scrutin

 

La primaire est quasiment devenue une élection présidentielle par anticipation tant le fait d’élire le challenger du président sortant revient aujourd’hui en France à élire le futur président. Par 4 million de personnes, ce qui revient à privatiser l’élection présidentielle. D’où l’intérêt que la primaire à droite soit aussi une primaire adroite, afin que soit désigné le meilleur candidat possible. Et d’où l’importance du mode de scrutin, tant les règles du jeu comptent dans le choix du vainqueur final.

 

Faut-il limiter le corps électoral à la seule UMP ce qui avantagerait Nicolas Sarkozy ou l’ouvrir à la droite et au centre ce qui testerait sa capacité à rassembler ? Faut-il limiter l’élection à un tour ou laisser plus de deux candidats se qualifier au second pour éviter une alliance entre Alain Juppé et François Fillon voire Xavier Bertrand contre le seul Nicolas Sarkozy ? Faut-il d’abord désigner le candidat de l’UMP par les seuls militants UMP dans une primaire fermée puis le confronter au candidat de l’UDI pour partir unis ou la jouer à pile ou face dans une seule primaire ouverte ?

 

Il est clair que la droite écraserait le centre en cas de primaire ouverte. Or paradoxe,  une primaire ouverte consacrerait forcément une victoire du centre tant le scrutin se jouerait sur l’électorat modéré. Ce serait le jackpot pour un ticket Juppé-Bayrou, et cela fait trop de filets d’eau tiède ensemble. Ce recentrage n’est pas dans l’intérêt de la droite, surtout que cette ligne politique n’aurait pas été choisie par les militants. L’intérêt de la droite c’est de s’affirmer et de tenir ses promesses. L’intérêt du centre n’étant pas de participer à cette fusion-absorption, il se pourrait que la primaire ouverte de la droite et du centre ne se joue au final qu’avec la droite.

 

Il faudra donc bien choisir les règles de cette primaire adroite. Et plus encore, bien choisir qui les choisira. En se présentant à la présidence de l’UMP, Nicolas Sarkozy a pris de l’avance sur Alain Juppé et François Fillon. Il va en effet pouvoir créer un nouveau parti et amender les règles de la primaire ouverte tout en la maintenant. Sans compter qu’en ayant les clés, il pourra arranger les résultats à sa guise. Mais un candidat qui triche pour gagner n’est pas toujours un mauvais candidat.

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